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gées vers toutes les parties de ce vaste continent , et avaient pénétré dans le cœur de l'Afrique , soit par l'isthme de Suez, soit à travers la mer Rouge*, Au dire des géographes, TArménie est un des plus beaux et des plus fertiles bassins de l'Asie , le centre 4^ l^i distribution des eaux de cette contrée vers tous les points de l'horizon \ Et c'est dans l'Arménie même, à ce qu'il parait , que les populations sorties d'un tronc principal se divisèrent ; elles suivirent le cours des fleuves, et de proche en proche , arrivèrent à des époques peu éloignées sur les bords de la Méditerranée , aux embouchures de l'Euphrate , de rindus , du Gange et jusque dans la Chine.
Les prétentions de chacun de ces peuples à une antiquité beaucoup plus reculée que tous les autres manqueraient donc de fondement solide, et l'assentiment que les philosophes du dernier siècle ont accordé à quelques unes de ces prétentions mêmes, reposerait sur une fausse induction.
Les progrès des sciences et des arts dans un
* On concevrait d'après cela que TÉgypte eût compté parmi ses peuples des tribus venant en ligne directe du Nord, et des hommes qui , après s*étre portés vers Téquateur africain^ seraient remontés vers la Méditerranée. Tant que l'hypothèse, dont je reparlerai dans la suite, et qui donne plusieurs souches différentes à la race humaine, n'est pas prouvée, nous devons nous en tenir à cette opinion , autour de laquelle se réunisst^nt jusqu'à présent toutes les probabilités.
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, même lieu n'ont rien de régulier. Si à certaines époques ils marchent avec lenteur, il en est d'autres où l'intelligence humaine parcourt avec une incroyable rapidité la plus longue carrière • Faudra-t-il conclure du temps qu'elle aura mis dans le premier cas, le laps de temps écoulé pour le second? Non, sans doute : ne voit-on pas l'enfant qui bégaye à peine quelques mots acquérir en peu de jours un accroissement de connaissances dont aucune autre période de la vie n'offre l'exemple?
Ce que je dis s'applique au grand âge qu'on s'est plu à donner à la race humaine. Qu'une nombreuse série de siècles soit passée depuis que la terre a été lancée dans l'immensité jusqu'au moment où l'homme a paru à sa surface , cela est indubitable : mais que l'espèce actuelle remonte à des temps disproportionnés à ceux de la tradition mosaïque * , à trente mille ans et au-delà , comme on l'a prétendu , je ne le pense point. Tous les faits et tous les raisonnemens auxquels on a eu recours sont loin de fournir une preuve décisive ; et en supposant que les monumens historiques et physiques éta-
* On pense bien que quelques mille ans de plus ou de moins seraient ici sans importance. De même découvrirait -on des peuples anciens dont Texistence eût été cachée jusqu'à nos jours, cela ne changerait tien à IVtat de la question.
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blissent une balance égale entre les deux opinions , eUe pencherait encore pour la dernière , au moyen des deux inductions suivantes : la majeure partie du globe est dépeuplée , et il y a peu de siècle^ que ce défaut de population était bien autrement considérable. La raison générale de l'espèce ne brille que faiblement , même sur les points où elle a le plus avancé ; et il y a peu de siècles qu'on ne la comptait pour rien. Non., la race humaine n'est pas si vieille sur la terre ; il faut le reconnaître pour n'en pas désespérer.
Le sol et le ciel que rencontrèrent les populations dispersées en Asie et en Afrique, eurent la plus grande influence sur le développement de leurs facultés. L'homme est partout et en tout temps le même : ses besoins fondamentaux ne changent point. Comme partie du règne animal ^ soa^ existence se réduit à ces choses : se mouvoir, s'alimenter et se reproduire :
comme être spécial , distinct de tous les autres , sa destination essentielle est d'aimer et de penser. Mais pour que ces facultés arrivassent au plus haut degré d'extension et au meilleur équilibre , il fallait des impressions diverses, dont les unes seraient provoquées par les agens extérieurs, les autres par ses propres forces intérieures. Il devait s'exercer sur tous les
objets à portée de son bras; subir l'épreuve de tbus les sentimens possibles ; se mettre par la pensée en rapport avec tout ce qui existe . De là les chocs qu'il a soufferts , les illusions , les déceptions, les erreurs qui ne lui ont pas été épai^ées. « Soumets la terre , lui avait dit l'Eternel , et domine sur elle , mais à la sueur de ton front. »
Bien plus , une véritable solidarité lie toute l'espèce. Un homme, une famille, un peuple ne peuvent être long-temps heureux , au milieu des pénibles agitations des autres : c'est pourquoi les plus grands efforts de civilisation sur un point donné ont toujours rencontré des obstacles invincibles ; c'est pourquoi l'on a dit que les Etats parvenus à une certaine hauteur , passaient nécessairement à la décadence. Mais cette décadence partielle n'a jamais été un mal. Les fragmens d'une grandeur brisée sont devenus autant de germes qui , en se répandant au loin , ont produit des grandeurs nouvelles : et l'aspect des ruines , loin d'affliger profondément le cœur, doit au contraire inspirer cette pensée consolante , que l'homme , quand il a renversé ses propres œuvres , était comme poussé par le secret instinct qu'il avait de mieux faire.
L'élat des peuples chasseurs les disposa bienlot à la guerre : aussi regardons-nous comme