‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 3)Chapitre 41 sur 60 · LITRE TII. CHAP. U · texte numérisé non relu

LITRE TII. CHAP. U

D*après la Genèse, la femme est envers rhomme un aide semblable à lui; ils forment deux parties distinctes d*un seul être *. Cesi pour cet être même qu'ils sont faits Tun et Tautre, et non pas seulement la femme pour Thomme : leur destinée est de courir ensemble à la recherche du bonheur. Il faut donc qu'un principe commun préside aux dispositions qui les concernent; que la loi travaille avec un même zèle à Taccomplissement de leurs besoins.

Mais pour la formation de cet être unique et fictif, quels rapports ne doivent pas exister entre les de ax parties composantes? Et c'est ici que gft la difficoUé. Les différences qu'offrant, soit an pfafysiqne soit au moral , les individus de l'espèce humaine, sont nombreuses, sont profondes! A quels signes exacts reconnaîtra*l-on lesconve* nances indispensables? Et s'il arrive que, loin d'avoir, pour but de diminuer les chances d*une nauvaise union, la loi ^ les moeurs, les préjugés lecs accroissent, qu'en résultera^t-ir? un jougsoù» vent insupportable, à la place du lien qui devrait dennèr le pUis grand charme a le vie.

*.Qnaad Moïse dit : « Tu accompliras tes festins de réjouissance, toi , ton tîls, ta fille , ton serviteur, ta servante, la veuve , etc.. o, il fait allusion à cela. Ce n'est pas par oubli des femmes , comme on Fa avancé : ne signale-t*il |>ft8r là fiAle , la sérvuiite , la vente ?

PEnESk

De totite part aait donc la nécessité pout» la femcne , comme pour l'homme, de chercher l'ittsiruciton, d'aicqer la civilisation, dont les pi-o^ grès apprennent à discerner les choses ntfites , des choses nuisibles. Par elles leur physique et leur moral seront perfectionnés ; ils reconudi-» tront mieux leur valeur réciproque , et s*il exista toujours entre les individus des dissemblances difficiles à saisir an premier aspect , elles seront renferliiées dans des bornes asse^éti^oites pour ne plus les exposer à des chances t;rop malheu* revses.

Les ieane^ filles étaient instruites de la lof y et élevées pour le» soiiis domestiqiies : en cela eonsistait toute Téducation du temps qui corres^ pondait à celle des hommes. It est trai que lors-^ que rétude des lois devint phis eompliqfiée , les docteur^ i^commandèrent de ne pas diriger (esprit des femmes de ce e6ié , par la raisen qvie leur nature les porte, cfisent-ils, on bien à traiter trop légèrement tout ce qui tient à des doctrines ou à les pousser jusqu'à la dernière exagération (2). Dans l'origine elles ne craignaient pas , riches ou pauvres , d'assister aux moissons , de conduire les troupeaux , de puiser une eau bien* faisante pour le voyageur. « Je suis noire , înais je suis belle , dit la fiancée du Cantique des cantiques, ce sont les regards du soleil qui m'ont

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touchée. » n ne faut donc pa«, à l'exemple de quelques commentateurs , conclure du mot aima y qui signifie emehéey en même temps qaejem^fiUe^ qu'on les cachait à tous les yeux avant le mariage; le contraire se démontre à chaque pas ; leur goût pour la parure en est surtout une preuve frappante. La jeune Rébecca reçoil avec joie auprès du puits où se réunissaient ses compagnes, la bague et les bracelets d'or que lui remit leserviteur d'Abraham; sous Saiil elles aimaient à porter des tuniques de pourpre relevées par des ornemens d'or; enfin Isaïe fait entendre des plaintes amères au sujet des filles de Jérusalem qui marchent avec bruit, le sein découvert, et tournant fièrement les yenx de tous côtés , qui se complaisent devant leurs miroirs, se frisent, se parfument et se couvrent d'oiDemens futiles (3).

Mais il existait deux états différens pour les filles juives comme pour les filles romaines. Dans le premier elles recevaient le nom dea/ma^ parce que leurs charmes étaient encore cachés; dans le second elles devenaient bétoula ^ c*est-à-dire vierge nubile ; les unes et les autres partageaient ie nom générique de naara., qui est le féminin de naar^ jeune garçon, jeune homme.

