CHAPITRE IV
DES SVGGESSrOIfS
ÂPBÈs la mort du chef les enfaDS mâles héri^ tent de la propriété foncière , les filles à leur défaut. Parmi les motifs ^ui déterminèrent le législateur à faire donner la dot par le mari, celni d^éTÎter une confusion inextricable à l'époque jubilaire, si les biens immobiliers avaient été accordés aux femmes, fut un des plus essentiels. C'est pout cela que , sur la proposition des anciens de la tribu de Joseph , on décréta que toute fille héritière d'une propriété , et non pas les filles, en général , comme le dit la Yulgate , serait tenue de se marier avec un homme de sa tribu, et non pas aTec son plus proche parent, comme Ta dit Montesquieu, afin que les héritages ne fassent point transportés d'une tribu à l'autre (63).
Les filles sont entretenues sur le bien qu'a
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laissé le père, et elles obtiennent à l'heure du mariage un dixième environ de rhérédité(64).Mais la loi laisse toute latitade sur ce dernier point. La conseryationdu fonds primitif de la famille est sa seule pensée irrévocable. On voit même que Ga-' leb donna à sa fille , le jour où il la maria, un champ et des sources d'eau , quoiqu'elle eût des frères. Lorsqu'il n existe ni fils , ni fille, la succession passe aux frères ou à leurs descendans ; à défaut, aux oncles paternels , bien entendu que le père et l'aïeul manquent , puisqu'il s'agit de l'héritage pati'imonial dont ils ne s'étaient pas séparés de leur vivant ; s'il n'y a pas d'oncle paternel , aux parens les plus proches. Le mari est l'héritier de sa femme qu'il a dotée et entretenue de ses propres deniers ; la femme hérite du mari sur donation expresse. L'époux de Judith lui laissa en mourant tout son argent et tous ses biens , meubles ou immeubles (6d); ce qui prouve encore que les lois de succession relatives aux femmes étaient la conséquence des principes bons ou mauvais qu'on avait sur l'équilibre des richesses, et en aucune manière la conséquence de l'idée que leur nature même les rendait inaptes à posséder. On a vu que les veuves devaient être alimentées sur les biens du défaut et conserver leur logement dans sa maison jusqu'au paiement de leur dot. Il semble que la loi veuille assurer aux