BOIS ET- GUERRES
porta an dehors. Ce qui outrait lopins, c'était qoe les* Jmfs' fassent les seuls qui n'eifisseiit pas i:ëdé..^ Au- commencement de cette année , Titus à^aitété choisi par son père, alors empereur, pour la réduction de Jérusalem. Trois légions l'attendàiehi en Judée, la cinquième , dixtèbie et ta quinti^e (edviron dii-huit mille hommes ), tous \ieux soldats de Yespasien. Il y joignit la douzième aTec la vingt^eusrème, et là troisième, quMI avait amenées d'Egypte. Il était- aecompagné de -vingt cohortes alliées (vingt mille hoiûmes ) , de huit divisfîons de cavalerie ; des rois Agrippa ettSohème, dés'auxiliaires du roi Antiodhus, et d'ati corps con^dérable d'Ai^àibes ^entie-^ mis acharnés âes Juifs, par cette faaine que se portenttoujours des peuples voisins; san» comp** ter ttne'ftiate de Romains qui , du sein de la capitale et de l'If alie , étaient accourus autour du AottVel empereur pour s'emparer de ise s premières àfieétîons^ C'est 'avec toutes ces feircès réunies que Titus était entré sur le territoire emiismi; Marchant toujours en ordre, faisant recèiitMiître tou$'40s lieux, et se tenant toujours prêt à combattroi il
vint camper' non loin de Jérusalem Là, les
Juife avaient eu d'abord trois armées qui se com-^ battaient étitire elles sous autant de chefe...: Puis là ville lie fut ^lus partagée qu'entre detix, jus*^ qu'au moment ou Tarrivée des Romains ramena
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la coDcorde.^.MlU avaient donoédes armes à tous ceux qui {K)iivaient en porter,, et le nombre «a excédait les proportioos ordÎBairefit* Hommes et femmes montreieDtao acbaroemeiitégaUet dans le cas où on les eut contraints à quitter leurs demeures » ils craignaient plus la vie que la mort^o Telle était la Tille , telle était la nation que. Titus avait a combattre (126). . ^
Jérusalein se divisait en ville baute sur la mon* tagne de Sion au midi , et ville basse sur la mon<tagne d'Acra ; le temple qui occupait le mont Horia à Torient, la dominait , et était à son tour dominé par la forteresse Antonia. Une triple enceinte de murs ,. bâtis en grandes pierres de tailloi et de la manière la plus solide, aeryait de défier se; un nombre considérable de tours garnissaient les .angles. Les principales , après laforteresse An-» tonia, étaient les tours d'Hypicos, de Pséphina» dePhazaéletde Mariam,élev4esparJes ^ina d*Hérode. Titus plaça son camp vers le nord^est dé la ville ; la dixième légion ocaupaîUa montagne d^ Oliviers» à Forient.
Les assiégés n'attendirent pas d'être attaquéa« ils firent des sorties vigoureuses pour empêcher les assiégeans de continuer leurs travaux ; et ils rénisirent plus d'une fois à jeter l'épouvante parmi les vieilles légions. On se tromperait si l'on allait 4>roire tque la fureur seule présidât à leurs
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éKùtU» En lenaBt compte de la différence de leur position respective, Jean de Giscala et Si-^ mon déployèrent autant d'habileté militaire et plus de ressonrces que le général romain. L'op^ portunité et le succès des sorties , les dangers dans lesquels ils jetèrent Titus en personne, leur hardiesse à porter de leurs propres mains la flamme sur les machines de Tennemi, leur patience à former des mines ayec lesquelles iU firent écrouler ces machines mêmes au milieu d'une combustion subite » les obstacles prolongés ^ qu'ils offrirent aux, travailleurs, par une grêle bien nouriie de pierres et de dards, enfin tontes Ifitf roses de gqerre attestent qu'ils n'agissaient pas sans calcul. On cite une machine à lancer de grosses pierres contre laquelle ils n'avaient aur cun moyen de défense et qui faisait d'horribles trouées dans les rangs* Des hommes furentplacés sur le plus haut des tours qui ne la pei'daieut pas de vue; à la blancheur du rocher , ils distinguaient le point vers lequel on le dirigeait : Garde à vous , s'écriaietit-ils , tênfaniinent dan$ teile direoliQnf et soudain les assiégés se couchaient à plat-ventre, et voyaient passer sur leur tête le roc meurtrier (127). Une véritable émulation s!était emparée des deux .«rmées. L'espoir de trouver knr salut dans la résistance soutenait les assiégés; le désir de mettre un terme prompt à la guerre
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excitait les Romains. Eu rasa campagne, las Juif a n'avaient de ressoapce que dans l'impétaosité de leur attaque, et ils étaient forcés de reculer an même instant; dans les assauts, ils défendaieat leur terrain- pied' à pied, et ils faisaient reculer les Romains. Simon surtout inspirait à sa division une crainte et un respect si grands , qu'à peine Il avait parlé , que chacun de ses guerriers ne trouvait plus rien d'impossible (128).