Dans une civilisation commençante , Tâge et les signes physiques pouvaient servir de base à cette distinction. Une civilisation avancée exige

FEHHBS.

d*antre8 développemens, le terme d'ane éducation qui apprenne blutl femmes leur véritable destinée ; qui leur apprenne qu'elles n'ont pas seulement pour tâche de fournir des enfans au pays et de porter Tordre dans le gouyernement intérieur de la famille, mais de suivre à leur manière les progrès de rintelHgencc et de les seconder de tout leur pouvoir.

Soitqu^ils retracent le bonheur ouïes désastres d'Israël, les prophètes ne manquent jamais de placer dans le tableau la figure des jeunes vierges, riantes ou baignées de larmes *; elles forment comme la jeunesse de Vautre sexe , un véritable corps de TÉtat , dont les intérêts et les droits doivent être continuellement pesés dans la balance publique. Leur nom même est pris souvent pour celui de la patrie entière : La vierge de Sian soupire , signifie que Jérusalem est

* Chose étrange! ches le peuple où la galanterie a long-temps dominé en souveraine , les expressions destinées h rappeler ce qu'il y a au monde de plus intéressant et de plus pur ont toutes été flétries; et nous sommes au dépourvu pour signaler d'un mot Tétre virginal que Ton ne se lasse pas de comparer à une fleur ! Le féminin d'un substantif usité est infâme; le titre dont une Jeanne d'Arc s'honorait , fait rougir ; vierge ne se dit pas ; fille a besoin d'une épithète ; demoiselle est prétentieux ou fitryile ; jeune personne peut s'appliquer indistinctement agx deux sexes.

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en souffrance ; la vierge de Juda , la vierge d'E* phraïm , de Galaad , désignent ces diverses provinces. S'il s'agit au contraire de reprocher aa pays ses iniquités , ses superstitions , ses crimes politiqneSy la vierge disparait pour faire place à une femme dissolue. C'est ainsi qu'avec son énergie ordinaire , Ézéchiel retrace les débordemens de deux filles perverties, Ahola.ou Samarie, Aholiba ou Jérusalem, qui se sont livrées aux Assyriens et aux ChaldéenSy et qui périront de la main de ceux-là même qui les ont déshonorées (4). Mais dès que la patrie se relève , la vierge renaît plus pure , et sourit à ses enfan$ *.

Dans les jours de fête elles se réunissaient pour former , au son des instruniens de musique , ces chœurs des filles de Sion qui remplissaient de joie l'ame des Hébreux, et dont le souvenir leur causait tant de regrets sur la terre étrangère : mais c'est surtout aux noces de leurs compagnes que les jeunes gens se mêlaient avec elles.

Lorsqu'un mariage était décidé , on faisait les fiançailles qui ne pouvaient être annulées qu'au moyen du divorce» Le jeune homme, en présence

* Tontes ces allégories mettent sar la voie de la figure symbolique et judaïque de la vierge du christianisme » mers de rhuman&té morale , et féeondéeparllntelligence ou l'esprit.

de deux témoins , offrait à la fille une pièce d'ar** gent 011 un anneau, et lui disait : « Si tu consens à deTonir mon épouse, accepte ce gage.» Autre-» ment, on dressait un acte , auquel trois témoins apposaient leur seing. Ëofîn il y avait une troisième manière [cohabitus)^ que l'usage souA^it^ et que la jurisprudence réprouva (5).

L'engagement d'une fiHe qui se fiançait ellemême avant Tâge de puberté était nul. Après cet âge le père pouvait retarder les noces , mais non détruire la convention : Tusage avait permis à ce dernier, dans Tintérét de sa fille , de la fian* cer avant la puberté , sous condition qu*il n*use* rait pas légèrement de ce droit. Le refus posté*rieur de cette fille , devenue majeure , ne la défilait pas mitièrement; il suspendait toute célébra«tion : de là les plus graves abus chez les Juift modernes , qui taisaient contracter des unions à leurs enfans à peine sortis du berceau ; mais il est juste de remarquer que leur position même, plus que leur loi, donna naissance à cet abus, attendu que dans la séquestration qu'on faisait d'eui iU éprouvaient le besoin d'assurer de bonne heure l'avenir de leurs enfans.

