‹ Histoire des instruments de musiqueChapitre 54 sur 70 · De consulatu Manlii Theodori · texte numérisé non relu

De consulatu Manlii Theodori

igS INSTRUMENTS A VENT

gnage de saint Jérôme concernant un orgue construit à Jérusalem, et dont les soufflets n'auraient pas consommé moins de deux peaux d'éléphants, puisque l'authenticité n'en est pas certaine. Mais constatons qu'un obélisque érigé à Constantinople par Théodose, à la fin du iv° siècle, représente l'image d'un orgue à huit tuyaux, muni d'un soufflet que font agir les pieds de deux manœuvres.

Au V* siècle, selon l'affirmation d'un évêque espagnol, les orgues auraient commencé à être utilisées dans les églises'. Le pape Vitalien, deux cents ans plus tard, en autorisait l'usage dans le but de soutenir le chant au sein des congrégations religieuses.

Le viii* siècle voit l'orgue s'introduire en Angleterre et en France. C'est probablement en 757 que Pépin-le-Bref reçut de l'empereur byzantin Constantin Copronyme un orgue à tuyaux de plomb qui fut installé dans l'église de Compiègne. Le poète Walfride Strabon raconte même à ce sujet une anecdote quelque peu invraisemblable : « La douce mélodie de cet instrument, s'écriet-il, fit une telle impression sur les âmes faibles, qu'une femme, perdant l'usage de ses sens par un excès de plaisir, trouva la mort dans celte

I. C'est du v" siècle que date celte définition due à Cassiodore : <i L'orgue est une espèce de petite tour composée de divers tuyaux auxquels le son est donné parle vent des soufflets... avec plusieurs languettes de bois, qui, touchées avec méthode, rendent un chant agréable. »

extase procurée par la suavité inaccoutumée de ces sons harmonieux. »

Vers 826, le calife Ilaroun-al-Raschid fit présent à Charlemagne d'un orgue aux sons extraordinairement doux qui fut placé dans le palais d Aixla-Chapelle. Dès lors les progrès de la facture ne cessent de s'étendre. Au x° siècle, saint Dunstan construit un orgue pour l'abbaye de Malmesbury et un certain nombre d'églises.

Les petites orgues prospéraient en même temps que les grandes. C'étaient Vorganum portabile, suspendu par une courroie au cou de l'exécutant qui d'une main faisait mouvoir le soufflet, tandis que l'autre se promenait sur les touches; ou le modèle plus volumineux qui exigeait un porteur adjoint à l'instrumentiste'; enfin un instrument de dimensions supérieures, que l'on posait sur le sol ou sur un meuble, d'où son nom de posifi/ (du latin positus) . La régale, dont le nom provient de ce qu'on fit don à un roi du premier exemplaire qui en fut construit, était une variété du positif, d'un très petit format, souvent enfermée dans une boîte ou dans le tiroir d'une table' (V. p. 85).

I. Le trop fameux Gilles de Rays possédait plusieurs paires d'orgues grandes et petites, dont les sons le mettaient dans un tel ravissement qu'il s'en fit construire de portatives destinées à l'accompagner dans ses moindres déplacements ^^ Cah Anes, Légendes et curiosités de l'Histoire).

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