‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 4)Chapitre 38 sur 69 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

rente à rhomnae ; cette activité qui comprend les forces physiques qu'il tire de lui-mêùie et èelles que son intelligence sait mettre en mouvement : la troisième est la forme définitive ou le produit y c'est-à-^ire tout ce qui sert d'une manière directe à nos consonlmations personnelles. ,

Ces trois formes des richesses doivent se trou-, ^^er réunies pour constituer la richesse absolue ; • leur développement ou leur détérioration marchent d'tin pas égal : ainsi les produits i?e multih plient et se bonifient d'autant plus qu'on travaille sur un fonds meilleur, sur des matières plus exquises, et qu'on déploie plus d'activité ; ces produits vont en sens inverse , quand l'activité de l'homme et la valeur ou la quantité du fonds et des matières décroissent.

Pour qualifier d'un seul trait la situation financière des individus et des peuples, on pourt'ait donc appeler vrai riche celui qui possède une quantité de fonds ou de matières proportionnée à son activité , de sorte que ses produits compensent et surpassent ses besoins; diç^eXerfaux riche celui qui , possédant un fonds ou des matières premières^ obtient avec eux des produits qu'il consomme sans rien produire lui-même; malheureux celui qui^ ayant de l'activité , n'a ni fonds ni matières pour pro«^

duire ; enfin misérable celui qui n'a ni fonds ni activité.

Mais puisque le produit , ou la forme des richesses , qui se consomme immédiatement pour la satisfaction de nos besoins y de nos désirs ou de nos caprices, est lé résultat du travail de l'homniesùrune matière quelconque , ne faudra- Iril pas , pour obtenir cette richesse définitite , cette richesse de consommation , qu'il vive dans , un état social où son activité se développe sans obstacle, qu'il jouisse d'une entière liberté; laquelle , comme le dit Montesquieu, et comme l'a prouvé l'expérience, procure plus de moyens pour satisfaire les besoins que la nature donne ^ ?

Bien plus; comme la terre est la source première des productions les plus nécessaires à la vie et de la plupart dds matières sur lesquelles s'exerce l'activité humaine, n'accordera-t-on pas le plus grand honneur à l'agriculture , dont les , efforts fournissent un aliment perpétuel à l'iti-» dustrie et au commerce ? Le peuple qui agirait autrement, qui oublierait ce qu'il doit à la mère commune, deviendrait tributaire pour ses besoins essentiels, d'autres peuples qu'il rendrait tributaires à leur tour, mais pour des besoins de second ordre. Dans cette catégorie, lorsque des circonstances naturelles rompraient les communications pour un temps plus ou moins prolongé ,

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lorsque- des cbangemens dans les habitudes ou dans les désirs donneraient un autre cours aux demandes qui lui étaient adressées^ la souffrance réelle serait tout entière pour lui.

A la tête d'un certain nombre d'hommes qu'il put diriger à son gré , Moïse les destina surtout à l'agriculture, sans leur interdire ni l'industrie ni le commerce , comme on l'a si souvent prétendu; car ces trois, choses sont tellement liées, que celui qui favorise l'une , fait déjà du bien à toutes les autres. Auparavant ils étaient pasteurs, mais cet état ne convenait plus à un peuple qu'il voulait établir d'une manière fixe , et dans le sein duquel il déposait des doctrines dont la conservation lui paraissait indispensable au bonheur de l'humanité.

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