‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 5)Chapitre 37 sur 73 · FORMATION DE JLA VERRE. ^^Q · texte numérisé non relu

FORMATION DE JLA VERRE. ^^Q

à être concise , et qu'il n*j «rail rien de plus cooTenable pour le législateur^ qued'ofikir tii^ idée familière^ sur ^quelle a'appilyât rinstitu*tion du jour de repos développée dans les pf^ miers chapitres de notre ouvrage ^.

Dès qu'elles eurent subi l'élaboration nécessaire, les noires vapeurs qui donnaient à l'atmosphère une espèce de solidité > prirent un autre aspect : elles se détachèrent peu à peu dis la masse des eaux, s'élevèrent pout* former la région des nuages, et plus haut encore à des distances où ou ne les aperçoit point; de sorte qu'il resta enûre elles et la surface de la terft une vaste étendue , t^airy que l'auteur de la Genèse désigne sous le nom de ateuœ ^*^ Tel , ïi l'on peut comparer de grandes À de petites choses, nous voyons, durant une matinée d'au^ iomne, im brouillard grisfttre, au sein duquel

* M. Tabbë Frayssinoos, dails ses conféreaces , où il invoqoait

quelquefois la raison, a adopté cette explication dts six jours.

Les andeiM Toscans ou ÉtnirieDS croyaient, dit-on, que Dieu mit

six périodes de six mille ans chaque à la création. Les Persans, que

teè six périodes, ou gahanbara, n'embrassaient qu'une année de

trois cents soixante-cinq jours. Les Cbinoia que Texistence da

monde depuis sa création jusqu'à sa destruction, devait parcourir

douze heures ou périodes, dont chacune embrasse dix-huit mille

dnq cents ans : à la douzième heure on minuit , les deux forent

faits i la terre à une heure après minuit ; l'homme à deux heures ,

l'âge dans lequel nous vivons est la septième heure. {SuuUu,ffjrde, Maninùis, )

** Le mot chamaim , cieux, dérive du mot cham, qui veut dire ih , le haut , la hauteur indéterminée.

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toul semblé confondu , s'entrouvrir^ quitter U tçrre, s'élever en épaisses colonnes de la surface des fleuves et du sommet dSs montagnes, et devenir une épaisse voûte nuageuse qui s'oppose aux rayons du soleil. C'est à Taccomplisseinent de cet effet physique que fut consacrée la deuxième époque.

Tandis qu'une partie des eaux primitives gagnait les hauteurs de l'atmosphère, l'autre partie formait les mers, et laissait à découvert la terre ferme. Alors fut achevée la séparation générale de l'air^ de la terre^ et des eaux; séparation en quelque sorte retracée par la fermeiitation subite d'un certain nombre de matériaux soumis à une combinaison réciproque.

Une masse liquide dans laquelle réside surtout la force motrice , les tient en dissolution ; une agitation bruyante, un chaos véritable est produit; une vapeur épaisse s'élève, une partie solide se précipite; le calme renaît alors sur l'élément liquide ; et la vapeur condensée à la voûte du vase, figure, pour ainsi dire, les eaux supérieures, qui sont séparées du liquide inférieur par un air devenu transparent.

A peine le globe eut reçu ces grandes modifications, que, sur le terrain» chaud et humide , le règne végétal fut créé. L'herbe commença à paraître; ensuite les plantes, les

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arbustes et les arbres en général, emportant tous une série de germes emboîtés, a Que la terre, dit Télobim , produise de l'herbe , ajant de la semence en sa semence , des arbres à fruit portant des fruits avec leurs semences , chacun selon leur espace ^. » Et la troisième époque s'écoula.

Dans la quatrième, le plus magnifique spectacle frappa les regards de Tobservateur. La pâle et triste clarté qui traversait les Tapeurs épaisses de l'atmosphère, avait jusque-là annoncé, par son retour et par sa fuite, le jour et la nuit. Les végétaux étaient avides d'une impression nouvelle; l'air dont ils avaient hâté l'épuration , et toute la terre , semblaient d'une commune voix réclamer la présence d'un bienfaiteur, quand le rideau nuageux qui s'étendait d'un bout de l'horizon à l'autre, se déchira soudain, et montra dans toute leur majesté le grand luminaire qui préside au jour, et peu de temps après les astres de la nuit, a L'elohim , ayant voulu qu'il j eut des luminaires dans l'étendue des çieux, a fait le soleil, la lune, et les étoiles, s'écria aussitôt l'observateur du passé, qui crut assister à leur naissance, et qui retraça cette illusion naturelle de la même manière que David et Salomon écrivirent plus tard

avec une apparente vérité : « Le soleil , sem- 111. 16

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blable à ua époux qui sori de la concile nnptiale, ou à un géant qui remplit sa course,, part d^uoe extrémité des cieux, arrive à Fautre, et revient encore au lieu d'où il est parti ^. »

