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l'intérêt mutuel des conjoints, Berlioz constate que l'on peut traiter isolément les dernières, « avec le plus grand succès dans mainte occasion. Leurs sons frémissants et grêles, dont le bruit domine tous les autres bruits de l'orchestre, s'associent on ne peut mieux dans certains cas, soit aux sentiments d'une férocité excessive... soit à l'exaltation fiévreuse d'une bacchanale où la joie tourne à la fureur ». 11 cite à l'appui le chœur des Scythes dans Iphigénie en lauride, qui convient fort bien pour illustrer le premier cas. Pour le second nous citerons le tutti qui précède la conclusion de l'ouverture de Tannhœuser. La Faust- Si/mphonie deLiszt (première partie) .l'ouverture du Phèdre de Massenet, les Perses de Xavier Leroux , l' Apprenti sorcier de M. Paul Dukas, la Suite minia ture de M. Théodore Dubois, offrent de bons exemples de l'emploi des cymbales. Dans le Cimetière, de M. Gustave Doret, la vibration d'une cymbale par le roulement des baguettes de la timbale souligne l'effet poétique des flûtes encadrant les violons en sourdine au-dessus d'une pédale dé clarinette. Les cymbales antiques^ ou crotales, plus petites que les modernes, et construites d'après
I. Les anciens attribuaient aux sons des cymbales la propriété d'arrêter la fuite des abeilles et de les rappeler à leurs ruches (V. iElian, Strabon, Virgile, Pline, etc.). Un musicographe du commencement du xvui'^ siècle, Frédéric-Adolphe Lampe, écrivit un Traité des cymbales antiques qui ne contient pas moins de 45o pages, et dans lequel on peut espérer que le sujet est épuisé.
les modèles pompéiens, ont d'abord été insérées par Berlioz dans le Scherzo de la fée Mab de son Roméo et Juliette. Depuis lors maints compositeurs s'en sont servi, entre autres M. Saint- Saëns dans Samson etDalila^.
Les cymbales ont peu hanté l'imagination des poètes. Sans doute, dès le xiv* siècle, Eustache Deschamps nous apprend-il que
Joueurs d'orgues et de cymbales Feront meslicr es luaistres sales ;
et au xvi° siècle du Bellay parle-t-il de « l'enroué des cymbales ». Parfois, ensuite, le mot est pris dans un sens défavorable, d'après la seconde épîlre aux Corinthiens, de saint Paul, en un passage célèbre que Racine, en ses Cantiques spirituels, traduit ainsi :
Sans amour ma gloire n'égale
Que la gloire de la cymbale
Qui d'un vain bruit frappe les airs.
L'emploi guerrier de cet instrument apparaît au XVIII* siècle avec Mollevaut :
Tout à coup des tambours que l'on n'aperçoit pas, L'airain qui sur l'airain résonne avec fracas, Mêlent leurs bruits confus aux sons de la cymbale.
I. On a même parfois imité leur sonorité au moyen de la voix humaine. Dans sou psaume CL, Schutz a rendu, grâce aux voix dessinant t des motifs rythmiques vigoureux, émis dans l'aigu ou le grave, le bruit déchirant des cymbales ou la cadence lourde des timbales (A. Pirro : Schutz).
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Puis c'est Joseph Ghénier qui, appréciant les effets de douceur de ces frottements de métal, fait frémir
La cymbale voilée aux sombres roulements.
Enfin Victor Hugo, en ses Châtiments, la fait magnifiquement vibrer, lorsque, dans la poésie intitulée : A robéissance passive, évoquant les « Soldats de l'an deux », il s'écrie :
Eux, dans l'emportement de leurs luttes épiques, Ivres, ils savouraient tous les bruits héroïques,
Le fer heurtant le fer, La Marseillaise ailée et volant dans les balles, Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales,
Et ton rire, ô Kléber !
Et aussi lorsque d'un seul vers il fait jaillir une sonorité musicale en disant :
J'entendais le son clair des tremblantes cymbales. [Mon enfance. Odes et ballades.)
Le tam-tam, ou gong, offre également, mais avec des dimensions plus étendues, la forme circulaire delà cymbale. Le son de cet instrument, produit par un coup de maillet frappé sur le métal sonore, est « remarquable surtout en ce qu'il augmente après le coup reçu jusqu'à devenir effrayant, et dure fort longtemps » '. Il fut entendu pour la première fois à Paris, le 20 septembre 1790, dans la Marche lugubre composée par Gossec « pour les