La jeune fille promise seulement par sa mère ou par son frère, pouvait à sa majorité donner devant les juges un acte de renonciation quirom^ pait tout lien. «Ma mère ou mon frère m'a io-

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duiteen erreur, en me faisant fiancer pendant ma minorité, à tel, fils de tel. Âojourd*hni je m'empresse de tous découvrir mes sentimens ; il ne me plaît point , et je ne puis consentir à demeurer avec lui (6). » Enfin les fiançailles étaient toujours nulles, quand elle y avait été entraînée par violence ou par crainte (7).

L'homme qui séduisait une jeune fille était tenu de l'épouser et de ne plus s'en séparer de la vie (8). Les mœurs les contraignaient plus encore que les lois : et n'aperçoit-on pas toute la puissance des mœurs dans ces paroles touchantÉes de la jeune sœur d'Absalon ? Un de ses frères consanguins, épris d'une passion aveugle, la pressait de céder, lamenaçaitd'employer la force et refusait d'attendre un mariage qui n'était pas proscrit alors entre des enfans d'une mère diffé-» rente : « Oh I non, mon frère, cela ne se fait pas en Israël ; ne commets pas cette infamie. Et moi ; que deviendcai-je avec mon opprobre ? et toi, ne passerais-tu pas pour un insensé ? Va, va plutôt me demander au roi (9). »

Les noces suivaient quelquefois les fiançailles ^ d'antres fois un espace de six mois, un an et plus les en séparait.

Au moment du contrat, la femme ne recevait de ses parens que les choses nécessaires à sa parure et à ses besoins particuliers. C'est le mari

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qui fournissait la dot. « L'homme épouse, dit la loi, après avoir donné ce qu'il faut aux vierges quand on les marie.» Ses motifs étaient, que Vhomme ayant reçu en partagé la force physique et l'activité d^esprit avec lesquelles on obtient les richesses , doit les apporter lui-même dans la famille ; que le douaire qu'il constitue , et qui revient à la femme , en cas de séparation ou de mort, est un dédommagement naturel pour sa jeunesse et sa beauté , qui sont chez elle ce que la force est pour l'autre sexe ; que cette disposition enfin devenait indispensable , pour maintenir la grande division des propriétés qui était le principe fondamental de l'économie publique. La dot provenant du mari paraissait tellement fondée en droit aux jurisconsultes, qu'ils imposent pour obligation à tout individu, do ne pas rester une heure entière seul à seul avec la personne dont il veut faire son épouse; sans l'avoir 'constî* tuée (10).

Conclura -t-on que les Hébreux achetaient leurs femmes ? autant Taudrait soutenir que les 'femmes modernes achètent leurs maris. Cet usage a été commun à plusieurs peuples ; aux Spartiates, aux Germains. Tacite dit en parlant de ces derniers : « La femme ne porte pas de dot , le mari la donne ( Doiem non useor marito sed mcoti marUuê offert), » Et Mahomet qui, suivant sa posi-

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tion, est loin d'avoir aussi mal traité les fppiines qu'on la pi étendu , ne fait que répéter le pi*écepte du Pentateuque, dans ces oiots du Coran : « Dotez vos femmes : attachez-vous-Ies par des bienfaits (11)« » Gela explique sous quelques rapports la plus grande sévérité de leurs lois contre les atteintes au mariage. La fen^me dotée par son époui aurait-elle jeté dans la famille des enfans ayant droit à un bien dont elle avait déjà pris sa part» au lieu de Taccroitre ? la reconnaissance a son pouvoir ; et ici elle semblerait avoir dû s'allier d'autant plus souvent à l'amour, que le choix du mari n'était pas fondé sur Tintérét,

Il faudrait toutefois se garder de croire que cet ordre de choses fût avantageux à la fcmniA dans un état quelconque de civilisation. Si le nivellement de tout son sexe, en effet, la forçait à déployer avec plus de zèle les facultés dont elle est douée, et lui donnait la satisfaction de n'éti*e pas recherchée pour ses propres biens , il pourrait arriver aussi que, malgré toute la liberté extérieure laissée à son choix , l'absence de Tappui qu'on trouve dans une fortune indépendante , la rei^dît fréquemment la proie du plus puissant qn

. du plus riche ; en même temps cette forti^ne no compensant plus> dans une foule de circopstaii-

. ces , les avantages personnels que la nature répand avec ^nt d'irrégularité, il s'ensuivrait peut-

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être iHi entre^crol&étdent moins actif des variété^ indivîdaelles.

