‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 3)Chapitre 30 sur 60 · DES BOIS ET DES G0ERBES · texte numérisé non relu

DES BOIS ET DES G0ERBES

Les fois hébi*eux oflreiit donc ec double caractère que, loin d'êti^é nés comme -titie émana- ^on da droit divin, iU forent prodrnts parla volonté du peuple contre la volonté de Dieu , et que, loin d'avoir fait eux-mêmes Ui loi fondamentale, ils. sortirent du sein de cette loi'dont ils n'étaient que les premiers sei^itours.

Cependant la faculté de déposer »leë^ois entraîna bientôt les plus graves incôpvténiënsj'et la guerre eoti^e le parti 'deSaûl et lis parti de David fit tant de malheurs , que les prophMes et les anciens de la nation furent pénétrés de la nécessité d*en prévenir d'autres. Ils convinrent que la royauté ne sortirait plus de la famille de David , sous cette condition expresse que le roi pourrait être mandé devant le conseil , censuré

(comme les roû de ^acédémo(ne)> et condamné À des peines corporelles ^.

Mais lorsque le royaume d'Israël s*éiê.va , il renonça à celle modification , potir 'revenir à la leltre même de la loi tbndamenlale , et il déposa les rois. Boboam fut rejeté par eus; les tribus de Benjamin et de Juda restèrent seules fidèles an principe de iUnamovibilité. Ce n'est pas lonf ; l'état des chos(^s et la Tclonté dn Jélrovah qui avaient légitimé la répudiationde Eo)>oahi , firent dans la suite entendre ces terribles paroles aurot d'Israël: «Je t'avais tiré du isei^i du peuple, et t'atais établi pour le conduire;- mais ipiiisq^iio tiî as méprisé la loi', que lu n'as rien Mi dé di«oit) et que tn es devenu pire quo -tes • devariciers, -je retrancherai ce qui tient à Jéroboam depni^ riiomme jusqu'au chien-, et je raclerai sa* maison

• ^ « Quâttd' teé joqrs seront aceonipUs et <pi£ tuteter^is endormi avec tes pègres, dit TËt^iiâl à Davi^j j'^lâvcrai ton propre fils et j'affermirai sm^ règne h jamais ; je serai pour lui un père , et il sera comme mon fils. Maib s'il commet des iniquités , \c le châtierai avec line verge d^ommes , et si ses descendans violent la loi , leal idrôitk, les statuts, les préceptes, je visiterai avec laivvrgc len» transgression ; ils subiront les plaies }de^ fils de^ bouMn^s^ Mais je ne me retirerai pas d'eu?^ commç j'ai fait pour Sauf» (II Samuel, vu, 12. Psaum« ixxxix, 31). Pour apprécier ceci, il faul se' souvenir des usages du temps mentionnés datts le Uvr'e de UjiêsHée ; el/ap. I / ' ' ' ' -• ■ ' '

no LiymB Ti««— GHAP. ni.

comme on racle la fiente, pour qu*il n'en reste plus (41.) » Un semblable jugement fut porté et exécuté contre la maison de Bahasa, contre la maison d*Achab. « Fils de Thomme » disait TEsprit suprême à l'impétueux Ézéchiel , c'est ici le lieu de mon trône. Les rois ont souillé mon nom; je les ai consumés. Que les enfans dlsraél soient confus de leurs iniquités, qu'ils rejettent loin de moi leurs adultères et les cadavres de leurs rois : alors j'établirai ponr jamais ma demeure au milieu d'eux (42). »

' De là naissent deux réflexions essentielles : l'une , qu'agrès avoir admis la royauté et l'ioa* movibilité d'une dynastie , il restait aux Hébreux nn grand pas à faire pour se trouver sous certains rapports dans le système' des modernes, à diriger contre les agens des rois , les peines dont ils menaçaient les rois eux-mêmes. L'autre, qu'une «érie d'idées spécâeu&es peut conduire aux résultats les plus terribles; car, dans le royaume d'Iraêl où le principedela destitution fut conservé dans toute sa rigueur, on arriva à cette conclusion qui a rempli de sang les pages de la Bible, qne> pour éviter les guerres entre les dynasties rivales, il faudrait, quand un roi serait déposé, consumier Tarbf e jusqu'à la racine.

