IV. — INSTRUMENTS A ANCHE DOUBLE BATTANTE AVEC TUYAU
Le type par excellence en est le hautbois, instrument à perce conique, dans lequel la colonne d'air est mise en vibration par deux anches de roseau. Le plus ancien individu de la race fut probablement une tige de blé, que remplaça un
Ambroise Thomas a aussi trauscrit pour trois saxophones deux chanls de l'ancieu Pérou, primitivement joués sur la quena, sorte de tlûte en roseau munie d'une embouchure ressemblant vaguement à celle de la clarinette. En reproduisant cette transcription dans son ouvrage ; La Musique, les musiciens elles instruments de musique, Oscar Comettant a justement loué « la voix si suave, si sympathique, si émue » du saxophone.
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roseau mis en action par une anche de même substance, conservée après la substitution d'un tube de bois au tuyau primitif. Sous les noms de scbalmey , de bombarde et de pommer, nous le trouvons cité par Virdung au début du xvi" siècle. On le nomme aussi doucine ou douceyne\ A cette époque il est déjà connu en France, et nous apprenons par du Verdier que « Jehan d'FiStrée, joueur de hautbois du Roy, a mis en notes de musique quatre livres de danceries ». Une quittance, datée du 3i décembre iSig, porte le nom de Christophe Plaisance, « joueur de sacqueboute et hautbois du Roy ». En son Pantagruel Rabelais mentionne « hautbois et musettes ».
Peu à peu s'élabora une famille complète, dont Praetorius, un siècle plus tard, dressa la nomenclature.
Kleine scbalmey^ (haut- Pommer alto.
bois suraigu). Pommertènor [ou basset).
Discant scbalmey [haut- Pommer basse.
bois soprano) (c'est Grand pommer double le format le plus ana- quinte.
logue à notre hautbois).
Au xvii° siècle ces instruments, fort répandus, se
I. (i L'un du tiagcol, l'autre de la douocyne u (Octovii-n de Saiut- Calaii).
1. Ou chalcmee, chalemelte, chalemie. C'est le pijjero italien, que Berlioz entendit jouer eu Italie par des paysans en uue n uaïvc
INSTRUMENTS A ANCHE lag
divisaient en deux séries : les haulx-bois (ou hautbois), réunissant les quatre plus petits modèles, et les gros-bois, comprenant les deux autres. Le pommer alto prit aussi les noms de hautbois de chasse et de haute-contre de hautbois, que nous reverrons plus loin, en même temps que le hautbois d'amour, né au début du xviii' siècle.
En 167 1 le hautbois paraît à l'orchestre de l'Opéra, dans la Pomone de Cambert. Trois ans plus tard Lully l'introduit dans son Alceste ' .• a Le nombre des hautbois égalait presque celui des violons, dont ils jouaient fidèlement les parties de premier et de second dessus. Les hautboïstes de l'Opéra soufflaient à plein tuyau, de toutes leurs forces, produisant un son dur et canard"-^ sans nuances. » Ilsavaient sans doute réalisé de notables progrès lorsqu'en 1733 Rameau donna son premier opéra, Hippolyte et Aricie : « Les hautbois s'étaient perfectionnés, sejouaientavec desanches plusfines, et avaient acquis plus de douceur et de moelleux » ',
symphonie. De près le son est si fort qu'on peut à peine le supporter ; mais à un certain éloignement, ce singulier orchestre produit un effet auquel peu de personnes restent insensibles » (Mémoires). En ses Essais Montaigne cite n un proverbe gascon tiré d'une chalemie ».