Pendant ce temps-là, quel était le rôle de l'bistorien Josèphe? Bien traité dans le camp romain, il obéissait humblement aux ordres da général , et ^ prenant pour tribune une montagne voisine, il faisait aux faoUêux de longues harangues qni n'avaient d'autre résultat que de semer la discorde , et d'ajouter à l'irritation des esprits. La réponse des assiégés était plus laconique. « Sommes-nous entrés sur vos terres? Avonsnous porté le désespoir dans tos fiimilles? Yons désirez la paix ! qui s'y oppose ? éloignez- vous de nos murs, laissez-nous dans l'héritage de nos pères. Nous bravons la mort ;^ elle est préférable à une honteuse servitude ; et imlre dernière consolation est 'de vous dire toute la haine que* vous nous inspirez. Quant à la patrie, Titus nous assure quelle est perdue, qu'a4-il besoin des'appitoyer sur elle? Pour ce qui est du temple, notre Dieu en possède un autre plus vaste , l'univers (129).
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. ' Gependant Topiniâtreté de là résbtance , les pertes jotirûalières qu'ils éprouvent et la honte qu'ils croient devoir en rejaîlKr sur eux éToillènt des sentimens de rage dans le cœur des Rofliains. La famine intérieure ajoute à toutes les horreurs du siège ; les cris des gens qui sou$î*ent se mêlent aux cris des partisans de l'étranger et réduisent à la dernière extrémité les combattans. Une mère , dit-on , dévora son propre fils. Titus, pour les épouvanter, déploie dans la plaine toutes ses forces militaires , ensuite , oubliant sa clémence ( la chose semble certaine, puisque Viâs* torien qui nous la transmet écrivit sous ses yeux et dans son propre palais) , il consent à ce que -tous les prisonniers , tous les malheureux que le besoin de chercher quelques vivres avait fait tomber dans les embuscades , soient livrés , en face des murs , pour prix de leus révolte , aux plus effreux supplices* Leur nombre était considérable, et à peine > trouvait*on encore de la place peur élever Jes croix sur lesquelles on les exposai tr En mêlne teinps. ce prince ordonna que plusieurs -eussent' les mains coupées , et il les chassa cq ^et état vers la ville. (130). • 'Tels queies guerriers de Numance , les 'assiégés ne sont éihusniparla disette qui les ao«cable, ni par les» supplices dont on les menace, dhaque position détient une ville nouvelle qui
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exige on «iége noween de la pa)rt des Romains. Enfin I après cinq mois de saoglans combats, jour einuifcff el de succès diversement partagés ^ la désolation et et raboo^inaiion entrent dans le sanctaaire. Tout s'écroule , remparts, citadelle» temple. Je ne peindrai pas le carnage et la férocité des vainqueurs. La faiblesse ou la faim les avait jetés fit tomber dans leurs mains nn grand non^ Jiure de guerriers vivans. Le nombre des morts pent passer pour incroyable.
A la même beure, Tan 74 de notre ère, les Ba- • laves et «ne partiedes Gaules se soulevaient contre le joug insupportable des Romains, et leur témoignaient une haine aussi grande que les Jui6. Ala même époque , les guerriers de la Bre* tagne déployèrent contre eux«ane valeur qui ne le cède en rien à celle des défenseurs de Jérusalem, mais une persévérance inégale.