Le malheureux Saûl, quoique honoré par de nombreuses vtçtqires, était tombé dans une mé-

lancolie qne les succès de son rival, TesUoie générale de Tannée dont ce rivai d^yiot l'objet, et la tendre amitié pour lui de Jlonathan son pro* ' pre fils, portèrent à la fureur»

Dans son impuissance à faire movrir Dàtid, il teignit ses mains du sang de ceux qu*il croyait le protéger. L'ordre fut donné de frapper le £rand-sacerdote Âbimélçc et une foule d'autres sacerdotes qui , sur un faux avis de ce guerrier forcé de cacher sa fuite , lui a.voieot accordé quelques vivres et une épée. Les serviteurs de Saiil refusèrent tous d'obéir ; il eut recours^ a des étrangers (43). Déjà même, par un frivole motif, il avait condamné son fils. Le jour d'une victoire remportée sur les Philistins , ce vœu était sorti d« sa bouche , que personpe ne mangerait rien jusqu'au soir, et qu'on poursuivrait sans relâche les fuyards. Jonathan ne l'entenditpoint, trouva du miel , y goûta, et répondit à ceux qui Tavertirent de Tordre royal : u Mon père a troublé le peuple : puisque ce léger aliment ranime mes forces, jugez combien la défaite de Tennemi eût été plus décisive si tout le monde avait pris de la nourriture. » Un arrêt de mort fut prononcé contre lui; mais toute Tarmée s'écria : « Ce jeune homme à qui nous devons la délivrance dlsraêl recevrait un tel prix de ses exploits! Nous jurons, par Jéhovah , qu'on ne touchera pas à un seul

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ch«ven de ba tête (44). » Cést datks la bataille de Guilboa , vers le milieu du onzîèiùe siècle, époque des archontes perpétuels d'Athènes , des guerres de Sparte naissante contre ses voisins ," de Féniigration des Ioniens de PAttiqiie dans l'Asie Minepre, que ce roi perdît la vie après avoir vu trois de ses fils renversés à' ses côtés , entre autres, Taimable Jonathan, modèle d'amitié et de vaillance. La veille de cette fatale journée^ l'ombre tei*rible de Samuel, évoquée par la pythonisse d'Ëndor , lui avait annoncé la catasti^ophe; elle l'attendait au sombre séjour *.

Dès que la déi'bnte ftit complète , Saiil dît à sonéeuyer de le percer de son épée, pour ne pas tomber vivant dans les mains des incircon<ïi.s qui raccableraient d'outrages. L'écuyer n'osa point céder à son désir j il se contenta de' suivre

' * La chose est d^autant plirs Facile à concevoir , et la 8upereherie de la {yythoniisae d'autaât flù^ évidente que Saûl ne voyait pas lui-même Tombre de Sdmuel; et que la magicienne n'était pas fâchée peut-être de se venger des décrets lances par le roi contre les gens qui faisaient comme elle le métier de sorcière. « Alors la femme lui dit :qui veu&E'-tu'que je fasse paraître de dessous terre? -r Samuel. — : Tu. es le roi , réj^liqua^-t-elle. — ' Soit, mais que vois-tu? — Un IHeu qui moi^te de la leprre. *— Et le roi dit encore : comment est-il faitf — .C'est un vieillard recouvert d'un manteau. Saïil reconnut à cela Samuel , se prosteftia et écouta ses paroles (1. Samuel xxvii. )

ROIS iT-«]DSRmBS« ^3S8

Texemple de. $on maître qui se traversa le Bem d'une lance. Ivres d'^noir abatia un si redoutable adversaire , les Philistins suspendirent son corps à leurs murailles et envoyèrent sa tête et - ses armes, comme un trophée, dans tous- l>eiirs districts. Mais les habitans de Jabés , en Galaad, se glissèrent pendant Tobscurité de la nuit , en^levèrentle corps du roi et de ses fils, et leur rendirent les honneurs funèbres. Tout Israël, amis ou enneinis pleurèrent son sort; il ne manquait pas de qualités , et la rigueur du système infleiir ble de Samuel , plus encore quje sa méchanceté personnelle, avait été la première sobrce de ses infortunées.

