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vogue en Angleterre. Le P. Mersenne nous apprend l'existence d' « un vaudeville à quatre flageollets, d une gavotte à quatre flustes douces », etc. Au XVII' siècle ce dernier instrument portait souvent le nom de ïlûte d'Angleterre et comprenait deux jeux, de chacun quatre individus différents.
Castil-Blaze nous assure que « le son du flageolet, quoique fort aigre, est agréable »; Voltaire partageait sans doute cette opinion lorsqu'il écrivait ces vers :
Ma main, peu juste mais légère, Tenait autrefois tour à tour Ou le flageolet de l'amour Ou la trompette de la guerre.
Notons aussi que, dans un opéra-comique de Deshayes, représenté en 1793, Orphée capturedes démons, assurément faciles à émouvoir, en leur jouant du flageolet.
On le rencontre aussi dans les Pèlerins de la Mecque de Gluck, dans r Enlèvement au sérail de Mozart, dans la partition de Monsigny : Aline, reine de Golconde, où il imite le chant du rossignol, et, plus près de nous, dans le Sorcier d'Arthur Sullivan et le?, Danses béarnaises de Charles Bordes. Mais en général on ne l'entend plus dominer que dans les bals champêtres. Mentionnons le ûageolet double, inventé au début du xix' siècle par le facteur anglais Bainbridge, et qu'une méthode de
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même nationalité qualifie d' « élégant et harmonieux instrument ». •
h'arigot devenu par corruption le larigot, le fifre ', le nûtet basque et le galoubet provençal appartiennent à la même catégorie. Le larigot au son aigre a été cité par Ronsard, évoquant la rustique image de
Margot
Qui fait danser ses bœufs au son du larigot.
Le flûtet servait à l'éducation musicale des oiseaux siffleurs. Quant au galoubet, qu'accompagne son inséparable acolyte, le tambourin, il reproduit avec l'aide de celui-ci une sorte de musiquequ'exprime techniquement le verbe « tutupanpaner » '\ Les enfants de la Provence continuent de justifier ces vers de Millevoye :
De ses refrains, de ses molles cadences, Le galoubet des jeunes troubadours Anime encore et les chants et les danses.
1. n Nous appelons le fifre une petite flûte traverse ;i six trous, de laquelle usent les Allemands et Suysses, et d'austant qu l'ile est percée bien estroitemeul de la grosseur d'un boulet de pistolet, elle rend un sou aigu. Aulcungs usent, au lieu du fifre, du flajol, et flûtet, nommé arigot, lequel, selon sa petitesse, a plus ou moins de trous ij (Tlioinot-Arbeau, Orchcsographie, iSSg). Le fifre est une sorte de petite flûte sans clef, usitée dans certaines musiques militaires. J.-J. Rousseau a écrit un air de fifre <i pour être joué la troupe marchant ». Shakespeare a fait vibrer dans son Othello le n ear-piercing flfe ». et Victor Hugo a finement déployé
Les dentelles du son que le fifre découpe.
{Que la musique date du XVI° siècle.)