‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 3)Chapitre 29 sur 60 · S^MVBL ET LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

S^MVBL ET LA ROYAUTÉ

^(j2|(^ . .soil. coeur. surtout. DQ s'élève jamais pa# orgiijsjl .au-desjçi>s de ses frères , et qu'il ne s'écarte de.ce^coçumA.nclefi;ieDt , ni à droite ni à gauchC', afin d^; pji;olonger Ips )ours de son règne et du rè^pe. de^ ^çs ûls .çn .Israël (25). »

^ .. QueHç&., réflexions soudaines inspirent ces articles? t)ira-t-on cjuç par les mots, Je veux étor hlyr un roi comm0 toutes, les nations qui in enpirpunent^ Je lég^islateur ait permis de pendre la çppstiltuUoB de ce§ nations niêroes ? lui qui .ay^it.à<(:œur de fprmer i^n peuple $i difFéreutI D'ailleurs ces nations, dans Içur gouvernement , .0>^raient.}es qajraçtçie^j les plus^ diyerjs , dejjui^s^ .le rpitele t. absolu ju^qulà c^lui qui ^cédait maWgiîé son <:<îeur, conwiiQ ,1e ^ roi, dès Philistins ,à!i. la volonté des chefs de son peuple., f y I)jjra{-t-on ^ sur cette.phr9.se du chant sypbo*îique, de Jacqb ,j « Juda est tf n jeune lion ^ il s'e^ epmhé comme; un. Jion dans sa, force ^ le scej^fene lui sera ^J^oint ôt4 (26) » ^que la royauté de^ ▼ait éAre accordée^ par privilège à un bomQip dp 1^ Iribu d^ 3\id^s ?^m(fis.l^ mot hébreu .oV'^^^) qjji jsiçnifie sceptr^e ,* verge , bâton , puis^ance\, emporte ici un tout autre sens. Mais Moïse au<^ rc^it-il ^ordonné de choisir le roi parmi Iqs citoyens en géj^éral ? n'^^ur^it^-il exclus que rélranaer dï> dehors., ej; Ip premier roi établi serait-il sorti dû la tribu de B^enjamin?- . \ , .. >

204 I.IVM TI.-— CHAT, tu

Dira-t-on que par ces mots, Vous étcAtires pour roi f homme que Jéhovah voire Dieu aura choiêi^ le choix du roi était laissé aux sacerdotes ? mais on a TU que Texpression de la volonté de Jéfaovah appartenait au conseil supérieur , aux citoyen^ de toutes les classes , et qu^elle n'était que confirmée par la magistrature sacerdotale.

Dim-t-on que l'autorité légitime du roi s'étendak plus loin que le commandement de la force ^ publique ? Qu'il nous suffise ici de rappeler ces (^ paroles de Fleury : « L'autorité des rois hébreux ^ était très-bornée; ils étaient contraints d'observer la loi comme les autres particuliers ; ils ne pouTaient ni y déroger ni y ajouter. Il n'y a c pas d'exemple qu'aucun d'eux ait fait une loi > nouvelle (27). »

Dira-t-on que le roi ne sortait pas par le droit de la loi fondamentale , et par le fait du sein du peuple? le texte est là pour y répondre. Dirat-on enfin que la royauté n'était pas condî* tionnelle : que le roi ne pouvait pas être déposé, quand il manquait à la loi qu'il avait jurée? outre la lettre du texte , les faits vont décider cette question qui me ramène à Samuel.

«'Vous voulez un roi , dit-il aux Hébreux , qui marche* à vôtre tête et qui vous juge ; mais songez à ce qui arrivera. Il prendra vos fils, les mettra sur ses chariots , les fera courir de-

SÂMVSL XT LA BOTAVrÉ. fiOS

vant loi , les établira chefs d^ miHiers d'horames et de cinquantaines, les emploiera à son laboura* ge^ À faire des instrnmens de guerre et à tout l'attirail de ses chariots. Il prendra vos filles pour le service de sa maison , s'emparera de 'VOS vignes , de vos champs , des terres où sont Tos bons oliviers ; et il dîmera vos moissons , Tos vendanges ^ vos troupeaux , pour les ^onner à ses eunuques et à ses serviteurs. Il voul^ enlèvera pour lui-même vos propres serviteurs ^ vos servantes , Télite de yos jeunes gens et vos bestiaux. Alors vous seres ses esclaves et vous crieret , à cause du- roi que vous vous serez donné; mais en ce jour Jéhovah ne vous exaucera point.... Vous persistetE ! Je proteste contre votre dessein , et cependant , tout irrité qu'il est , Jéhovah m'ordonne de tous obéir (28). »