Les Hébreux durent à David Tindépendance du pays , leai* gloire » et une prépondérance dé-* cidée sur. tous les peuples qui ne leur avaient jusque là laissé aucun repos. Malgré les taches qui déparent sa vie , ce roi a dfis droits positifs à une place brillante parmi les chefs, des nations; Ce n'est pas Té tendue du pays sur. lequel un homme a dominé; qui détermine la natïiré de sont génie; mais sa conduite publique, et le> parti 4]u'il a tiré de sa position, et de toutes les cho-^ «esiàvsa portée : sous ce rapport, que de chefs de petits États ont développé plus d'intelligence dans lea^r étroite sphère , que dés gouverneurs de gfâ,n^s epfipires qui étonnçntpar les masses

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qu'ils régissaient ! On sait que la première action de David fut de renverser , d*nn coup de fronde, un Pbilisiin d'une taille gigantesque dont les proTOcations journalières jetaient du déshonnieur sur Tarmée d'Israël. Mis à la tête de troupes nojubreuses 9 ses succès allèrent croissant; mais rien n'explique mieux son élévation et sa renomn^ée nationale que les détails rapportés par les chnoniques. Les femmes le trouvaient beau ; les jeunes gens l'aimaient ; les vieillards avaient une grande estime pour sa modestie et la grâce de ses paroles ; ies guerriers admiraient sa bravoure ; enfin tout le peuple était cbarmé de lui (45). Je ne rappellerai pas à quel prix il obtint en mariage la fille du roi. Lorsque la jalousie trop bien fondée de Saiil , dont sa harpe avait souvent calmé les frénétiques transports , l'eut environné de dangers , Jonathan prépara sa fuite ; et ils s^embrassèrent en so jurant une amitié éternelle» Sa vie devint aventureuse. Retiré chez le roi de Gath, l'une des principautés des Philistins, on le vit réduit à jouer l'insensé pour nepas donner de l'ombrage. Il rentra dans le pays : les partisans qui le suivaient et la justice qu'il se faisait à luimême , recevraient sans doute de nos jours une dénomination fâcheuse; mais on lui savait gré alors de n'employer de violence et de ruse que ce qu'il lui en fallait pour vivre et pqnr se mainte- '

. ftois 6T Gimmias. 92S

nîr. Deux foU il' pnt frapper le roi SwA qui le poursuivait à outrance, et deux fois il luéDagea ses jours en accompagoadt cet a«te de loyauté de nombreux témoignages de soumission et de respect, Le roi , s'abaodonnant à 1 émotion de son ame , lui dit alors ces v»ots qui sont deve* nus célèbres : « Tu es pljus .|u4te que moi , el que personne; car tu reinls le bien p9wr te ma/ (46). »

Dansi les montagnes duGarmel, sa bande avait protégé contre les excursions des peuples vobins les troupeaux d'un Israélite fort ricbe, possas*senr de trois mille brebis et de mille chèvres. Cet homme s'appelait Nabal , sa femme Âbigaïl 'y elle avait beaucoup de raison et une grande beauté, dit le texte; mais son époux passait pour un être grossier avec qui il n'était pas bon d*ar voir à faire. David ayant appris qu'il tondait ses troupeaux , chargea dix de ses gens» d*aller le saluer en son nom et de lui parler en ces termes : « Autant en puisses-tu faire Tannée prochaine, dans la même saison, jouissant d*une bonne santé, toi, ta maison, et tout ce qui tient à toi. Interroge tes bergers? ils te déclareront que nous les avons protégés jusqu'à ce jour ; que nous ne leur avons pas causé le moindre tort , et que rien de ce qui leur appartenait ne s'est égaré. En conséquence, accorde-nous

