FORMATION DE LA LOI. I
coûtradictioDS que les défenseurs de vos doctrines n'en ont reproché aux philosophes !
Mais si la parole du Jéhovah est la vérité; si elle expiiiue ce qui est , et ce qui doit être , que fait l'approbation d'une multitude? Elle prouve que l'homme supérieur par qui elle est répétée , l'a réellement entendue ; car cette parole devant renfermer l'expression des besoins de chacun , doit être intelligible pour tous. D'ailleurs, lors même que la sanction serait tout illusoire , par cela seul qu'elle est réclamée, le législateur reconnaît qu'il ne peut rien par lui-même, et que l'obéissance des peuples, à quelque ordre que ce soit , a pour base nécessaire leur propre volonté.
La loi n'est donc pas seulement une règle, comme la définit M. de Bonald "^^ mais une règle revêtue de l'assentiment de tous. Elle n'est pas seulement l'expression de la volcmté générale , ^ comme dit Rousseau, mais l'expression de la vérité politique sanctionnée par la volonté générale. Son caractère propre est indestructible. Une règle imposée, quelcpie bonne qu'elle soit, conduit au despotisme ; et , malgré la volonté de la plus grande' multitude , une chose mauvaise et contraire aux principes ne sera jamais la loi. Par la même raison, quoiqu'on s'entende très-bien stfr le sens de ces mots , loi
lia LIVRE I. — " GIIAP. n.
rence, sans être en opposition avec les ordres de la loi , il fallait négliger ceux-là pour ceux-ci , attendu , disaient les anciens , que le commandement du serviteur doit passer après celui du maître r il n'est pas besoin d'observer qu'il ne faut pas obéir quand l'ordre est contraire à la loi : Dicere ml opus est si qiUd contra legem decerneret ; prorsus enim nonparetur ^'. « A qui s'adressaient surtout les discours et les censures des prophètes? s'écrie don Calmet, à ces Israélites faibles et relâchés, à ces Israélites mitoyens qui, n'ayant pas assez de résolution pour résister aux ordres et à l'autorité du roi , conservaient '* d'ailleurs un fond de crainte de Dieu et de respect pour ses lois ^'. »
Enfin, la pompe religieu3e environnera cette loi même : elle sera invoquée chaque jour comme le plus excellent protecteur , le plus fidèle souverain ; et la formule politique et sacrée de l'Etat, à laquelle nous sommes arrivés par une méthode presque mathématique, sera à jamais : Jéhos^ah^ Israël^ Tora; Dieu, la nation, la loi.
La théorie précédente mérite que le lecteur y réfléchisse. Elle montre dan# la science politique l'unité nationale pour base , l'égalité politique pour moyen , la liberté pour but ; et une espèce de trinité de principes, sous ce rapport, que l'unité est toute dans l'égalité , l'égalité dans la