Lorsque le temple eut été renversé , Simon et Jesm demandèrent une entrevue à Titus, dans la bouche duquel Josèphe met un discours plein d'assertions inesactes , et qui se contredit en tout point avec ce qu'il a rapporté Ini-^même de la tyrannie des procurateurs romains. Ils lut répondii*ent en peu de mots qu'ils avaient encore des moyens de défense dans la haute ville; mais que si en leur accordait la liberté de sortir des mnrs aivec leurs familles, ils ks abandonnevaieol sm>
SOIS jrt GVBBBBf*
le^dMinp. Tîhis reftisa , et les cenafeats reeom^ raencèrent jusqu'au septième jour de septembre, f ingt-sept jours après la chute du temple*. Maïs qiuand les béliers eurent entanié la dernière mu* raille , Sîmori et Jean abandonnèrent la place, et se précipitèrent par des chemins détournés et parles àcijuéducs, vers le premier mur dont les Romains eux-mêmes aTaient entouré Jérusar lem. Dans son injustice Josèphe les accuse de s'être laissé, en ce moment, saisir par la peur 3 ce qui lestsmpécha, dit-il, de s'enfermer dans les tours d'Hypicos, de Phazaèl et de Mariam , imprenables autrement que par la femine* Mais la famine accablait depuis long-ten^s Jérusalem,
>** Il n^est pas d'éyépement lugabre qui n'ofire qcttlque èjfhoàe plaisant. Lorsque Tenceiiite da temple eat été enyabie, les assiégée se retirèrent dans une galerie oii ils soutinrent encore le choc ; mais ils manquaient d'eau. Un jeune en£>nt d'une intéressante figure s'approche du côté où étaient les Romains , et les supplie de lui donner à boire : on lui fait signe de yenir ; il s'abreuve à longy traits, et il remplit dVau sa petite cruche; puis, saisissaut un moment où on ne le surveille point, il reyient à t^ttte course à boo. poste. Les Romains le menaçaient de loin en lui reprochant sa perfidie; il leur cria : Je ne m'étais engagé qu'à aller prendre de l'eau , n'ai-je pas accompli la chose très-ponctuellement, qtfavci-yous à me reprocher? ils nepurentff*empécherd*iftnrire( G««ff« judaiq9éy ch. ixim).
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comment donc aaraient-ils résisté dans ces forteresses? An contraire, tandis que les Romains étaient toi^t occupés à s'emparer de la haute ville, ils espéraient forcer le mur extérieur, et gagner la campagne. Leurs efforts ne furent pas couronnés de succès, ils se débandèrent. Jean ayec un petit nombre d'hommes se cacha dans'unacqnéduc, où la foim le livra bien tôt à l'ennemi. Simon, sans perdre courage, réunit quelques uns de. ses compagnons les plus intrépides , les arma de pioches, et leur ayant distribuéle peu de vivres qui lui restaient , entra dans un égoût très-écarté , avec le dessein de renverser les obstacles , et. de se faire une issue dans la plaino; mais le défaut de nourriture ne leur permit pas de soutenir ce pénible travail.
Un jour un homme paraît debout sur les ruin«p du temple, pâle, le front morne, l'œil terrible; une robe blanche l'enveloppe , un vieux manteau de pourpre flotte sur ses épaules. « Qui es-tu, lui disent les soldats romains? — Je l'apprendrai à votre commandant* » Térentîos Rufus s'approche : « Quel est ton nom ? — Simon fils de Gioras ! » On le charge de chaînes , on le destine aa triomphe du vainqueur ; tandis que le cortège rend des grâces aux dieux dans le Capitole , on le traîne sur la place publique , où l'attend le dernier supplice (131) ! Et l'historien Josèphe lui*
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même, dont la modëration intéressée n'avait fait qu'aigrir les esprits , l'historien Josèpbe,repa à la table des eiope^eiirs , ose poursuivre une si grande infortune de sa fallacieuse éloquence* !
Quant à la clémence de Titus, voici des faits que la barbarie des Juifs n'a jamais surpassés. Il
* Si j'aecuaeJosèphe de; servilité, d'avoir favorisé les projets de rennemi par la connaissance qu'il avait des lieux , c'est sur les documens qu'il me fournit lui-même. « Après la prise de Jotapat, dit-il, Vespasien me traita très-honorahlement , etj'épousai par son ordre une femme d^entre les captives... Titus m'envoya ensuite avec Céréalis et mille chevaux, à Tbécua , pour voir si ce lieu serait propre à y établir un champ... Lorsque Titus eut arrangé les affaires de Judée , et que tout le pays fut tranquille , il remplaça les terres que j'avais autour de Jérusalem, par d'autres situées en des lieux éloignés; et quand il retourna à Rome , il me fit l'honneur de me recevoir sur son vaisseau. Vespasien continua à me traiter de la manière la plus lavorahle ; il juCé fit loger dans le palais qu'il habitait avant d'être arrivé à l'empire ; il ne donna le titre de citoyen romain ; il me donna une pension , et ne cessa jamais de me combler de bienfaits , ce qui m'a attiré une grande haine de la part des hommes de ma nation.. L'empereur Domitien, qui leur a succédé, a ajouté de nouveUes grâces à celles que j'avais reçues ; il a affranchi toutes les terres que je possède dans la Judée ; et l'impératrice Domitia a toujours pris plaisir à m'obliger : de sorte que par tous ces détails de ma vie on pourra juger ce que je suis. » ( Vie de Josèpkê, éeriêê par M-méme ).
