‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 3)Chapitre 37 sur 60 · hlYUM YU — CHAPé m · texte numérisé non relu

hlYUM YU — CHAPé m

désigna po«r loi succéder. Une bataille donna le sceptre à Âristeb«le , et Hyrcan , homme débonnaire, aurait volontiers consenti à /ester toute sa. vie la seconde personne de l'État, sans les conseils de Tlduméen Anttpater qui avait capté sa confiance et qui se proposait de saisir pour son propre compte toat te pouvoir qu'Hyrcan parviendrait à acquérir.

Ses projets rénssirent. Les Arabes et Pompée , dont l'orgoeil avait révoké Aristobole , se déclarent pour lui. Aristobole , fait prisonnier, est traîné à Rome avec toute sa famille. Antipater , devenu comme le délégué des Romains , exerce la souveraineté sous te nom du faible roi ; tous les partis, les saducéens, les pharisiens cTe bonne foi, et les ambitienx, s'indignent da joug nouveau qui leur est imposé : ils n*ont pas de peine à prévoir que Tespace qui sépare ce ministre du tr^ne sera bîent^ franchi. L'audace d'Hérode son second file, revêtu des fonctions de gouverneur de la Galilée , i^ate à leur crainte. Us songent à le renverser par des voies légales ; leurs efforts sont vains. Les fils d'Aristobule et ce prince hiimérae , s'étaient échappés de Rome ; le souvenir de leurs ancêtres leur procurait de nombreux partisans. La fortune leur fut contraire. César voulut les protéger ; ni^is Pompée se délivra du père et de Tun des fils , par le poison et par la

«njpplice. Rome avail étandu sa main âe fer iar la Judée. Cependant Antipater meuri enpoitoané. Le fîU d'Aristobule, Antigone,«e rend matire de Jérusalem et se proclame roi ; Hérode , assisté des Romains , te fait prisonnier et obtient d'Aoe toine qu'on lui tranche la tète dans Antiocke \ Malgré son courage, ses conquêtes et sa magnîficenoe , quel h(ytome que cet Hérode! Succescivemept aux pieds de Pompée et de César, de Cassius , d'Antoine et d'Auguste , U court chercher à Rome la royauté de la Judée ; et toutes les horreurs d'un siège, le carnage, la déTastalioni U» imprécations des Juifs expirans signaient iot^ couronnement à Jérusalem. Les protestations contre lui et les insurrections sont étouffiies par la multitude des,^gardes romaines , gauloi«es^ germaines et thraces dont il est entouré. Ses efforts tardifs pour plaire au peuple ne diminuent rien à la haine qu'on lui porte. Son ambition l'a précipité dans les voies les plus tyrâuniques, les plus criminelles; il a fait mourir tous les mi^bres du sénat;

* L*an 39. Ih^sài la mort d' Alexandre Jtmaée , guerre en Espagne, soutenue par Sertorius que les Romains font assassiner en 72 , comme ils avaient fait à Tégard de Viriathe. Continuation des guerrts de Mithridate. Guerre des esclaves de la Campanie et des gladiateurs commandés par SpartMQS ; LuooUus , GrastiM , Catilina , Pompée , César, Bratos, Auguste.

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il a fait mourir les principaux juifs; il fidt mourir le laible Hyrcan II son bienfaiteur, le jeune et séduisant Aristobule son beau-frère, dernier rejeton de la race des Machabées ; il fait mourir sa propre femme, sa belle-mère, son oncle, trois de ses fils*; enfin , dans la première année de 1 ère vulgaire qui correspond à la quatrième de la naissanee présumée de Jésus, il md^^uinit, après trenteneuf ans de règne, d'une maladie très-^cruelle ; et au milieu de ses angoisses, il couronna sa trop longue vie en adressant, dit-on, ces paroles à la perfide Sctlomé , sa sœur : « Je sais que les Juifs célébreront ma mort par de grandes réjouissances ; mais exécutez ce que je veux , et ils pleureront, et mes funérailles seront fameuses. Dès que j^aurai rendu le dernier, soupir , commandez à mes soldats d'environner l'Hippodrome et de tuer tous les citoyens que j'y ai fidt enfermer : il n'y aura pas une seule maison en Judée qui ne verse des larmes. »

Et c'est à Bérode que Josèphe , jaloux de plaire aux Romains, ose accorder le surnom de Grand ! Mais bientôt la vérité, l'arrachant comme malgré lui à la fausse position où il s'est mrs y lui dicte ce jugement expressif: «On n'avait

*' J*aimerai8 mieux être le pourceau d'Hérode que son fils, disait Tempereur Auguste.