Que prouva cette scène imposante ? Est-ce la théocratie , ou bien un homme convaincu que la royauté la plus bornée engendrerait dans rétat des choses plus d'inconvéniens que d'avantages; ouïe droit qu'avait la nation, malgré son imprudence ^ de modifier le gouverne-* ment ?

A la vérité quelques docteurs , entre- lesquels Maimonide , vivement repoussé par Lévi-Ben- Çruerson,, Abari>anel et Kjmld| > ont prétendu qvo' les paroles précédentes » loin de riinfermQr

tH»

UVM VI. — CttAV. II.

des menaces prophétiques , semblables aui menaces prononcées par Moïse., et qai.se Sont i*éaUsées comme elles » étaient Texpression des droits accordés .au. nouveau roi sur ses sujets. Quelle erreur? Quoi, Sarouel, qui ne veut pas de roi , qui mettra, tous ses efforts à imposer «n /rein au pouvoir roy^l , aurait dans le même instai^ improvisé pour iui ^des droits, subversifs -de -la loi tout entière^* 1 Q«oi, il l'aurait rendu maître de la pevsiODoe et des biens de tous , tandis que k roi ne doit pas s'élever par orr .gueil au-^eisus de ces frère « « tandis que lel propriétés «oui inaliénables, et qu'Achab ne put obtenir qne /pan un nïeurtre le champ de Na^ both ! Enfin ii'ont-«lles pas tous les caractères prophëtiqueci ^ ces dernières paroles, auxquelles les Hébreux aveuglés refusèrent de croire : « Alors vous serez ses esclaves , et vous «crierez en vain

• On 9*^51 fondé .aur .ce quç Samuel irrité leur dit j « Vous le vouleï, eh bien ! voici le droit du roi qui regnera sur vous. Mais il est évident, comme Tobscrvent les rabbins cités plus haut, que cela signifie. « Voici les droits qu^ usurpera le roi s qui refera sur vous. » La Vttlgate et tous les théologiens Tentendent ainsi.' Ceux qui soutiennent le contraire ont été obligéf d'éUblirpour faits légaux, les faits mêmes qui sont la réalisation de la prophétie. Maimonijdc , ayant un grand nombre de fortes idées à faire pàssci^, céàait, je croil5,'at/ te«i|)S , potJ Quelques 'hutr««. **' - ' >' ij ( .< ^ * .•*»!''

CQptirele roi que vo^us yo^f . 5içrez 4Qnoé * ? » Le rabbin Ai^arbanal qui, dans le quinzièma >i.ècle.de noU^e.çre, fut successivement' ministre ^de^quatierçLs. chrétiens **, justifie en ces termes roppp^ijtioo du juge^ <« Un roi ^bsolu n'est nul-* leiuent- nécessaire à i|n peuple; rien au.contraîâ'e fde plus peri^iqieux qu.un seul homme puisse toi^t iaii^e .avec impupjté^ On ai pr étendu qu'il fallait à uj| empirp .^uifité s^sx^ pctrit^ge» la perpét^i^é:, riin4uuLal;>ilité et la pouvoir absolu*. Mais i^e ^eut-AArr conc4Bv.oir un . pejuple , gouverna par un çer^i^ j^o^bi^e* d'h^omines réunis, en un cppseil qpfKàq^Ufi 9 iqpi -dictât le^, mesures d'admini»tratioD

jpubUqp^^<9AB^i":^~^^-^^^^^^^^'*^^^^^^ bomme^s fus$^Qt{çentou|if^lés,y,soit iqus les ans^, soit a des J^P)Offû^s;plw.éÏ9ijg«4^3 5 qu'ils ei^s?,eiit une puis;

^^, * Mais les Juifs ayeug[lés veulent changer leurs lois , l^t Dieu , pour les pynir , leur accorda des rois.' f&STkv^^fBéCButSsxté ta BÎbh.

