FORBLLTION BB LA I.OI
jonrs se borner (29). » De môme, aprà^ avoir rapproché les mœurs de Chrétiens des mœurs des Israéhtes , le judicieux Fleury , qui présente ces derniers comme le modèle cTune politique simple et sincère pour le gouvernement des Etats et la réformation des mœurs , conclut ainsi : « Dans l'un, les mœurs des Chrétiens, on a pu voir quelle est la vie de. ceux dont la conversation est dans le ciel , et qui , étant encore dans la chair, ne vi~ vent que selon Tesprit :^dans l'autre , les mœurs des Israélites , le meilleur usage des biens tem" poreh et la manière la plus raisonnable de passer la vie que nous menons sur laterre(30). »
Mahomet lui-même, malgré ses redoutables armes, ne se sentit pas assez de force pour soutenir son entreprise sans un autre levier. Et certes , les hommes que guidait Moïse n'étaient pas plus faciles à convaincre ni à manier que les Arabes*
« Le fruit de Tarbre de Zacoum sera la nourriture des réprouvés, s'écria-t-il dans son langage sublime de poésie ; semblable aux métaux fondus , il dévorera leurs entrailles. On dira aux bourreaux : Saisissez les méchans , traînez-les dans les cachots, et versez de l'eau bouillante sur leur tête. Ah ! qui pourrait décrire cet abîme épou- Tiflitable dont les flammes allumées par la vengeasse divine s'élanceront sur les cœurs et s'élè-
vent en pyramides du milieu de la fournaise ardente (31). Mais les Justes entreront dans des jardins d*une verdure éternelle, arrosés par des sources abondantes et pures , ornés de pavillons Brillans. Leur tête sera radieuse, et leur^ visage éclatant de joie. Ils se reposeront sur des lits magnifiques. Des fruits exquis , des parfums suaves et un vin délicieux, qui ne procure jamais l'ivresse, leur seront offerts par des enfans dont la jeunesse ne finit point. Les discours frivoles et le men* songe ne pénétrei*ont pas dans ces lieux de délices : et des vierges modestes, aux yeux noirs , au sein superbe et palpitant, partageront leur éternel amour (32). »
Enfin , quoiqu'il ait élevé contre la combinaison politique de Moïse quelques reproches qui s'a^ dressent encore plus aux circonstances et àrignorance des temps, qu'à cette combinaison méîne, Jean- Jacques lui accorde la préférence sur tout autre, en ce qu'elle réunit le culte divin et l'amour des lois, et que, faisant de la patrie l'objet de l'adoration des citoyens , elle apprend que servir l'état c'est en servir le Dieu tntélaire. « Il existe au contraire, ajoute-t-il , une autre sorte de religion plus bizarre, qui, donnant aux hommes deuaf législations , deua chefs , deux patries , les soumet à des devoirs contradictoires et les empêche de pouvoir être à la fois dévots et citoyens. Telia est