La cûDstîtniioti du douaire qui a rapport à Texistedce future de la femme est accompagnée àéns le contrat des conditioBf de son existence actuelle. Elles comprennent trois choses , dont le refus ou Tabus est la source première des dissen** sion^ dotpestiques : c Les alimens , les vétemens coUtén^ables à sa position, et VamUié conjugale.» M o'îsé les indique avec précision , pour que chacun trouve dans le pacte public l'expression de son propre besoin J La jurisprudence étendit dans dix articles les obligations positives que la loi impose aux époux : la nourriture; les vêtemens; }ÊwniHé conjugale; une dot * ; tous les secours de la médecine; les honneurs dé la sépulture ; la * rançon j dès qu*elle est tombée en captivité; l'entretien sur la succession , depuis sa viduité jusqu'à ce qu'elle ait repris sa dot; les mêmes avantages potrr les filles qu'elle a eues de lui jusqu'à l'époque de leur mariage; enfin les droits généraux de fliicciesiion pottr ses enfans (1£).

Au reste, la nature mémo da contrat va prouver éombien on s*est laissé abuser par des usages et des locutions étrangères , quand on a répanda

* Les femmes veuves ou répudiées ne recevaient qa« la moitié de la dot dans un second mariage.'

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que leurs feanues vWaient , relativement aux époques , dans un éXsX de servitude. Quelles que soieot les erreurs d'application dans lesquelles les jurisconsultes juifs ont pu tomber, il est cer* tain que tous lesp^M^cipes ramènent à l'égalité des droits et à une liberté réciproque. Mais aupara*. vaut, ne craignons pas d'eiaminerun principe de notre législation, qui nous semble aussi peu exacl au fond, que mal approprié à Tusage qu'on en fait., d Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari » , dit-on aux fiancés à l'heure où ils vont prononcer le mot qui les enchaîne pour toujours. Mais cette protection, devant la loi, foyer unique de toute protection, que signifie-tr-elle? Chez un peuple sauvage oi Thomme se jetterait violemment sur la première femme qui allumerait ses désirs, je la concevrais < sans peine ; chez des peuples civilisés , le sens qu'on y attache est plus difficile i saisir. Le mari protège- t-il sa femme, quand elle est outragée? ce devoir s^étend à son père , a sa mère , à ssi sœur , à tout être faible. Un étranger généreux peut dans ce cas la protéger contre lui. Protèget-il les biens , les intérêts de son épouse ? mai» en les défendant , il travaille à ses intérêts propres , à ceux de ses enfans. Quels ont donc été les motifs du législateur dans la rédaction de cet article du Code Français?

FSMMSS.

U commence par établir que « si l'homme et la femme sont égaux eu certaines choses , ils ne sont pas comparables dans 4l*autres. » Nuldoute^ B«it8seau Tavait déjà dit, avec toute son élo* cpienoe : « Que la force et l'atidace sont du côté de rhomme; la timidité et la pudeur du côté de la femme* » Mais ici, puisqu'il a parlé des qualités positives qui dominent dans Thomme , ne deirait-il pas, pour «tre juste, mettre en regard les qualités positives quidomioentchez la femme ? Au lieu de la timidité et de la pudeur qu'il oppose avec intention à la force et à Taudace, n'avait-il pas à choisir entre la beauté , la sensibilité, la grâce, et d'autres attributs? « L'homme et la femme, ajoute-t-il, ne peuvent partager les mêmes travaux, supporter: les mêmes fatigues; ni se livrer aux mêmes occupations. Ce ne sont point des lois, c'est la nature même qui a feit le lot de chacun des deux sexes.» Nul doute encore* « La femme a besoin de protection , parce qiielh eêtphis faible; l'homme est plus libre, parce qu'il estphts fort, n Quel argument! Sans doute le plus faible a besoin de protection ; mais, la différence essentielle entre Tétat. de nature et un bon état de société consiste en ce que, dans l'un, il reçoit de la loi et de son droit cette protection, même , tandis que dans l'autr&il ne peut l'obtenir que de la force. S'il est de toute vérité quef le carac-