** T^è à' Lisbonne vers le milieu dti quinzième siècle (1437)1; intendant des' 'finances d^Alphonie V' roi de Portufalv de Ferdtnantd-^e-^Gatlioliqiiejraicle Ca^tSk , Ae jFei^diiia^4e*Bâ|^r<)LrQi^ de Jfaples^ d'A|p)i(ui&e II son «ucccsse ur,. qu'il nybandonna pas lorsque les Français l'eurent chassé de son royaume. Après la mort de ce roi, il s'établit en •Italie et fut pris pour conciliateur dans des affaires ' de èomnierce )>ar le roi de Portugal- et la -répt4>U<{«fi> de yeaise.ili a coiuDiehté. les. JijHres. isaeré%,

308 UTEB VI. — châp. n.

saoce limitée par des lois et par des règlemens?.. N'esi-il pas probable qu'an sent homme, entraîné par son ignorance , sa colère et ses autres passions (car il est dit que la colère d'un roi est la messagère de la mort), tombera plus aisément dans la prévarication qu'une assemblée d'individus qui se ramènent les uns les autres dans la bonne voie?... Considérez les faits mêmes; jetez lei^eux sur les États soumis à des rois absolus... Voyez au contraire les États régis aujourd'hui par des juges ou par des chefs élus , ils n'ont pas de rois, et chez eux la justice est rendue à tous, dans Tordre le plus convenable... C'est donc une chose bien étonnante, que certains auteurs aient pu s'oublier jusqu'à comparer l'unité d'un roi , dont Télection dépend de la volonté des hommes y avec l'unité et Téternité de Dieu , dont le nom soit béni , et qui existe nécessairement (29.)» Compae juge, président du grand-conseil, Samuel dut chercher avec ses collègues l'homme convenable» Ses yeux se portèrent sur Saiil , fils de Ris , par deux raisons naturelles : l'une, que Saiïl , appartenant à une dés moindres tribus et à une famille plus considérée par ses vertus privées que par sa fortune , ne serait pas disposé à s'enorgueillir (l'autre, d'un grand poids chez les anciens, qu'il avait la prestance imposante qu'on regardait comme un attribut nécessaire dès hé-

êêmmKL BV LA BOTâDCi. "900

nos; « C'éteii'ifii jeune hçmme d'élite, ëuperbe, â ^niil4Mrtre4e»<enfaQs d'isr*èl ne pouT^it être ooiaperi; car il les dépassait tous de toute la

iéte(aoo»

' Laissons le moyen auquel Samuel eatreoours pdur l^ttirer au lieu où il donnait une fête publique , et l'adresse a^ec. laquelle le serrHeor dii yeane homme. seaonda ses vaes'(dl.) SaCil, cou« rànt aveC' ardeur après ses ânesses perdues ,p||Ma d'un canton à Tautre, et,- guidé pfbrsonrsenr-iteur» arriva en présence du grand-juge et de trente cîloyens des plus respeclables du pays. Il reçoit dMis le festin , à son graod ékonnenientt la plads et le morceau d'bonneur ; il a ensuite une longue eonférence arec le juge , qui , le lendemain , à rbenre de son départ, lui verse sur la tête une petite fiole d'huile pure^ et le baise, en luidi«> sant : « Jéboirah te 'donne ronctton , pour que tu sois le cendttCbeur de son peuple. »

' Cependant! 6e juge fait publier une assemblée générale , pour connaître sur qui tomberait défî« nitivement le choix de Dieu. N'est-ce pas une déception ! s'ost-on écrié. Samuel avait déjà pré^ scoté Seul oùnÉme roi futur à un certain < oombré de citoyens, il lui aiait accordé rooctton, et maintenant il va feindre de consulter Toracle , et fiiire tomber le sort sur rhomq[iedefionpropi*e choix! Qu'on y prenne garde; Samuel, je le ré-