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|amais tu de prince pins colère 9 plus in j Asie , plus cruel , ni plus favorisé de. la. fortune (117), » Les trois successeurs d'Hérode se disputent lé trône ; Auguste partage entre eux le pays , suivant le testament de leur- père. La. Judée , la Samarie , lldiimée reviennent à Archélaiks , avec le titre de roi; la Galilée au nord de laSama*. rie et la Pérée , ancienne possession des tribu» de Ruben et.de Gad , à Hérode Antipas , avec le titre.de tétrarque ; la Batanée, la Thraconite ^ TAuranite , qui compi'ennent la portion de la demi-tribu de Menasse , au-delà du Jourdain , jusque dans les plaines de Damas , à Philippe. Les Hébreux pi*otestentpar des ambassadeurs et par des insurrectioDS. Neuf ans après , Archélaus, destitué sur un ordre d'Auguste ,- va mourir à Vienne , dans les Gaules. La Judée devient une province romaine à laquelle le vaînqueîir laisse ses lois. Coponius est fait procurateur , sous la dépendance duigeuverneur de Syrie : il a pour successeurs Marcus Ambivins el Annius Rufns.

TU>ère nomme ensuite JRonce<rPilate » deveoa fameux par le rôle qu^il joùa/dansle jugement de- Jésus-Christ, et que. la foule prend pour un juif. Alors il. n'}u avait aucun souverain à Jérusalem , du nom d'Hérode. J'ai dit que • l'espèce de démêlé que. signale, saint Luc sentie ie tétrarque^ de la GaUée et le gonyerneiir' qui , par un senti-

vuak de déiSKrence, aurait à son pastage envoya devant ce prince , Jésus , qn'on sornommaît le GaKIéen , n'est pas affirmé par les antres Évangiles. Hérodé Antipas» malgré son désir , ne reçat jamais Théritage d'Archélans : il resta dans sa tétrarchie, qui était séparée de la Judée proprement dite , par la Samarie et par le Jourdain. Cest là que 9 dans la crainte perpétuelle des insurrections , il fit mourir un juif très-vertueux , ajqpelé Jean, et surnommé Baptiste , qui , suivi par un grand concours de peuple , prêchait d*n^ nîr la pureté de l'ame à celle du corps , et ne craignait pas de frapper de ses censures la belle* aoeur du tétrarque, devenue sa femme , contre la vobnté des lois. Les Juifs , indignés de cette tyrannie, regardèrent comme une punition du Ciel la déftdte qu*il éprouva bientôt en combattant an roi des Arabes. Avec l'autonsation de GaUgala, Agri^a, petit-fils D'Hérode l*' , avait été proclamé roi de Judée. Hérodetétrarqne, jaloux, se hâta d*aller récriminer devant l'empereur : il n'y gagna que sa destitution et son e«l à Lyon^ dans les Gaules, avec rambitlense Hérodiade,8a femme , cause de son malheur.

A la mort d'Agrippa, Tan 44^ après sept ans^ ds règne, la Jindée retomba sous la main dea pvecuraAeiuns. L'emperètfr Glande fonea pour la fils de ce psince, caries royunmes coûtaient si

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peu ans RoBuiios » un royaome de Calcule acora des tétrarchies d*Atitipas et de Philippe. Il lui laissa en même temps sur le temple et sur kspon-» tifes un pouvoir souveraki dont Agrippa II fit la plus déplorable usage. Cuspius Fadus, Tibère Alexandre, Gumanus , Félix frère de PallasCavori de Néron , Festos , Albinus , se succèdent dans le gouvernement « et fatiguent de leurs excè^ un peuple sans cesse travaillé par le besoin de TinT dépendance et même de la liberté. Blessés dans leurs intérêts nationaux , dans leurs intérêts pri* vés, dans leurs personnes» dans leurs croyances, dans leur culte, dans leur orgueil, tous les Hébreia se disent bientôt qu'il faut tenter un dernier effort, et ^e la mort, en se vengeant des oppresseurs ^ est préférable à une si malheureuse existence.