Certes , elle est des plus simples cette manière d'envisager les choses : eUe n'oblige pas à supposer^ durant le premier jour de la création^ une prétendue lumière indépendante des astres, su^ laquelle le texte se serait expliqué : elle n'oblige pas à tirer des inductions* contpaires aux faits les plus positifs, à admettre que notre planète si récente ait précédé le soleil et les inmieoses étoiles fixes auprès desquels elle n'tet qu'un point \

** Il paraît 4fuc les Hébreux regardaient la terre comme ane surface plane,' entourée d*cau et suspendue dans Taîr; ils donnaient un prcnidr orbàte à la* kine , un second au «oleil , on troisiève à cinq planètes^ un quatrième aux, étoiles iises, le tout environna par une grande sphère indéterrainéc qui serait le ciel- On a ob« serve oepeitdaiit'iftte le mot Ernz, par lequel, ib désignant la terre, potirraît bien dériver de la racine roiUz^ et signifier la coureuse. Cela concorderait avec Topinion qui veut établir que son iQdMremeàt n^était pay inconnu aux Egyptiens et avec ceux qui admettent dans les roots un sens public ou d*usage, et un sens intime ou de doctrine. Muimonide dit que les prophètes ont parlé <le» çboies as£ropôini<iue0 , delbn les idées répandues de leur temps. Il ajoute : « Cela est' très-vrai, que les sages des nattons Tont emporté dé beaucoup sur nos sages dans les sciences asttono> mii|uei ; ils «q ae «ont attvckés qu*arujc choses dictées par la raison» et ils n'ont cru qu à ce qui leur était démontré ( More Heboutim, part. II, cap.' Viii)'. FoUr les détails de géologie et de météorologie , nous ne pêuvons avoir qoe des notiona très- vagues sur leurs opinions ^ la phrase suivante de rEcclésiaste donne k pen#rr Les fleuves vont à la mer ; et la mer n en est point remplie f fet

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Laciiiqilicine époque vit commencer la création du règne animal. D'énormes cétacées pa« rurent, et une foule innombrable d'êtres qui «trouvèrent dans les eaux les conditions né* cessaires à leur existence . En même temps , des oiseaux d^espèces différentes s'élevèrent dans Tair, libres qu'ils étaient de se reposer sur les grands végétaux qui les avaient précédés, et où ils trouvaient la nourriture. Enfin^ c'est dans la sixième époque, après que la surface solide du globe eut été assainie, que ki terre produisit successivement les animaux qui la peuplent, et que l'homme, le plus composé et le plus parfait de tous , à cause des hautes facultés«qu'il reçut en partage, fut formé.

Qu'on se rappelle maintenant les opinions de l'Egypte répandues chez les Grecs. En faisant abstraction de l'influence du pouvoir universel , auquel ils n'accordent pas ce qui lui appartient , les choses retracées s'accordent en

fleuves reviennent au lieu d*oû ils sont partis. Beaucoup d*ancîens livres jui/s se sont perdus, dit Tauteur cité plus haut, qui renfermaient des choses très-importantes. Depuis la dispersion , plusieurs de leurs savans se ^ont occupés ^*astronoraie. On sait -qu^AIphonse X , roi de Portugal, eut recours à eux. vers 1 355 pour dresser les tables qui portent son nom. Mais quelques unes de leurs idées dominantes et les circonstances mettaient une entrave à leurs progrès. Pour faire avancer chaque partie , il est nécessaire que des hommes la cultivent dans le seul intérêt de cette partie cnéme , et jamais ils ne se sont rangés dans cette position.

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tout point avec ce que le spectateur de la création mosaïque aurait vu de ses propres yeux.

C'est d'abord le chaos; ensuite la séparation de l'air, des eaux et de la terre. Une lumière incertaine commence à échauffer cette terre humide et limoneuse , et s'accompagne de l'apparition d'une foule de végétaux. Bientôt aprës^ le soleil dans tout sou éclat l'échauffé, l'anime de plus en plus , et elle donne naissance à des animaux de toute espèce. Enfin, divers élémens terrestres se rapprochent, se combinent, s'organisent, sans que le spectateur supposé aperçoive, avec les sens extérieurs, autre chose que ces élémens mêmes , et l'homme se montre vivant*. •

* n Au comnicnccuicnt, le ciel ri la terre (étaient inéLéji ensemble^ ils se séparèrent. L^air prit un mouvement régulier^ les parties aqueuses se rassemblèrent et formèrent la mer. Les autres plus solides s*ctant condensées» prirent la forme de la terre. Cette terre fut molle et limoneuse. La chaleur du soleil produisit une fermentation active que Thumidité des nuits hâta puissamment. Dès que la matière fermentée eut acquis le <legrë de maturité convenable, elle s*animalisa ; les couches les plus extérieures s*étant rompues , donnèrent passage à des créatures >i vantes de diverses espèces^ jnais les rayons du soleil et les vents ayant durci de plus en plus la t(rrc, lui firent pc^rdre la propriété d*engendrer spontanément les grands animaux dAit les espèces se multiplièrent au moyen de la génération. i> Suivant le Phénicien Sanchoniaton , dont on a beaucoup exagéré Pantiquité pour l'opposer à Moïse, il y avait au commencement un chaos ténébreux et un esprit, LVsprit, en réagissant sur ce chaos , engendra Mot ou Miul ^ c'est-à-dire une espèce de mélange fermentesciblo qui devint la semence de toutes les créature.^ et qui détermina la formation de Tunivers. (Diodor. Je Sicil., liv. I. Eusèbe, Prépar. Â\'an^., liv. 1, ch. vu, x.)