pète» n'ékiMfc ni |iottii&^. ni «impie fsà«êrdk>le;..eii coBséqneiicey rdoctMa quil avait dwanléio n'i^r jrait>pat le caractère si^rdotal, «t n*einporiaii pas le sens que nous lui attribuons aiàjatM^d'hUii AeiJiai*qiheft , en . effet , qi^e Voiracle jaderdotal » t[ui «nrait nécestairement précédé ronotiou saJcevdor taie, n allait pas encore pavli ; et^l'on a déj^ ta le droit qu'avait raasemblceinalioaale de doisnef lonctien ^ non Moleineot au roi « mais au poMife qu'elle iostiiuail elle*méme, *. Dès que Samuel et ks antres i praphètes «es . collèptés , , comoie tes appellent les. doc ternes, se tarent <fii^éa sur Saùli îb'ltti doQùèreot rot»cliiMi..aii nom dû J^bovah, dent il leur appartenait de rei^dre la ToJanté.'Or le potitife ayant connaissofice de ce cfaoii , sans aacun tndtif de s'y- opposer, dut natuteUement trouver an oracle (^opforaie. La méteië obes^ était arrivée dans la présentation de! Jbsué; Jé« hovab avait dit à Moïse ^ président :des<&oixénte<? dit anciens on propbètçs albrs^sQnstituéci: «Prends Jasué fils de Nni^^ biomale. d'intelligf nce^ pré* eente^le à Rassemblées et. à Ëléazar, et que ce grand'-aacerdoté consulte pour lui l'oràde (32^) » ynilàdonc évidemment deux /paroles de Jého^ab^ fane aalégisilateor, obef des ancî«n&da peuple, ♦ . • . . •• ' • ' • . ' 1. ••''".-.. ■ ...

'*' Voffê» Id^ehapître^ifr k Ma^êtt^étutê' MacêtdùfùU

Tatitre a» pontifes, «intiâdeHiîèrefofmaDt k sanc^^ tlMi'iacisi^^Iftle, et lâqtieno^ sucicéda^ la' aanctiott' pi^uléilre. Btt*6n ^«i^l^ans lé même è^pnf <)iie la bénédiction, à laquelle noits attachons dfe nos* j<iOf{ilimidée piir^ihént'sac«iHiotttle, éftfil donnée atissî'ptip êeé fotit^ioifilaires qui n'apparte-f' lUÙetil èii'i^ieii 4ii sacel*d6ee. Lors de la dédicaced* temple, c'est Sàlomon qui fart la prière à l*É-* ternet, et qui , se tournant Tet*s toittè l'assemlllée' la béfi^ lui-Borébè'^] ... . '

Quand les tribus se présentèrent, \ê soft:

tomba- sur celle de Benjamin , ensuite sur la famille de Matri, eVlstiile sur Sàiil fils de Kis. On' le tira da iieu-oè «dansr 9&n trbtible il avait été se caofaer et-on le condnîsit ati' milieu dupetipïe,' qui crifi : .« Vive le i^eii » Alors' Samuet tut i bante Toix,non pas «à prophétie meiiaçanlèy mats les at'tîcles de la loi fondamentale relatifs à • . ■ . • ' .1 . ' *

* ^Vi lei hommes d^ Ji^^a vinrent et ùignir^pt David rqi sur Jt^a (Il Samuel » ii , 4)- Alors tous les anciens d'Israël traitèrent avec David en Hébron, et l'oignirent pour roi sur Israël (II Samuel ;ii,v, 3). Alors tout lé peuple des tribus dît i « Puisque Absalôn que nous' avions oitH pour notre roi> est^morti,^ (M xix , 10. ) -. Apfèa U mort de Josiaa, tout le. peuple du pays prit Jeboakaz , son fils , et ils l'oignirent , et ils rétablirent roi (II Rois, xxiii,30). Ainsi que ce soièntles sacerdotes qui accomplissent la cérémonie ou d^'aiitres fonctionnaires ,1e caractère de Fonction était évidemment ttafi<mftl. '

la royaaté ; et ii écrint toutes €6$ parolAa'idiDà; un IWre, conuae avait fait Josué^ lor^fQa, daos les plaintes de Sichem , il offrit la loi à Tacoeptation libre da peuple.

Mai& en ce jour» Saiîliie fut pas institué «paroe qu'nne miDorité jalouse avait mnriQur^ sor ce fondement , qu'elle ne le croyait pas capable éot remporter des victoires. Il fît bientôt sas preiH tes 'r et daas rassemblée générale de Guilgal » tout le peuple l'établit roi, et se liTi:a à des i^* jouissances (38).

