FORMATION DE LA LOI
contradictions infinies entre les vœux de la politique , ceux de la nature, de la religion admise, de la morale et même de Thygiène? L'homme est-il double , triple ou quadruple , pour qu'on le tire en sens opposés ? Non , l'homme est un ; sa destinée est une. Dans l'ordre universel et divin, il doit se développer régulièrement : ce qui constitue sa liberté ; dans l'intérêt de la personne publique , il doit se développer aussi et jo^uir de. sa liberté; enfin, son intérêt propre appelle cette liberté même qui n'exige en conséquence qu'une seule loi harmonique dans toutes ses parties.
Qu'on se garde donc d'accuser le législateur d'avoir mal à propos confondu la politique avec Ja religion ! Sans doute , comme tant d'hommes éloquens Font si bien prouvé , là où un monde appelé spirituel t est mis en regard du monde temporel , elles doivent être séparées avec soin ; sans quoi il en résulterait ce mal , qu'en excitant
* Il est très-nécessaire de bien distinguer le monde intellectuel àamonde spirituel, d'autant que cela nous servira à déterminer la différence qui existe entre les Hébreux et les Chrétiens , dans leur manière d'expliquer les prophètes. Le monde intellectuel est Tordre de choses à venir dans lequel le développement des lois éternelles procurera à Thomme la plus grande somme de bonheur qu^^ est appelé à goûter sur la terre. Dans le monde spirituel, ni la terre, ni l'humanité , ni l'univers ne sont plus cbmptés pour rien.
le vulgaire à s'occuper du bonheur qui l'attend dans le monde inconnu, on pourrait le frustrer des avantages auxquels il lui est permis de prétendre sur la terre. Mais ceci ne s'applique point au système de Moïse , et tel est le trait qui le distingue le plus profondément peut-être de tous les autres législateurs. Pour rester fidèle à Jéhovah , pour lui plaire , il suffit de faire ce qui est humainement j^ste et droit , et tout ce que le besoin national réclame impérieusement. Alors on obtient en récompense l'indépendance, la force et l'abondance publiques , la paix de l'État, celle des familles , une nombreuse postérité , une longue vie sur la terre, et rien de plus. Tous les prodiges n'eurent d'autre but, comme il le déclare lui-même, que de frapper des hommes d'une tête dure , d'un caractère roide , et de leur servir de témoignage pour consolider la loi dont nous venons d'indiquer la fin : toutes les cérémonies , de préëerver cette loi des influences dangereuses du présent et de l'avenir. M. l'abbé de La Mennaîs a donc ea raison de confirmer en ces termes ce point de fait important : «Jamais l'Écriture ne parle de la religion juive. Les Pères , dont le lan* gage est si exact, ne se servent pas non plus de ce mot , on s'en servent peu; ils disent: la loi ancienne, la loi de Moïse , expression d'une justesse parfaite et à laquelle j>eut-être on aurait dû»tou-