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est nécessftife de mettre en compte ieur eiagé-^ ration , quoique Femperefir - hii^ménte ait désira qu'ils parvinssent dans cet état à la postérité, et qu'il ait souscrit de sa main à toute cette his* toirc (138).
Lorsque la Tille fut en son pouvoir , il dôno» à ses soldats le pillage et la permission d'y mettre le feu. Gomme les Homains semblaient las de tuer, et qu'il restait une grande multitude, Titus commanda de passer seulement au ûl de Tépée ceux q«i feraient signe de résistance^ mais les S0klats !>'•» tnèi^ent pas moins les vieillards e% les enfans. On enferma dans une partie d» teiii« pie une troupe de prisonniers qu'on avait jugés les plus vigoureux et le plus propre à être jetés dans le commerce des esclaves. Titus (es livra à son aftraschi Fro&ton , avec la liberté d'en faire ce qu'il voudrait. Fronton eo tua une partie , ré^ scrva une seconde partie pour le triomphe, et en envoya une troisième chargée de chaînes en Egypte. Titus de son côté en dirigea un très-grand nombre dans les {krovince^ » po^r les spectacles des gladiateurs ; il vendit U» autres. Étant arrivé à Césarée , il procura au peuple toute sorte de plaisirs , entre autres , de voir expirer un grand nombre de prisonniers juifs forcés de combattre contre les bétes, ou de se charger entre eux com* me dans une sanglante guerre. A quelque temps
do ta , «ne f4l9 « a Toçca^ion d^ laiMiMM^ace de Domiti^n 60D frère, causa encore les ao^oisr 4es et la mort de deux mille cinq ceats prisoaisiiers , dQDt uue partie fut brûlée. ABéritke de pareils diTertifisement soleQnisàrentlaoaîiBsance de «pn père (138). • . '
. Op^ndaut plusieurs chefs, héhre^x étaientparvenus à s'échapper de Jérusalem , et à entrer dans des forteresses importantes, Hérodion.» Macbéron, Massada» Les deux premières cèdeDl^HX efforts de Lucîus Bassus, lieu ton an t- général de ^a Judée» Silya son successeur attaque la troisième où commaudaii Tintrépide Éléazar. Pour résister aux béliers des Romains, les c^ssiégésfont up mur de défense avec des poutres séparées» dont i|^ remplissent de terre TintervaUe. Mais la 0amme lancée du dehors gagne Tenceiote. Éléatar réunit ses guerriers» « Toute défense est impossible ; demain la forteresse recevra nos onnemis, Youç n'ignorez pas le sort réservé à ceux qui tombent entre ses mains. Nous avons été les premiers à prendre les armes , et nous sommes les derniers aies tenir; ne terminons pas notre carrière par la servitude. Le bras de TÉternel a refusé de neus protéger , à cayse des fautes que nous avons commises. Mais il nous est du moins permis de mourir en hommes libres ; c*est la fin la plus glo^ rieuse que nous puissions espérer. » A Taspecl^
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des fenmes et des enfans, nne parité de ses compagnons hésite à exécnter ce qn'il leur propose , de se taer eux-mêmes. « Guerriers juifs, je le répète, souvenez-TOUs de tos sermens, demain YOtts serez au pouvoir du Yaioqueur; sachez mou^ rir! » Un cri unanime accueille ces paroles. Ils pressent pour la dernière fois leurs familles dans leurs bras ; 4es frappent de leurs épées ;tirent an sort dix hommes pour accomplir le sacrifice, et, la flamme à la main , s'offrent eux-mêmes en holocauste à la liberté (134).