Aussitôt le juge, se démettant de la partie de se» fonctions qui avait rapport au commandement de la force publique , s'écria : « Me voici : mes cheveux sout blanchis par Tâge , et j'ai mar- . ché à votre tête depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour. Répondez! De qui ai- je pris le bœuf en l'âne ? Qui ai-je foulé ? A qui ai-je causé le moindre tort ? Je ferai restitution. » Un cri unanime s'éleva : « Tu n'as foulé, tu n'a opprimé personne; tu n'a rien pris à qui que ce soit. — Vous et vo* tre roi , vous êtes donc témoins qu'il n'a rien été trouvé de répréhensible en moi ? «-" Nous en sommes témoins, p Alors le vieux magistrat abusons par le jugement du peuple, fit la censure de ce peuple lui-même, rappela toutes ses fautes, sa dernière imprudence, et finit par lui dire: « Maintenant du moins, obéis^ei scrupuleuse-

meut k la loi ; ae tous occupes plus de ces choses du néaoi qui conduisent à la servitude, et TOUS pourrez encore être heureui ; mais si vous suivez une route! contraire , j'en prends le Ciel à témoin, vous et votre roi» vous serez consumés (34). » O savant Volney ! aviez-vous fissez réfléchi sur toutes les cireonstances de la vie de. Samuel ? Quoi ! dans les temps les plus difficiles ; « dans un État démocratique, pour me servir de » de vos propres expressions , . comme était ce- »' loi des Uéhreux , chez un peuple de paysans n répandus sur uo territoire coupé de monta- » gnes, de bois, de ravins, où chaque famille » vivait sur sa propriété ;.... où Texercice du pou- » voir était soumis a une opinion morcelée, flot- » tante, susceptible de beaucoup de vicissitn- » des (85) », ce juge procure à son pays l'indépendance et une longue paix; il joint à la prudenee et au talent Tintégrité la plus parfaite ; et parce que vous lé croyez revêtu d^un tit^e qu'il n'eut jamais, vous vous précipitez sur lui avec une yioleoce dont s'offenserait la vérité eilè-méme* Saûl régnait dépois deux ans, et loin de revenir de ses préventions contre la royauté , Samuel sentait de plus en plus le besoin de l'arrêter dans ses écarts f et projetait un coup d'État susceptible d'inspirer à tous les rois à venir et la crainte de Diéo et le respect de la loi..

214 tivM vi.^^eiiAt. Il,

Les hostôliléÀ , eoiitre foule autre nation qae les peuplades de Canaan, ne poàvaioBt commencer &ans un ordre exprès du conseil. Samval avait fait dire a Saûl de ne point offrir les sacri^ fices qui précédaient la bataiUe ^ avant qnlt ne fût lai^n^éme arrivé dans le <;ainp; Mais au sep*' tvème jour, dans là perplexité où il était de voir toas ses guerriers If abandonner , SaiU prit sar lut de sacrifier rhbloc^tiste) quand le vieux ma* g^sti*at partît tet lui dit d*une voix sévère: « Qn astu fait? tu aâ agi follemeilt /il ne t'appartenait pas d'enfreindre Tordre du Jéhovah : ton règno qui aurait été afiTerati sui* Israël dianoelle , et cessera bientôt. »

C'est dans les plaines mêmes de Gailgal , té-^ moins d© son é}évation , que ces menaces reçu-* rent leur accomplissement. Saul avaii mis'en déroute les Am^lédltes, qui , semblables aux Bé^ donins du Désel't, se jetaient siibitenoant sur le pays san& déclaration préalable de' guerre» le mettaient a feu et à sang , et- s'en retonmaiant chargés de butin , jusqu'à Theùre d'une nouvelle irruption. Mais'contre la volonté fOrmeUe de la loi , il s'était emparé de leur bAgage qt-de kurs troupeaux, et avait ramené, dans. le dessatn. peut*» être d'en obtenir u^e rançon', leur '-cbof tonibé^ vivant entre ses mains.