Les insurrections partielles se multiplient, un •ombre considérable d'assemblées populaires excitent Tenthousiasme dans Jérusalem; des ban-^ des organisées parcourent les campagnes en prê» chantla nécessité de secouer le joug.Toutantionoe une action générale : le feu éclate sous la prodi* rature de Florus qui avait remplacé Albinus et surpassé en avarice et en cruauté tous ses pré-^ décesseurs. Jamais guerro plus juste, plus légîti"me, plus nationale! Jamais sur un théâtre aussi circonsorit le» Romains n'avaient éprouvé une résistante plus opinifttre , plus terrible. Et quand

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on songe que de violentes discordes civiles rni* nérent TÉtat, autant que le fer de Tennenii, il est permis d'hésiter sur le résultat définitif de la guerre on du moins sur sa durée ; si les circonstances avaient été moins accablantes , si la nation eut développé son énergie avec plus de mesure f si d'autres peuplés mécontens des Romains eussent agi de concert. Tandis que les héritiers d'Hérode plaidaient à Rome, les Juifs avaient déjà assiégé une légion qui fut dégagée par Varu s, gouverneur de Syrie , accouru à la tête de forces supérieures. Alors ils chassèrent Agrippa H , qui les engageait à se soumettre , et avec lui toutes ses troupes. Ils s'empat*èrent de plusieurs forteresses , et ils firent subir une honteuse défaite à Gestius Gallus , autre gouverneur de Syrie qui commandait à pins de vingt mille hommes.

Trois partis principaux existaient à Jérusalem: les amis de la famille d'Hérode et des Romains , qui signalaient pour premier devoir de payer le tribut à César; le parti modéré , désireux de combattre , mais seulement jusqu'à l'heure où Ton pourrait obtenir des conditions avantageuses; les néiaieurs ou exaltés qui entraînèrent toute la nation , et qui , sans considérer la fbrce de leur adversaire , prêchaient une guerre d'extermination contre lui et contre tous les hommes assez lâches pour traiter avec lui on le servir de quel-

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qne manière que ce£it Ce parti avait connaencé à s'organiser sous le gouTernemeni de Ck>pODinfr, par les soins de Judale Galiléen , et il avait formé des sociéWs secrètes , d'autant plus redoutables qu'elles exécutaient en plein jour de^ arrêts rendu dans Vorabre (US),

Le ^conseil général d^insurrection et de défense s'ouvrit à Jérusalem. Les modérés y obtinrent ravantàge; ils n'oublièrent rien pour ramener à eux par la douceur le parti attaché aux Romains (119). Ils avaient pour chef te grandpontife Ânaiius. u C'était, ditJosèphe , un homme d'un mérite et d'une probité au-dessus et tout éloge; nul autre ne désirait plus ardemment de conserver la liberté à son pays , et l'autorité à la république; il préférait l'intérêt général à son intérêt partici|lier , et, sous sa conduite , les Juifs auraient pu donner assez d'affaires aux Romains pour les porter à un accommodement juste et raisonnable (12(>). » Mais la voix d'Ananusne pouvait être long-temps écoutée. Dans une conflagration aussi vive, dans un choc militaire où l'on avait besoin de centupler la force des bra^ par l'exaltation des têtes , il y avait quelque défaut de connaissance des choses à vouloir poser d'avance et ouvertement des limites aux efforts qu'on allait faire , et à parler raison avant le ceo^ bat à des hommes soupçonneux, chez qui un sen-

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tioMiit compriiné pendant plos d'un siècle édktait aTec vîoleoce. Aussi la scbston hit-eUe prompte; aussi » loia de cakner l'irritation des esprits, le parti modéré sema des défiiBices, accrut cette exaltation même , et fut anéanti en peu d*instans. Cependant ses principes ne différaient en rien de ceux des célateurs. Ananns avait parié en ces termes : « On tous pille , et vous le souffres; on vous outrage, et vous vous taises..... Ne vous réveiileres-vous jamais d'un tel assoupissement, et serez'vous pliy insensibles quelesbétes qui, en regai'dant leurs plaies, s'animent contre ceux de qui ils les ont reçues? Il semble que Taroonr de la liberté, la plus forte et la plus natu* relle de toutes les affections, soit éteint dans votre cœur , et que celui de la servitude ait pris la place ; comme si nos ancêtres nous avaient inspiré avec la vie le désir d'être assujettis , eux qui ont soutenu tant de guerres contra les Egyptiens et les Assyriens afin de rester libres! Mais pourquoi alléguer sur ce sujet l'exemple denospères? Quelle autre cause que le dessein de recouvrer notre liberté nous a engagés dans cette heureuse ou malheureuse guerre contre les Bomaitis ? Quoi ! nous ne pouvons souffrir d'avoir pour maîtres les maîtres du monde, et nous accepterions pour tyrans des hommes de notre propre na-