O peuple malheureux! après avoir fait la part des temps , des circonstances , de tes erreurs et de ton fanatisme , Thistoire redevenue impartiale ne rendra-t-el)e pas justice a tes grandes actions? ne se hâtera-t-elle pas surtout de constater cette Yérité d'un ordre supérieur, que pour débrouiller le chaos dont tu étais environné, il fallaitune époque où ces mots , peuple ^ loi, indépendance nationale^ égalité, liberté^ eussent reconquis toute leur importance?
Un arc de triomphe, qui dure encore, atteste le prix que les Romains attachèrent au succès d'une guerre soutenue pendant sept ans entiers , et qui absorba , dit-on , quatorze cent mille individus de tout sexe et de tout âge. Quant aux Juifs, ils consacrent une solennité annuelle à cette triste catastrophe. Au milieu de la cérémo-
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nie , QD dri donloarenx se fait entendre; le Toile dn temple se déchire, Jérusaleni n'existe plus!... Toutefois la nation , ne croyant pas' son destin attaché à ses murailles, conserva long-'Iemps le dessein de regagner par la force , ce qae la force loi avait enlevé. Un édit de Trajan, qui les pri- "vait du droit de lire la loi dans leurs assemblées , fut la cause d'une insurrection en Égyptç , qui nécessita Tenvoi de Martius Turbo , avec des troupes considérables. Cet exemple devens^it trop dangereux pour tous les peuples qui n'étaient pas moins las des Romains que les Juifs. Une seconde •insurrection éclata dans la Mésopotamie;' une troisième dans Tile de Chypre, contre laquelle Adrien marcha à la tête d'une armée imposante. 'La victoire resta bientôt aux Romains. Adrien , •parvenu au trône, signa un édit qui défendait aux Juifs de circoncire leurs en fans ; et pour éteindre toutes leurs espérances , il envoya une colonie bâtir, sur remplacement de Jénisalem , une ville qui prit en l'honneur de sa famillele nom SOEHa CapitoUna^ et où il éleva des statues à tous ^ts dieux, entre autres, au bel Antinoiîs! On lui répondit par un cri de guerre ; c'est la dernière convulsion de la force publique armée des Hébreux ; car je ne compte pas diverses réactions partielles qui eurent lieu jusqu'à l'époque où les Juifs , accablés par les circonstances , ont réa-
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lisé ces paroles de Moïse : « Après ayoir fait fuir vos ennemis par sept chemins, vonsfairez à votre toor; on renversera vos murailles ; on vous dispersera chez toutes les nations ; et , dans l'étonnément où vous serez de la masse de maux qui tomberont sur votre tète , vous resterez pendant des siècles sans énergie, sans courage et sans
voix (ias»)« »
Cette dernière guerre émut tout l'empire , et aurait pu avoir d'immenses résultats, si elle avait éclaté quelques années plus tard, lorsque laraoaarchie romaine était a la veille de sa dissolution. Une foule de juifs remplissaient encore la Judée. Doroitien les avait persécutés. Nerva son successeur leur fut au contraire très -favorable. Il leur laissa le libre exercice du culte , et les exempta des taxes qu'on avait mises sur eux après avoir vendu leurs terres. Les académies jadis établies à Jérusalem se distribuèrent dans les villes plus ou moins éloignées de celte capitale ,Bitter , Lydna , Jafné , Gésarée , Zippora en Galilée « Tybériade. Des professeurs j enseignaient la doctrine mosaïque, et s'efforçaient de soutenir l'esprit national. C'est alors que la partie de la loi comprise sous le nom de culte reçut, comme j'en ai déjà parlé, une nouvelle extension qui passait, non sans fondement, pour un des moyens les plus propres à atta^ cher les Hébreux au so avenir de leurs pères,
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delenrconfitUntion publique et de leur patrie. La -répatatk>a que plusieurs de ces docteurs acquirent i avaitrameué en Judée un ti'ès-graod nioiubre 4'éfaigréfi.
