‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreuChapitre 13 sur 45 · DU DEGALOGUE, OU DES PRINCIPES · texte numérisé non relu

DU DEGALOGUE, OU DES PRINCIPES

Le mot décalogue signifie dix paroles. Ce sont les dix préceptes que Moïse proclama pour servir de base à ses lois ; ils ont inspiré aux législateurs modernes la première idée de la déclaration des Droits de Thomme.

J'ai déjà dit que je ne faisais pas mon objet essentiel de la manière dont les principes et les institutions allaient se peindre dans Tesprit de Moïse. Leur nature est ce que je dois examiner , préférablement aux canaux par lesquels ils lui arrivèrent. Sans doute je pourrais d'avance établir que, dans le langage politique et moral , la parole du Jéhovah , loin de représenter une voix articulée semblable à celle de Thomme , correspond identiquement à la vérité , la raison , l'utilité ; cette voix qui , dans les premiers temps sur-

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tout, n^était perçue que par des intelligences privilégiéesi! Sans doute, comme le dit David, <c les cieux racontent,..* et on entend leur Toix , quoiqu'il n'y ait en eux ni langage ni parole (6)» ; sans doute enfin, comme Moïse lui-m^me l'attestera la face du ciel, le Dieu qu'il invoque» est VÉRITÉ, ÉaviTÉ (7) : mais toutes ces choses, si elles sont exactes , résulteront mieux des faits , des lois et de toutes les déterminations comparées aux temps, aux lieux et aux personnes.

Les Hébreux furent à peine arrivés ^ans- \eSf vallées solitaires du Sinaï et d'Horeb , que le législateur jugea le moment favorable pour la prq-» clamation des principes. Mais elle devait être accompagnée d'un appareil imposant, qui laissât des souvenirs durables. Que fit-il ? il commença par soumettre ses inspirations aux anciens qui l'entouraient depuis son retour en Egypte et qui formaient le sénat provisoire , de l'organisation duquel je parlerai bientôt. Un accord unanime les accueillit (8). Alors il transmit aux Hébreux l'ordre de se purifier et de se tenir prêts pour le troisième jour , et il établit , à quelque distance de la montagne , une barrière qu'il fut défendu à qui que ce soit de dépasser (9).

Le Sinaï , qui par sa réunion avec le mont Horeb forme une double cime , est la plus haute des montagnes environnantes. Quelquefois, pen*

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dant les jours les plus sereins, son sommet de- Tient tout à coup le théâtre de phénomènes brillans et terribles qui l'ont rendu l'objet d'uneflfroi respectueux pour tous les habitans de la contrée. D'épais nuages et de noires vapeurs s'y amon* cèlent, des gerbes de feu font succéder à l'obscurité la plus profonde, d'éblouissantes clartés; la foudre le déchire, et de ses entrailles s'échappent des mugissemens , qu'on prendrait de loin pour un concours de voix humaines , et qui sont comme les paroles de ce bruyant concert (10).

C'est durant une scène si pompeuse que le Dieu de Moïse va se faire entendre *. Mais au

• Le matin du troisième jour , dit Thistorien Josèphe , le ciel était des plus purs : tout à coup une nuée couvrît le camp des Israélites , et fut accompagnée d'un vent impétueux , de pluie et d'un très-grand orage. Des éclairs éblouissans jetèrent la terreur dans les esprits, et la foudre , qui tombait avec fracas , marqua la présence de Dieu. Je laisse à ceux qui me liront à en juger comme il leur plaira ; mais j'ai été obligé de rapporter ce qui est écrit dans les livres saints. Une tempête si extraordinaire et un bruit si épouvantable joints à la créance commune que Dieu habitait sur cette montagne étonnèrent à tel point les Hébreux ; qu'ils n'osaient sortir de leurs tentes. Ils crurent que Dieu avait fait mourir Moïse et qu'il les traiterait de la même manière. Mais ce législateur arriva bientôt tout rempli de majesté et tout éclatant de gloire. «.. L'air reprit sa sérénité, et le prophète,

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