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tesh^iàe^ grâces dans cette fête , et denne à tes serviteurs et à teii fils David «Quelques Vivres , la quantité qui te plaira \ » Mais Nabal les repoussarudemeut et accompagna ce l'efus d'eiclamattons outrageantes; David courroucé ordonna soudain àquatre cents faom mes de ceindre leurs épées , : pour dét^-nire sa maison de fond en cbmble.. Heùreusemfènt Abigaïl etit le temps de le détouruer de son projet. Forcé de quitter le territoire , il se retira de nouveau chez le roideGath, qui vit avec satisfaction Israël se priver d'un bras aussi redoutable. On lai assigna la ville de Silag : de là , il allait faire des irruptions cruelles sur les- peuplades cananéennes' proscrites par la loi > et au retour il disait à Akis, que ses armes avaient frappé dés bourgs de ïuda et d'Israël , afin qu'on pensât que toute' réconciliation avec sa patrie devenait impossible(47^ . : •

♦ On Vbit dans ce choix d" expressions qui sontlîttéralemeBttïell^clu textiSjlèsmotifkpour lesquels Fleary a cra'flevoi]: parles de la poHteasè des'Hébrbux. 1,1 est assez remarquable que toutes, ^os fQrmafeSr.Çommenti vous portez-vous!^ J'ai Thonneui: de vous saluer. Je suis votre très- humble et très-obéissant serviteur,... soient les mêmes que celles des anciens; de ^orte qu*on a eu tort de prendre souvent pour des témoignage de 'servilité' c^kez euX) des manières de parler que nous répétons tous* les jours ^ et auxquelles ils n^ajoutaient probablement pas plus d'importance que nous-mêmes.

Aprësla mort de Saûl, David, âgé Se trente ans, régiija en Juda ; mais, Issôbeth fils de Sait étant. sautelîu par le veilianl Abner.^ son proche parent, conserva quelque temps, la puissance sur les autres tribus : il mourut victi^ine d'un assas-? sinat, et David punit les coupables qui allèrent près de lui se glorifier de ravoir délivré^ d*ua ennemi. Sept ans et demi s'étaient écoulée de^^ puis qu'il avait été reconnu en Juda:, lorsque toutes les tribus lui accordèrent le titre de roi : mais cette division, qu'une trop longue gùerrq avait envenimée 9 laissa un funeste levain qui se développa dans la suite* Ses premiers soinsfurentd'enlever aux Jébuséens la forteresse de Sion , située sur la plus méridionale des tiy>is montagnea que renferme Jérusalem » et de là rebâtir : on la nomma Cité de David. £» même temps il fit de Jérusalem le centre de gouvernement, le lieu où, selon les recommandations du législateur, de^ vaientse trouver TArohe, le temple et le qorrseil' national. La force publique armée reçut une organisation générale; on mit en TÎgueur des réglemens dont Moïse avait }eté les bases, et sur' lesquels il est ' indispensable dé nous étendre ^ parce qu'ils snoiit curieux pour 1-faistoire de Tart,' et qii'iU expliquent le caractère belliqueux du peufde juif, 'qu'ont si'gnalé la plupart des histo^ riens de Tantiqtiiié.

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ATàDtde commencer les hostilitét, la nalion devait exposer àrennemi les raisons qui lai mettaient les armes à la main , oq bien lui demander les motifs qni le déterminaient à la guerre. On a entendu les ambassadeurs de Jephté au roi d*Ammon discuter en détail ses griefs, et terminer leurs discours par ces mots : « Nous ne t*aTons point offensé, et tu commets nne méchanteaction en marchant contre nous. Que Dieu, le juge des batailles, décide donc entre ton peuple et le peuple dlsraél ! » Il n*est personne au monde à qui Ton doive faire la guerre, disent les docteurs, sans qu'au préalable on ait proposé la paix ; le même principe s'applique aux guerres exigées par la loi et à celles qui sont entreprises pour la majesté de Tempire (48).