Des bandes de partisans ne cessaient de se maintenir dans les montagnes, et de faire une guerre journalière aux Romains» Les édita de Trajan et Tinsurrection d'Egypte avaient accru leur audace. A la noutelle des succès de Martius Turbo il se retirèrent sans renoncer à faire leurs préparatifs , et à porter en. secret des armes et des munitions dans les lieux les mieux fortifiés ou)es {dus susceptibles de l'être. Enfin Tédit .d'Adrien fut le signal. Soixante ans environ après la ruin^ de Jérusalem , l'an 182 de notre ère » le j[uif Goziba, un des chefs des partisans, se mit a la tête de rinsurrectîon , et changea son nom en celui de Barcokébas fih de réteife , par ^lusion À l'étoile conquérante signalée dattsle Peotatenque. «Déjà sa renommée s'étendait au loin, disent les historiens des empereurs; lés Juifs qu'on avait dispersés en tout lieu s'ébranlèrent ; des étrangers mêmes se joignirent à eu^ , et le feu de l'insurrection allumé dans la Judée devenait un embrasement universel qui menaçait tout l'empire. »
Adrien n'avait d'abord attribué à ce mouvement aucune importence ; bientdt il envoya un renfort de tronpea à Tinnius Rnfus , coœm^pdant de
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cette province, qui fut complètement battu. Alors on jugea néce&saire de réunir les meilleures troupes et les meiUeurs eapiinine$ , et on fit venir du fond même de la Bretagne, Jnlius Severus regardé comme le plus grand homme de guerre de son temps (136). Le dessein des chefs insurgés était de livrer soudain une bataille décisive, afin de ne pas laisser refroidir Tardeur de leurs troupes, et de compenser par le nombre et Timpétuosité, ce que les Romains avaient de supériorité dans la science militaire et dans tous les moyens a leur disposition. Severns,au contraire , pensa qu'une bataille décisive, si on la perdait, pourrait devenir un sujet de révolte pour beaucoup tl*autres peuples, et qu'il fallait abattre la chaleur des insurgés en les fatigant. H s'occupa donc à les séparer les uns des autres , à les attaquer par détachemens, à les harceler sans relâche. Tous les disciples des acadétnies s'étaient joints à Barcokébas : le docteur Akiba , qui passe pour un très-savant homme parmi les Juifs , était son principal conseif. Dans tontes les forteresses, dans tous les bourgs qui offraient la moindre possibilité de défense, les Romains eurent un siège à faire. La guerre dura près de trois années, non moins terrible que la guerre de sept ans. Le dernier exploit des armées impériales fut la prise de Bitter; les assiégés s'y défendirent comme i
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Jérusalem, et eurent à supporter toutes les hor« reurs delafaim et de la soif; Barcokébas y trouva la mort. Akiba et ses fils , prisonniers du vainqueur , périrent dans les torttkres. Les historiens romains portent à 580,000 le nombre des juifs tombés dans cette guerre , les armes à la main , sans compter ceux que détrntsirent.lafaim, le feu , les maladies. On peut juger de Tefiroi qu'ils causèrent àTempire par le bruit répandu contre eux, suivant Pusage du parti' le moins rassuré, qu'ils mangeaient les prisonniers et qu'ils les écorchaient tout vivans. La perte des Romains fut aussi très-considérable. Dion Cassius indiqué le souvenir qu'elle laissa, en supposant qu'Adrien , qui n'était pas sorti de Rome , avait écrit au sénat une lettre dans laquelle cette formule aurait été omise : « Si vous et vos enfans vous vous portez bien, je vous en félicite; moi et les armées nous sommes en bon état, n
La grande dispersion des Juifs date de cette époque, après une existence de seize cents ans environ, comme corps politique. Adrien fit renverser tous les monumens qui parlaient encore à leurs souvenirs ; .'les pierres du temple servirent à bâtir un théâtre, et la statue de Jupiter Gapitolîn s'éleva à la place môme où les pontifes d'Israël prononçaient avec une solennité respectueuse le nom sacré de Jéhovah. Il fut défendu sous peine
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d^ mort 4 toot ^it>rea d'entrer daos Jérosaleai. On se relâcha plus tard de cette rigueur, et, une fois rannée seulement, on leur accorda, au poids de Tor, d'aller pleurer quelques jours sur les ruines de leur patrie*
A U force d'activité succéda la force d'inertie qui n'a pas produit des effets moins étoonans. Comme guerriers armés, les Juifs étaient morts à leur poste sur la brèche et dans la bataille* Gomme défenseurs des principes positifs de l'ordre général, ils eurent un nouveau poste à garder où leur consigne fut d'attendre et de souffrir. Cette seconde partie de leur tâche est terminée. La troisième commence, moins douloureuse et plus belle; ils la partagent avec Thumanité tout entière; c'est l'eïplosion de leur force intellectuelle et morale trop long-temps comprimée, dans l'intérêt des lois I des peuples et de la vérité.
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