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tère d*OD pays on les lois régnent est deprotéger le plus faible contre le plos fort, qa'a prouvé le légisUteor après avoir établi la faiblesse de la femme et la force mnscnlaire de Tbomme?

qae loin de la ptaosr soas sa protection immédiate, c'est contre lai surtout qu'il &nt qae la loi la protège. Et d'aillears, que signifient ces paroles pen réfléchies qui mettent la liberté dans la force; ces paroles, dont les conséquences conduiraient à la désorganisation sociale, et qui ne furent sans doute inspirées que par le temps où une république périssait, pour faire place à un empire : « L'homme est pins libre parce qu'il est plus fort! » Non. L'homme civilisé , au contraire, n'est fort que lorsqu'il est libre; il n'est libre que lorsqu'il est juste , lorsqu'au lieu de prétendre à protéger les autres , il ne s'occupe qu'à se protéger lui-même contre son orgueil et toutes ses passions*

« Enfin la préëminence de l'homme est indiquée , a-t*on dit , par la constitution môme de son être qui ne l'assujettit pas a autant de besoins, et qui lui garantit plus d'indépendancepom* l'usage de son temps et pour l'exercice de ses facultés (18). » Nouvelle inexactitude. Il aété reconnu .que les travaux et les occupations'» de Vhonime et de la femme sont différent ; la nature a accorilé à ooUe-ci tout 1^ temps et tous les icnoyens qu'il

h^ finit pour «çcotoplii* tkoo les trarAlix du pro^ meir, mais t?s siens prçpres : la prééminence p'ej.iste doiic pas sur ce point; ils peuvent fiiire qbaoqn tont çe.fm'iU sont tei^usde faire;: leur ^alité devant la loi reste ffeu*faite« ' Mais allokïs plus loin : adra^Hons que lelé^ gislateui^ait euiraisc^n en principe, e^nque sa rédaetion exprime convenablement le droit, 4« moins a^t-il mal jugé le cœur humain , surtout le caraqtère de son peuple* Est-ce une chose gêné* rense de rappeler au faible son impuissan<^e » de se targuer d'un avantage que ce derni^ appr^-^ cierait mieux si Tantre savait l'oublier ? Quelle impression feront sur la femme des paroles qui lui annoncent un maître au moment même ci le sentiment du triomphe devrait seul remplir son cœur!

El certes , tout en poursuivant la rigueur des principes, je suis bien loin de méconnaître ces dispositions particulières que j'appellerai ,.si Ton veut, protection morale , obéissance morale , ces dispositions en vertu desquelles nous aimons a nous appuyer sur un être qui a plus de fprce^ plus d'expérience , plus de sagesse que noi|s;.#Q vertu desquelles nous trouvons, indépendamment même de toute exaltation de nos sens ou de tios âmes, du charme à ^dcvaticer sa volonté. Mais en ceci la loir positive n'est rien; son oi^don-

LIYEB Tn.—- CHAF. I«

nance tue au cooiraire des sentimens q«i s^élabliraient sans elle. La protection ponr fous, Tobéissance de tous^ Toilà le devoir de la loi et son droit souverain. Elle ne peut s'en départir en faveur des uns excli^ivement aux autres, sans quoi elle passerait it la tyrannie , elle aliénerait le respect eu à sa majesté , elle ne serait plus la loi. Si les femmes en Egypte étaient très»hoii«rées , rien ne prouverait mieux la sagesse de ce pays ; mais on dit que dans les contrats la plus grande autorité leur tombait en partage , et que les maris leur promettaient en tout une entière obéissance (14). C'est Tautre excès, que je ne prendrai pas la peine de combattre.

