SAMUEL ET LA ROYAUTÉ
branlable. » En effet Salomon, dît le lirre des rois, déposa Abialhar, qui avait été jusque là grand-pontife, et le retnplaça par Sadoc; de sorte que la parole de rÉternel fut accomplie, cette parole qu'il avait prononcée à Silo , contre la maison d'Héli(18).
Rien de plus précis que tout cela, et cependant Volney se figure que ce rival, ce nouveau pontife , tout ce discours se rapporte à Samuel. Il va plus loin : pour accommoder les choses À sapen* sée, il altère le texte , et au lieu de ces mots : « Je; m'établirai un pontife fidèle qui agisse selon «non ' cœur et mon am&, et )^ lui édifierai unre. iwalsont assurée » , H écrit ceux-ci , destinés' à favo allu-) sion au gouvernement de Samuel : « Et je me susciterai un prêtre selon mon cœur et selon mon esprit, pour gouverner toute sa rie (19). » La faute est d'autant plus grande que Volney substitue la raillerie a la dignité de l'histoire. Le juste effroi que lui causait la théocratie , est la seule raison qu'il puisse invoquer; Voltaire lui avait servi d'exemple* Mais qui oserait aujourd'hui suivre les traces de Voltaire ^ de cet esprit unique, comme le concours des- circonstances au milieu desquelles il brilla; de ce génie puissant dont la constante volonté Sttï do faire , pour ainsi dire, table rase , dans l'intérêt de la raison et de la fé^ licite humaines!
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UYRB YI. — CHAP. U.
Mais quels éTéDeoiens naturels portèrent Sa* nmel à la judicature? Yoilà la deuxième question.
Élevé sous les yeux du juge*pontife, présent à toutes les assemblées des anciens qui aidèrent le juge de leurs lumières , sans cesse occupé de la loi et des intérêts du peuple , Samuel « né avec eu • génie, attira bientôt à lui Tattention générale. « En croissant il ne se rendit pas seulement agréa* ble à Dieu, dit la Bible, mais aux hommes, à ses concitoyens. Aucune de ses paroles ne tombait pafr terre, et ce fut bientôt une chose reconnue ckfKWS Dan jusqu'à Béersabée, que Samuel serait un j^kur prephète de rÉtq^nel(20)»; capable do comprendre ce que voudrait l*Éternei pour le* bien de tous , par conséquent d'être chef du peuple.
Ainsi, c'est l'opinion publique qui le proclame d'avanee, et ses qualités personnelles qui sont la première cause de son élévation. Yolney, en reconnaissant d'une manière formelle ces qualités mêmes, renverse de sa propre main l'échaSau-. dage avec lequel il transforme l'ame d'un repu* blicatn sévère en an politique astucieux de nos cours modernes. Là où l'égalité de la loi existait^ o& tous les citoyens avaient droit à toutes lea fonctions, hors le sacerdoce, un homme de la trempe de Samuel ne devaitril pas ^ par la force même des choses, par la volonté du Jéhovab
SâMVJSL ST XA ROTAirnB, 100
comme par la volonté du peuple , arriver à la pins hante magistrature?
Durant les derniers jours de la malheureuse judicature d'Héli, ses fils , étrangers à ses vertus, avaient péri dans la bataille. L* Arche sainte envoyée par les anciens au milieu de l'armée , pour exciter son courage , était tombée au pouvoir de Tennemi, et les Philistins avaient rétabli leur domination , qui durait depuis vingt ans , lorsque le peuple s^adressa à Samuel pour secouer le joi^ : ((Renversez vos idoles, revenez à l'Étemel, à l'amour des lois et de la patrie , et faites publier une assemblée générale dans lesplaines de Mispa.» C'est là qu'il exm'ce pour la première fois la judi-^ cature; il ordonne des sacrifices, il invoque le ciel , ranime la confiance , met en déroute les enneinis , les rejette hors des frontières , reprend toutes les villes perdues , et force l'étranger à demander la paix (21). Ensuite ses vues se tournent vers l'administration du pays. Il va chaque année se convaincre par lui-même comment la justice est rendae dans les divers districts d'Israël (22); il applique enfin tout son esprit, toute son ame a la chose publique. Voilà ses titres, Volney les récttse-t-il? non.» On ne peat disconvenir que Samuel .n^ait gouverné avec prudence et talent, pui&que tout le temps de son administraHon fut paisible au dedans et au dehors (13).»
200 Liyms* ti.t-chap« ii.
Daos nn âge avancé, il crot pouvoir se reposer sur ses deux fils, de quelques uns des soins qu'il prenait; sa confiance «t celle du peuple furent trompées. Les anciens des tribus profitèrent de cette circonstance , pour lui demander un roi à Tinstar des nations voisines. C'était au commencement du onzième siècle avant notre ère, dans le temps même où, après la mort de Godms, Athènes remplaçait par la république la royauté à laquelle elle avait été jusque là soumise. Les ai^ ciens s'étaient persuadés, depuis les jours de GédéoD, qu'un chef permanent et héréditaire les protégerait mieux contre les ennemis : il ferait agir avec plus d'ensemble les forces militaires des tribus qui avaient été souvent asservies, parce que les peuples yoisins s'étaient jetés sur chacune d'elles en particulier, et avaient assuré leur domination avant que les autres eussent joint leurs secours aux forces de latribu attaquée. Ils n'apercevaient que le bon côté de la chose. D'ailleurs la simplicité des juges ne satisfait plus leur imagination. Mais quel rapport existait-il entre la conduite des fils de Samuel et l'établissement d'un l'oi?. il. fallait les punir et réparer leurs ini»stices. C'est ce que leur dit le juge : « Point de détour, il ne s'agit pas des personnes , vous en voulez à Jéhovah , vous exigez une nouvelle forme de gouvernement (24). »
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Hai^ ayant de rappeler sa détermination»
▼oyons les articles de la constitution de Moïse relatifs à la royauté.
Le législateur laissa la faculté d'établir un roi , lorsqu'on serait en possession de tout le pays dont il avait tracé les limites. Ce roi désigné , au nom de Jéhovah, par le conseil des anciens » sera approuvé par ie pontife, et recevra l'institution du peuple. Op ne le prendra point parmi les étrangers foraips; on ne lui laissera que le commandement de la force publique ; il conservera là simplicité première ; il n'accumulera pas des richesses aux dépens de ses sujets; il ne se livrera pas à ses passions; il regardera tous les Hébreux, non comme ses enfans, car les enfans, après avoir été nourris par les pères,. deviennent pères à leur tour, tandis que le roi reçoit tout du peuple qui reste pe^ple sans cessée mais il les re-
* Jéhovah seul était considéré comme lé père du peuple. C'est à quoi rÉvatigile de saint Mathieu fait allusion,' quand il dit : « 1^'appelez personne votre père , car vous* n*avez |u'un père qui eirt dans lès ciettx (snii-, 9). Quand David parle à rassemblée générale , il gfi iie^t debout flevant eux et leur dit.; « .iMe^ frères et mon peuple, écoutez-moi. y Sur ce fonfiement les docteurs établissent que le roi devait rendre honneur à rassemblée sénatoriale ; lorsqulls se présentaient devantlui ,11 devait scf lever de, son siège et les aecocillir de4»otftI {Aeta'¥0^im. "F^yM» Sehiokardy «Ër Jttr.»f#9j Aii^r;y.p~-91i). ;> ■ ', >