FOUJNIVTION 1)1 I.\ TF.HKK. Jt/j »

Mais la puissaïKt* suprême ne prodiiisil-elle d'homme primitif que sur un seul point du globe? Mais n'y aurait-il eu qu'un lieu , qu'un rapide moment où la terre et les agens extérieurs auraient présenté l'ensemble de circonstances nécessaires à sa formation? Mais- Thommei parul-il fait de toutes pièces , comme Minerve sortit armée du cerveau de Jupiter , oa biep la terre renfermait - elle une foule degerme^, dont une partie avorta,, douit les autres suivirent et suivent encore une progression ascendante dans leur développement^? 11 me suffit d'indi; quer ces questions» Tout porte à croire^ jusqu'à ce jour^ que le nombre des souches primitives de l'espèce se rapproche de l'unité. A défaut de preuves positives , les docteurs hébreux donnent une raison morale , très^intéressante :. « Tu demandes pourquoi Adam es^

* L^hypothùsc que la tcrrv et les bommos auraient toirjoUrs existé, a contre elle tous- les faits et toutes les analogies. Celle, que la masse terrestre aurait emporté dans le rapide mouvement qui la jeta dans son orbite des bommes déjà diùloppés , est encore hiih moins soutcnablc. Peut-être doit-on regarder les geimes *cov^twt une raoléculeprimitiveausM indécomposable que les derniers atomes de la rhimie. Dès que la puissance fécondante aurait donné 'l*impulsion, toute sorte d*élémens se seraient disposés autour de- ^e germe, comme autour du noyau minéral se grouppent , dans l'ordre le plus régulier, les coucbes qui le font croître peu à peu. 11 aurait acquis la faculté de se reproduire : et, depuis lors, le concours de circonstances nécessaires h son développement ne se ferait plus rencontré que dans l'espèce de fermentation qui résulte du rapprocbemcut des sexes.

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seul de première création ^ ? afin que parmi le$ homme» à venir, Tua ne put pas dire a Fantre r Je suis de plus noble race que toi ^. »

Mais au jour de la création , cet être avait été formé mâle et femelle. « U n'est pas bon', ditTélobim, que l'homme soit seul; il lui faut un aide semblable à lui. » En effet, durant son èommeil , Thomme primitif fut divisé en deux parties. De son côté ou de son flanc , dont la efaair se resserra aussitôt, et non pas de sa eôte *, un être particulier, la femme , fut tirée , de sorte qu'Adam put s'écrier, à son réveil r « Celle-ci est l'os de mes os , la chair de ma chair; et on la nommera hcmime - femelle , ich^Uj parce que c'est de l'homme^ ich^ qu'elle a été prise. »

Cette hypothèse de l'androginie primitive, qrie Platon apporta plus tard de l'Egypte dans la Grèce , et que de savans rabbins ont adoptée , paraît sans doute bizarre au premier abord :

mais sur une semUable matière , quelle opinion sera exempte d'un caractère étrange ? Les règnes végétal et animal renferment des exemples nombreux qui viennent à l'appui , et qui empêchent

* Le mot Mdam signifie à in fois homme et terre rouge ; il faut regarder ce nom comme collectif.

** Le mot <e/a signifie en même temps cdtê (iatus), et côte (cosla).

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de la repousser, comme iiisqutânable..TciiiSi:l0s argumens invoqués pour se refuser 'à^i Toir l'homme primitif <^Cé «omme> ; androgine par Tauteur de la Gelièse> totnbî?Dt devant la'Qlarlé de ses pardies ^ lyailteurs^ quelle pensée^naibrelle, raisonnable , généreuse, celle < qui pressente la femme comme la moitié physique ainsi que la moitié morale de Thomme , loin de ne la considérer que con4pie une partie. 4^^ moins importantes , un os secoti<laire , nné- câte métamorphosée ! Chez l'homme , pri;* isolément, quel est le principal besoin? celui d'un être qui l'aide , qui le soutienne , qui soit à son coté^ qui complette son existence. Rien n'explique mieux le double attrait des deux sexes , l'un pour l'autre ; rien ne conduit plus droit à cette conséquence de l'auteur sacré : « L'homme laissera son père et sa mère pour se joindre à sa femme; ils seront une même chair. »

Telle est sur l'organisation du globe, et sur la succession des êtres qui Thabitent, la description rapide de la Genèse qui laisse aux sciences naturelles toute leur liberté. Nous l'avons considérée comme un simple tableau : ileûl été trop inconséquent de la soumettre à une analyse rigoureuse , comme si le législateur et le poète avaient voulu donner une dissertation

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