Voici le modèle littéral des contrats de mariage hébreux , qui remonter aux temps les plus reculés.

En l'année. ... le jour. . . du mois de. . .

Benjamin fils de. . • a dit a Kachel fille de. • • Deviens mon épouse selon la loi de Moïse et d'Israël. Je promets de f honorer, de pourvoir à ton entretien , à ta nourriture , à tes vétemens , suivant la coutume des maris hébreux qui honorent leurs femmes * et ^i les entretiennent

* Lt ym£ Sattl , devenu célèbre sous le nom de saint Paul, cfaiingea le précejai^ et dit : « Femmes, honores vos maris, craignez vos maris tmaris^aimez^vos femmes.» Mais rhomme qui a le sentiment de son pouvoir a-t-il

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comme il conTient. Je te donne d'abord. ... la somme adjugée par la loi '^ , et te promets , outre des alimens, des habits^ et tout ce qui te sera nécessaire, l'amitié conjugale ^ chose commune à tous les peuples du moirdi^ Rachel a consenti à devenir Tépouse de Benjamin , qui , de son plein gré , pour former un doaaire en rapport de ses propres bien« , ajoute à la somme précédemment indiquée, la somme de. . • (15),

La célébration du mariage n'est qu'une cérémonie de famille, dans laquelle les sacerdotes ni les lévites ne remplissaient d'emploi nécessaire. Le père servait de pontife ; il plaçait la main droite des jeunes gens l'une dans l'antre, et leur donnait labénédiction nuptiale, «c Que le Dieu d'Abraham et de Jacob soit avec vous , et qu'il vous fasse

besoin de s'écrier , honorez-moi? et la femme qui possède principalement les moyens de plaire , n'a-t-elle pas quelque certitude de plus de se faire aimer? Thomme d'ailleurs ayant beaucoup à perdre a ne pas être aimé de sa femme , il semble plus convenable de dire : « Femmes , aimez vos maris » ; et le faible , éprouvant un penchant naturel pour le fort qui Thonore, plus convenable et plus moral de recommander aux maris d'honorer leurs femmes.

* Cette somme de deux cents pièces d'argent formait le noyau^de la dot, et devait être expressément stipulée dans tous les contrats.

LIYBB VII. CHAF. I.

prospérer en toute chose: agissez Tertuenseioent, je Yous bénis (19). »

De nos jours les Israélites simulent les anciens usages sons les yeux des rabbins , qui représentent, non les sacerdqtes, mais les magistrats d'antrefois. Le jeune homme et la fille couverte d'un voile sont assis sous un dais. On leur lit le contrat en langue hébraïque y et les passages de la loi qui s'y rapportent. Le fiancé met une bague au doigt de sa compagne : « Que cet annean t'unisse à moi selon la loi de Moïse et d'Israël. » Le rabbin ou un proche parent verse du vin dans une coupe I en goûte, le donne à goûter aux époux : « Béni soit l'auteur de toute chose , qui a fait la joie de l'époux et de l'épouse ; qui fait revivre Sion dan& ses enfans ; qui a créé la gaité, l'amour, la fraternité, l'amitié et la paix (17). » Alors on jette quelquefois uéb poignée de froment, symbole d'abondance , et un jeune enfant brise le verre , soit pour que d'autres lèvres n'en approchent point, soit pour donner le signal aux plaisirs *.

A la bénédiction paternelle succèdent les fêles.

* n en est qui interprètent cM comme un signe de la fragilité da bonheur , d^autres comme un souTcnir de la destruction de Jérusalem. Je n'ai pas besoin de dire que tous les détails des cérémonies Tarient beaucoup suivant les pays.

•qui jadis duraient fteptjoiirs , après lesqnds on .conduisait en grande pompe Tépouse, d^ s<i propre maison à celle de son époux. « Eéjouissons^ nous; mangez, buvez , mes bons an^tis » ^s'éicriait le jeune homme.