Dans les premiers temps , il n*existait pas d'armée permanente , tout homme au-dessus de vingt ans passait pour soldat. Sous Saiil on faisait publier par toutes les tribus que les citoyens disposés à combattre eussent à se rendre en un lieu désigné» Je n ai pas besoin de remarquer le mal que cette manière de former les corps devait causer à Tagriculture et à l'industrie , et le peu de compte que le général pouvait faire de son armée qui , d'un jour à l'autre , se trouvait composée d'une multitude on réduite à quelques hommes. Rien ne donne mieux l'idée

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de cette enfauce de Tordre militaire 9 que les guerres soutenues de nos jours par la Vendée contre les forces républicaines. Au moment des récoltes , les officiers yendéeus voyaient presque en un clin-d*œil s^éclipser tous Leurs soldats.

David divisa tout le peuple en douxe corps de vingt-c|nalre mille hommes , qui recevaient tour à tour Tordre de se tenir sous les armes un mois entier , de faire le service à Jérusalem, et d'être tout prêts à marcher conti*e Tennemi , en attendant que le reste du peuplefût rassemblé.

Chaque citoyen avait son équipement ; des dépôts d'armes eiistaient dans les principales villes ; pendant la paix il s'était occupé des exercices guerriers , il avait quitté la charrue pour manier la fronde , Tare , le bouclier on la lance. Les jeunes gens de Juda s'exerçaient dans leurs jeux à lancer des flèches ; les babitans de la ville de Guiba n'étaient pas moins habiles à diriger la fronde que ceux des îles Baléares , ils s'en servaient de toute main , et atteignaient le but, à tm cheveu près (49). Le mérite particulier des divisions qui allèrent, dit-on, se ranger autour de David à Silag et en Hébron , et qui rappellent plutdt Tétat de Ison armée dans sa splendeur, prouve une grande expérience militaire 9 et une distinction établie entre le soU

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dat de phalange, et les wloees on les hommes légers à la coarce. Co détachement de Benja* mites arriya , portant des ares , des flèches et des frondes. Les encans de Juda agitaient le bouelier et la lance et étaient parfaitement équi* pés pour la guerre. Vingt mille hommes d*Ë<phraïm, forts et Taillans, jouissaient d^une grande iienommée. Parmi les enfans d^Issacar, deux cents chefs étaient doués d*une intelligence remarquable pour connaître le temps ; leurs a^is obtenaient un grand poids sur Tesprit de leurs frères. Les nombreux milliers de Zabulon, rangés en bataille • avec toute sorte d'armes , gardaient leur rang d'un cœur inébranlable ; les enfans de Nephtali , de Dan et d*Azer , tenaient aussi très*ferme dans leurs rangs. Enfin les tribus situées au-delà du Jourdain se plaisaient à combattre au son des inirumens ; et c'est au sujet des Coupes d*élite de la tribu de Gad , que le$ chroniques font cet énergique porti*att : « hommes forts et vaillans, experts à la guerre , maniant le bouclier et la lance ; ils avaient des visages de lions , et ils ressemblaient aux daims des montagnes par la légèreté de leur course (50).» Les armes dobt parle Moïse sont Tépée à large lame , renfermée dans un fourreau et suspendue à nn ceinturon , le pieu garni de fer, Tare et les flèches. Du temps des juges , le

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Wudiei* 6^ le$ c«acfu^â. étaient ea usage. SoÛ9 Siaûl^ et surtout pendant le. règae-de David, les Hébreux avaient toutes les avm!es connues des a<icieQ$. ^onr bêtement ordinaire , ils portaient une tunique ou casaque de laine , serrée par le ceinturon ^de Tépée, un manteau à quatre pans , roulé en forme de baudrier qui servait de défense , de larges caleçons sous la tunique, ^t une cbaussure ' liée autour de la jambe et garnie d^agrafes en fer (^1).

