‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 4)Chapitre 20 sur 69 · FORMATION DE LA LOI · texte numérisé non relu

FORMATION DE LA LOI

Apres avoir exposé les principes qui servent de fondement à la loi , considérons cette loi même sous son aspect le plus général ^ et faisons connaître^ premièrement, ses conditions intimes; secondement^ le mécanisme au moyen duquel une proposition ou une série de propositions qui prescrivent de faire ou de ne pas faire -jcertains actes , acquièrent le caractère de loi ; troisièmement enfin , la nature de l'influence que cette loi formée avec régularité doit exercer sur l'association publique. Ainsi, avant de porter toute son attention sur les nombreux détails d'un monument, l'observateur s'efforce d'en saisir l'ensemble et de s'élever aux principales pensées qui en ont dirigé l'exécution : et certes , il est inutile de répéter que je suis loin d'avoir cru un

FORMATION DE LA LOI. gS

seul moment que Fauteur du Peutateuque soit passé d'une idée à l'autre y dans Tordre que j'adopte moi-même • Personne n'ignore que toute <B)iyre de génie et d'inspiration y dans quelque genre que ce soit, renferme des règles certaines auxquelles n'avait pas songé l'homme qui les a conçues.

Qu'on écrive tous les rapports publics et privés qui unissent les membres d'un peuple quelconque et tous les principes sur lesquels ces rapports sont fondés ^ il en résultera un ensemble complet, un véritable système plus ou moins raisonnable , qui sera l'expression exacte de la manière d'exister de ce peuple « Or , cet ensemble ou ce système est ce que les Hébreux appellent la toruy la Joi ou la constitution pu-*

blique , en prenant ce mot dans Iç sens le plus étendu *.

Cette loi sera donc composée de plusieurs séries de propositions distinctes. Les unes établissent les rapports généraux des citoyens. Les

* Le mot hébreu tora dérive, d'après les uns, de la racine iàrah, qui signifie , il a mis sous les yeux, il a proposé , il a enseigné : d*où toi a y ce qui propose, ce qui enseigne au peuple les conditions de soin existence et de son bonheur. D'autres le font dériver de la racine thour^ il a recherché avec soin , exploré , scruté ; d*ou le substantif tor, qui veut dire disposition, forme, condition d'une chose ; d'où tora, condition , forme , disposition , CQnstitution du peuple. ( yoy, le Lexiq. de Sanctès. Pagninus aux mots ùcrah et ihout. )

autres, qui sont les lois proprement dites y ordonnent ou défendent certaines choses, en menaçant les réfractaires des peines que la nation inflige ou fait infliger pour la sûreté de to.us ses membres; celles-ci prescrivent de siinples mesures réglementaires; celles-là enfin, sous le nom de préceptes, tracent des devoirs à remplir , sans autre menace pour celui qui les enfreint , ou pour le peuple chez qui ces infractions se multiplient , que la menace morale des maux qui, dans Tordre des choses, accompagnent toujours l'outrage à la suprême raison *• Mais toutes ces propositions doivent découler d'un même principe , toutes se soutenir les unes les autres, et tendre vers le même but : d'où s'ensuit la première condition de la loi qui est son unité y correspondant à l'unité de la personne publique.

Comfnent concevoir, en efîet, que la vérité et le bien puissent se rencontrer là où il existe des contradictions infinies entre les vœux de la politique, ceux de la nature, de la religion

* Le mot michpaty au pluriel mischpatim, de la racine cha^ pat, il a jugé, signifie plus particulièrement les droits, les lois, les jugemens et toutes les déterminations raisonnées d'intérêt public. Le mot choukim signifie statuts, règlemens, et dérive^ de la racine chàkak,i\ a décrit, dépeint, établi. Enfin le mot mitzua, au pluriel mitzvot, dérivé de la racine tswi^, il a recommandé, prescrit , commandé veut dire précepte ; mais ces diverses expressions s'emploient très-sooyent les unes pour les autres.

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