De son côté, Tépouse était entourée de $ts compagnes, dont les toîx se réunissaient pour chanter ses louanges : « Qui est celle^'ci, disaientelles dans rhyperbole orientale à la Sulamite , qui s'avance mollement appuyée sur son bien-aimé , qui paraît belle comme laube du jour , fraicbe comme la lune,au$si brillante que le $oleil(18) ? »

Le soir on la conduit à la couche nuptiale, dans la chambre même de sa mère , qui là lui a cédée. Le jeune homme accourt. Mai9 il avait à peine accompli Thymen, qu'il revenait au tuilieu de ses amis, comme les Spartiates qui , daps Us mariages cherchaient à conserver les désirs, ei .qui se montraient en toute circonstance soumis aux volontés de la patrie. Pendant la semaine en^ tière des noces , l'amitié , souvent importune , disputait le feune Hébreu aux plaisirs de Ta* mour.

La mère et d'autresfemmes retournaien,t auprès de répoi)se , pour satisfaire à un antique usage (19) et pour rassurer son cœur, jusqu'au moment où le sommeil s'emparait d'elle.

« Filles de Jérusalem ! dit l'époux aux corn*

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pagnet , dans ce Cantique des Cantiques , où sont dépeintes sons des formes si brûlantes et si gracieuses les Tolnptés de denx jeunes amans à qui le lien conjugal permet de s'abandonner à toute leur ivresse y filles de Jérusalem! je tous en conjure par les chevreuils et par les biches des champs, ne troublez pas celle que j*aime ; ne la réveillez pas ; que son sommeil finisse en paix. » '

Mais déjà elle cherche celui qui possède son cœur, et elle ne lei trouve point ; elle l'appelle, il ne répond pas. ■ Filles de Jérusalem , je vous en supplie i si vous trouvez mon bien aimé , vous lui direz que je languis d'amour. — Où est-il allé ? quelle route a-t-il pris ? G la plus belle des femmes! viens, nous le chercherons avec toi. — Mais il a échappé à ses compagnons, le voilà caché derrière la muraille , regardant par la fenêtre , se faisant voir par les treillis. Mon bien-aimé est à moi, et je lui appartiens ; reviens donc auprès de de ton amie , avant que l'air du jour ne souffle et que les ombres ne s'enfuient; reviens aussi léger que le chevreuil on que le faon des biches qui bondit sur les collines. »

Enfin rÊtat, sensible à leurs plaisirs, s'écrie : 1 Tout homme nouvellement marié n^ira point à la guerre et ne sera tenu de remplir aucune charge pendant un an entier ; mais il restera chez laii occupé seulement ii plaire à sa femme (90). »

FEHltES. B41

Onadëjà vu Tordre irrévocable de ne pas s'allier ayec les fainilies cananéennes : Moïse défendit aussi plusieurs mariages à cause de la con* sanguinité ou de laffînité. Point d'union entre le père et ia fille , la mère et le fils , le frère et la soeur, la petite-fille et Faïeul , le neveu et la tante paternelle ou maternelle; mais cette dernière prohibition ne s'étend pas au mariage de Tonde avec la nièce, parce que la qualité d*oncle n'oifre pas de contraste avec celle d*époni. Le fils et la marâtre , le beau-père avec la fille ou lapetite-fiHe, le gendre avec sa belle-mère , ia belle- fille a?ec le beau-père , ia tante et Tépoux de la nièce , le neveu et la tante par alliance , ne contracteront aucun lien ; ni même un homme avec la sœur à'e sa femme ou avec Tépouse de son frère , quand celui-ci n^est pas m'Ort sans enfans (21r).

• Mais s'il ne laisse aucune postérité , la loi fait an contraire une obligation au survivant de prendre la veuve pour femme. C'est ce qui constitue la lévireOion.on le lévirat , detit le but est d'obtenir un re|eton qui succède a tous lès biens du défunt, qui porte son nom et qui soit censé lui appartenir en toute chose.

Ce devoir sacré de la fraternité remontait aux siècles les plus anciens ; il n'enchaînait pas d*nne manière absolue la liberté des contractans , par les motifs qui seront bientôt exposés.

84St UTRB yn.-— CHAF. i.

Toatefoîs le frère pooTait s'y refuser : mais cet outrage à la mémoire da défîiDt le soumettait lui-même à une céramonie humiliante.