Samuel accourut» suivi dfes aUcieps^dopteuptè^

•t,'à la faee d^toiito TassemUée ; il ilitau roi i «'PoarquèÂms-tu ramené ce chef» Qe& br^bi^ et ces bosùfsB la Loi te le dëfef^fliit; ^ovaisntu la Ttoler?a8^tu oablié! qu'étant depeuid'iràportance kies pyopr«s yeux^ tu as été fait chef des tribus eioint aa nora >de TÉterbel, pour exécuter les lois qû*il t'avait imposées, Eo vain tu prétends que le peuple s'est ensiparé de ces troupeaux pour en faire des sacrifiées , tu ne devais pas: le per«roettre* . Ge xif est point aux > belœai&tes et à U graisse fuipànte des. m&atotis .que notice Djea prend* pl^sir^ 'mais à ^obéissance seifupideuse aux lois: transgresser oe i qu'elles QompHmd^t esta ses yeux la plus grande. des idetâtPÎQS^jPiiillT que tu' a[s rejeté la panele .de rÉténoiel que tu avais jurée*; il te rejette à son tour. » A ces mots» Saùl , :pour le fléchir , l'arrêta par le pan die «0û manteau qui -sè^échira «stre sesmain»' : ,« ^oïki ee' manteau'' déchiré , s^écria . le répâblicain kiexôrabie-^ rÉternel de même, a déchiré' aajour^ d%tti la rdyau|.é que tu -portais , pour la donner à ton prooliain xSpii sera meillem* que toi(3&)j » ;' Après ^ avoir ressenti la plus vive. doAlenr de la déposition de Saul ; qoe rintér^ét destlots et du pays avait dictée (<B7), Samuel et les^ajMïiens tournèrent leuirs regards vers «n jeune JEfeomme de la plus grande espérance; le fils f>uîné d'baa« de la tribu , de Jdda. U était blond, d&bqlbtàiUki

vie Lira» Ti* «>— cBi«.' lu

et d'une belle figure; il arAii Urépalatioii de bien jouer dé la harpe, d'être plein de ditpesitioiis jguerrières ) et de parler avec sagesse (38).

Samuel eut mission de lui annoncer .ses; destinées et de Terser sur satéte Fhuite pure «comme on avait fait à Saûl. Ce fat le dernier acte appa» rent de sa vie publique : ses vieux jours s*écoulèrent dans la retraite , où il ne cessa pas d'enseigner la science de rÉternel , et d'éveiller dans les esprits de ceux qui l'eu touraient une prophé« tique exaltation. David , poursuivi par Saûl , trouva protection chez lui pendant quelque tbmps, Ekisuite il mourut, et tout Israël versa des Larmes sur sa tombe {SS)m

Ainsi finit ce grand homme qui est placé par les Hébreux immédiatement après Moïse (40).

Que les papes aient habilement fait servir son histoire de fondement au droit qu'ils se sont ar*< rogés de censurer, de punir et de déposer lea rois, je le comprends sans peine; mais f}ue lanarlogie qu'ils ont établie entre leur position et la position de Samuel , offre la moindre exactitude» cela est impossible a reconnaître. Quoique la magistrature sacerdotale d'Israël fût partie intégrante de la nation ; quoique toutes' ses fonc-* lions fussent nationales ; que toutes les cérémonies auxquelles elle présidait , quelque bitarifs ^'eAlea paraissent au premier abord, n'eussent

8AMVKL ST JJi HOTAUTÉ. 'M7

d'autre but que la conservation des principes et des lois, desquelles dépendaient la force et le bonheur dif peuple, ce n*est nullement à elle* même que fut dévolu le droit de censurer et de déposer les rois , mais aux magistrats politiques , au prince des anciens et à ses collègues*

Bossue t a donc eu grande raison de soutenir contre les papes qu'ils n'avaient, d'après le droit divin lui-même , aucune action à exercer sur la puissance temporelle des princes : mais Bossuet a eu tort de ne vouloir détruire celte apparence de frein pour la royauté , que dans Tintérêt du pouvoir absolu auquel les circonstances lui firent dévouer son génie ; que dans l'intérêt de ce pouvoir, dont les papes eux-mêmes, s'ils n'eussent jamais perdu de vue l'esprit de la primitive Église, étaient appelés peut»étre à devenir les plus jus^tes e^ les plus redoutables adversaires. Aussi la doctrine de Bossuet n'a-t-elle servi que de passage à la dootridie des gouvemeniens modernes , qui ont replacé dans le sein des nations ellesmêmes , les obstacles légaux aux ftineâtes aberrations du pouvoir.

318 LÎVRB ▼!. — CHA^. III.

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