. La cavalerie^hébraïque et tes chariots de gtier> re. ne .furent organisés que sous Sàlomon. Moïse n!avatt .point' favorisé cette arme', parce que la terl*e de Canaan nesfoiirnissait pas.de chevaux» D'ailleurs, la » cavalerie est surtout propre à là guierre offensive , et il ne voulait pas qu'après leur établisement . les Hébreux eussent l'esprit tourné à La conquête 4. il comptait pour repoussser les invasions sur la hatàre montagneuse - du leririloire.Toùtle système de défense est clairement développé, dans les lettres que le conseil d% Jérusalem, présidé par un .courageux potitife^, envoya à tontes les villes d'Israél menacées d'un envahissement de lapart d'une armée assyrienneL «. Garnissez d'hommes toutes les hauteurs»', enfermer les {iroviiions dans les villes fortifiées 'j et reBdez-Ti>us loaitrçs de tous les défitési (5^). b G'estpourqùoi lesc:guçrrier6jple Syrie avirient )ùàh

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cherché à se laver de la honte d'une de leurs défaites , en ces termes : « Qa'y a-t-il détonnant, les dieux des Hébreux sont des dieux de montagnes y tandis que les nôtres sont des dieux de plaines (53)? »

Pour les subsistances, on s*adressait aux vil^ les et aiix tribus traversées par Tannée, et on les dédommageait soit avec lardent du Trésor soit avec le butin (^4). Sur le territoire étranger, on vivait aux dépens de Tenuemi.

A mesure que les citoyens arrivaient au lieu de réunion, ils se formaient dans un ordre dé* cimal, primitivement conseillé par Jéthro beau père de MoXse , a qui ce dernier s'empresse d'en faire honneur. Chaque tribu était divisée en corps de mille hommes , commandés par les princes de mille ou milleniers ; ces corps se divisaient à leur tour en dix compagnies de cent hommes , ayant à leur tête le centenier ou centurion ; ces compagnies en escouades de dix , avec un dixainier ou décurion. Enfin les princes des tribus, qui représetttaient nos généraux, étaient commandés par le juge-consnl ou par le Roi.

..Cette division générale , fondée sur la distinction <lâs provinces, annonce sans do ujte l'enfance de Tartr Mais les choses ne pouvaient se passer auW*eiQeni, attendu qu'elle.présentait une exécu-

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lion facile, et qu^on ne distinguait pas encore la force publique armée extérieure, et la force publique armée de riutérieur. Pour la première, rien de plus dangereux que ces corps dont le nom rappelle un esprit. et des intérêts de localités, et qui dans un combat meurtrier peuvent enlever à toute une province sa population. Bans la seconde , au contraire , l'esprit de localité doit dominer et attacher Thomme à la défense spéciale du sol sur lequel il respire et il dort ^. Que de guerres civiles chez les Juifs eurent pour cause

* La distinction qu^on faitanjoord^ui entre une garde nationale et une armée, nVst pas exacte, du moins pour Texpression ; et les mots , comme on sait , ontunegraBde influence sur les choses, L'armée doit être considérée comme une garde très-nationale ; et la garde nationale ne mériterait pas ce nom si elle n'était pas armée : Tune est la force armée pour maintenir les rapports extérieurs^ l'autre pour maintenir les rapports intérieurs. Or, de cette simple rectification detmotss'ehMÛt la conséquence . naturelle , que nul n^a le droit de faire agir à feu et à •ang la force extérieure contre les citoyens, de transformer de braves guerriers en bourreaux. Il ne peut exister d'exception que lorsque ces citoyens eux-mêmes ont quitté de plein gré leur qualité^légale pour prendre celle de guerriers notoirement armés et insurgés contre la loi , par conséquent contre le pays. Alors l'application de loi martiale se présente ; et le clairon qui douue le signal k la force armée de charger, Tappelle à un véritable combat.

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