Les magistrats le faisaient Tenir devant l'assemblée , et s'il persistait, la Teuve lui ôtait son soulier, suivant les uns, son gant, suivant les autres , car c'était une ancienne coutume en Israël, dit le livre de Rath, qu'on dtâtle soulier on le gant, et qu'on le donnât a son prochain, pour témoigner qu'on cédait certains droits. En même temps elle crachait à terre devant lui , en signe de mépris * j et elle devenait libre d'épouser un autre homme. L'acte dans lequel ces faitt étaient consignés s'exprime en ces termes : uDans ce jour* ... du mois de l'année* . . . depuis la création du Monde, nous, juges, appelés a former le tribunal des Trois , nous nous sommes assis pour rendre le jugement. Sara , fille de. • . veuve de. • . . a fait comparaître devant nous

Azaêl fils de et nous a dit : Mon mari est

mort sans laisser ni fils ni fille pour hériter de ses biens et conserver sa famille. D'après la loi, il appartient à son frère de me prendre pour

* Un règ:Iemeiit particulier exemptait le roi du lévirat, «fin de ne pas Texpoter aux conséquences du rrfus. Le pontife, ne devant épouser qu*une yierge, se trouvait hors de son atteinte. {Misçhnat tom it, p. 2,6).

FBMHBS. 84S

ëpoiiso, demandez-lui s'il est dans cette intenfiofi* Après nous être assurés qu'il est réellement le frère du défunt, nous lui aTons dit : Si tu veux satisfaire au droit du lévirat, réponds : autrement , qu elle remplisse les formalités ordinaires. Alors elle a fait selon l'usage, et elle s*est écriée: On se conduira ainsi envers l'homme qui refusera de relever la maison de son frère, et on l'appellera le déchaussé. Et nous , juges et assistans , nous avons répété trois fois ce nom. Sara est donc entièrement libre de prendre pour époux l'homme qui lui conviendra ; c'est pourquoi nous avons écrit et signé cet acte de renonciation , et le lui avons donné pour qu'il lui serve selon le droit de Moïse et d'Israël (22). »

Les occupations purement domestiques des femmes se réduisent à sept, d'après les docteurs : pétrir le pain et le faire cuire ; laver , préparer les cdimens; disposer la couche; travailier la laine y et nourrir les enfans. Celle à qui la fortane de sa maisoi^ermet d'avoir des servantes peut se dispenser de la plupiart de ces soins. Mais, quelque riche qu'elle soit, disent Êliézer et Siméon , qu'elle se garde de se livrer à l'oisiveté , qui est la source première des dissensions domestiques; qu'elle ne s'abandonne jamais à la mollesse , et qu'elle ne soit pas délicate au point de craindre, corâme l'exprime le Beutéronome,

LITEE fil. CHAP. I.

de poser pai* teiTe la plante de son pied (23).

Quant à ses qualités morales, Salomon les retrace dans le portrait de la femme forte : « Elle est aimante, habile, activée; elle tend la main à Taffligé; elle parle a^ec discernement , et la loi de charité est toujours sur ses lèvres ; ses enfans. la bénissent chaque jour à leur lever, et son mari dit : Plusieurs filles ont été excellentes, tu les surpasses toutes : la grâce trompe , la beauté s'évanouit; mais celle qui te ressemble , mérite sans cesse des louanges. » C'est la femme qui donne à ses enfans la première instruction , qui grave les premiers sentimens dans leurs cœurs. « Malheur à l'homme qui méprise l'enseignement de sa mère! s'écrie la Sagesse (24). »

On a TU que les anciens des villes remplis^ saient les fonctions de tribunal des mœurs , et offraient des garanties bien autrement puissantes que le tribunal domestique des Romains , où le mari avait seul le droit d'accuser, où l'accusateur était aussi le juge. Us écouttîent également la femme et Thomme qui réclamaient la juste exécution du contrat. L'homme était-il reconnu coupable; on le censurait et on le condamnait à augmenter la dot; était-ce la femme, on diminuait progressivement cette dot. En même temps un ancien allait lui adresser des représentations paternelles ; si elles ne réussissaient pas , on avait

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