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Dans le conseil générel, ce ponttlefol aoniMé gonvernenr civil de Jérvsalera , en même temps qae Joseph fils de Gorion gouyernenr militaire; Jésus fils de Saphas , et Êléazar fils d'un grandsacrificateur, eurent le commandement de l'Idumée ; Joseph fils de Simon celui de Jéricho ; Menasse celui du pays situé an delà du Jourdain; Jean TËssénien le commandement de la contrée maritime ; Jea» fils d*Anaiiîas le commandement de l^Acrahatane; enfin Flavius Josèpfaefilsde Mathias le commandement de la hante et basse Galilée. Ge dernier est l'historien , habile capi» taine, mais entièrement dévoué aux Romains* C'est pourquoi son histoire, écrite à Rome même, sous les yeux du vainqueur, doit être lue avec une grande défiance pour tout ce qui regarde les zélateurs, qv*il s'efforce de rendre d'autant plus odieux que leurs principaux chefs s'étaient dé« darés ses ennemis personnels. Combien ses écrits n'auraient-ils pas acquis un nouveau degré d'intérêt , si un lékteur de bonne foi nous avait tracé les mêmes évènemens sur une terre àl'^ri Ô9 la puissance romaine!

Tous ces commandans généraux avaient ordre de correspondre avec le grand-conseil et de le tenir avisé (123). Mais la plupart des choix ne convinrent pas & la masse des xélateurs qui, dans la crainte àên transactions avec l'ennemi » se créé-

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reol des chefs particnlîers et indépendans. Les pl«s fameux sont : Jean de Giscala , que Josèphe, qui avait eu avec lui de graves démêlés , peint eu ces termes : « Méchant homme, grand trompeur, inconstant dans ses affections, ne mettant pas de bornes à ses espérances , ne reculant de- Tant aucun moyen pour réussir;... très-impérieux, souffrant avec impatience de partager l'autorité. Les uns le suivaient par crainte , les autres par attachement, tant il était difficile de se défendre de seê artifices et du pouvoir qu'il possédait de persuader^ très-brave et n'ayant pas moihs de tête que de cœur. Simon fils de Gioras ; moîns ' artificieux que Jean , plus jeune , plus vigoureux , agité par une égale ambition et doué de plus d'audace. Il fut d'abord chef d'une petite bande insurgée qui devint une armée véritable; il s'at* tirait les esclaves en leur promettant la liberté , les hommes libres par l'espoir des récompenses , et les personnes les plus considérables du peuple, par son courage et ses succès. Enfin Éléàzar fils du sacerdote Simon , qui s'élaiU mis l'un des premiers à la tête des zélateurs , partageait toutes les passions de ses rivaux et avait une réputation méritée pour le conseil et pour l'exécution (128). »

Cependant les gouverneurs de Jérusalem se préparaient à la guerre, relevaient les fortifica*

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ttODS I &isai6iit forger de tous côtéf des armes. Ofi disposa 4ooies ies machines enlevées à Ces* tins , dont leur habitude de se battre en lase campagne, et les longues années écoulées depuis qu'ils n'avaient pas- fait. ni soutenu des sièges, leur rendaient l'usage difficile. La jeunesse tout entière s'exerçait avec joie, et la chaleur d'un si grand mouvement la remplissait d'agitation^ et de tumulte (124).

A la nouvelle du désastre de Cestins , Néron » jugeant combien cette guerre , dans l'état de fermentation de l'Orient, pourrait devenir dan^ gereuse, avait fait marcher le plus expérimenté de ses capitaines, Vespasien, à la tête de soixante* mille hommes. Il porta en tous lieux la flamme et le fer, ne manquant pas d'appeler du nom de> factieux , - de rebelles , de brigands , les hommes qui osaient foriner le projet de secouer le joug des procurateurs dont les avait favorisés l'empirBi Mais ce qui était plus redoutable pour les Juifs, que les talens du général et la force de son armée, c'est 1% corruption dont les Romains savaient si habilement se servir ; l'art avec lequel ils semaient chez leurs ennemis, des défiance, des rivalités, des haines, des discordes; avec lequel ils détachaient la cause des chefs , de cell« de leurs adhérons; avec lequel ils opposaient ceux qui se laissent aisément séduire par l'espoir

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de la paa , aux hoaimes convaioens «pi'on ne pourrait repoaaser la servitude que par la guerre» Tandis qu'un de ses lieutenans , Géréalis , se dirige contre la Samarie» et de là contre Joppé| qae Titus son fils et Trajanicfaefdela 10" légion , dont le neren devint empereur ^ vont battre Japha^ ville de Galilée t il assiège en personne Jotapât où commandai Josèpke. Déjà on avait pu 8*assnrer que les protestations des Juifs ne se dissiperaient pas en vaûies paroles , et qu'ils tiendraient au delà de ce qu'ils s'étaient promis. Après quarante-sept jours d'une héroïque résistance, la garnison de Jotapat s'ensevelit sous ses ruines. Le gouverneur seul > non content d'obtenir la vie sauve, osa brigner la faveur dn chef romain , et excita dans tout le peuple une indi?* gnation qui caractérise l'état des esprits , et qui explique les souvenirs peu honorables que, malgré ses taVeos militaires' et sa réputation bien fondée comme écrivain , Josèphe a laisséjs parmi les Juifs. « La renommée toujours prompte à répandre les mauvaises nouveUes, di^-il lui-même avecune étrange franchise,, porta aussitôt à Jerufilem le malheur de Jotap«k* On assurait que Josèphe était mort en combattant. Toute la ville en fut si affligée qu'on s'imposa pour lui pendant trente jours un deuil eitsaordinaire. Maie dès qu'oni sut comment lenchMes s'étaient passées.

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qu*9 ëlmt tombé Tivant an pouToirdes Romaioi, et que leur générAl , loio de le traiter en prisonnier^ lai rendait des honneurs, cet amour extrême se conyertit en une haine vialente ; on lui prodigua les noms de lèche et de traître, et un csd univetW répéta desimprécations contre]ui(12Q,

Un an s'était écoulé sans que les conquêtes qui devaient précéder le siège de Jérusalem fussent terminées. Yespasien, appelé à Tempire , en laissa la chai*ge à Titus qu'il entoura des meilleurs capitaines, des meilleures légions , et d'un nombre considérable d'auxiliaires. Le parti modéré n'atait plus de chefs dî d'influence. Après avoir souvent dirigé leurs armes les unes contre les autres , et fait couler des flots de sang, les di- Terses fractions des zélateurs s'étaient enfermées dans Jérusalem et s'étaient fondues dans les deux corps commandés par Jean de Giscala et Siraoa. Chose étonnante ! leur ardent enthousiasme , comme il est arrivé chez les Musulmans, et chec tant d'autres peuples, n'était nullement exqîté par l'espoir des récompenses infinies réservées à ceux qui trouveraient la mort dans les combtfts, mais par la nécessité d'une indépendance en||^e pour le bonheur de la nation. Plus de servitude, ou la mort! voilà leur cri de guerre*

Tacite qui, cédant à l'habitude cm étaient les Romains de traiter de barbares tous les peupleâ

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«étrangers , prouve dans ce qu'il a écrit des Juifs Tâine grande ignorance de leurs lois et de leurs usages; nous donne, sur les choses qu'il se trou- Tait à portée de bien savoir , quelques détails très-intéressans. La patietfc^ des Juifs à supporter l'oppression ; le nombre des troupes envoyées contre eux quand tb sont résolus à la secouer; *le choix des généraux qui commandent ces trou- 'pes ; le temps qu*elles emph>ient à la conquête^; la résistance des Juifs, quand tous les États sont •eourbés sous le joug; enfin leur union contre l'oppresseur, au milieu des plus sanglantes discordes, sont le plus beautémoigniage qu'on puisse rendre à une nation ennemie , et à la justice de sa cause.

« Toutefois j dit-il dans le cinquième Kvre dô son Hiistoire, les Juifs endurèrent patiemment ^oppression jusque souslaprocnraturede Gessius Florus. Sous lui commença la guerre , et les premières tentatives pour la réprimer ne fiirent pas heureuses. OstiusGallus livra différons combats, dans lesquels il fut le plus souvent battu. Gestius éâbt mert de maladie ou de chagrin , Néron le filièmplaeerpar Vespasien qui, avec sa fortune, «a réputation et d'excellens généraux , parvint , en deux étés , à occuper avec son* armée tontes les campagnes et les villes , à l'exceptioi» de Jérusalem.... Quand l'Italie fut pacifiée , l'attention se

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