I. — INSTRIMENTS SANS INTONATIONS DÉTERMINÉES
Leur rôle principal consiste à marquer le rythme ', mais ils peuvent en outre servir à d'assez nombreuses applications. Nous allons les passer en revue.
Les cymbales'^ sont des plateaux circulaires de bronze que l'on peut faire vibrer de deux manières, tantôt en les entre-choquant, tantôt en frappant
I. Autrefois, les compositears notaient de façon assez sommaire l'usage de ces instruments : ainsi, dans le ciiœur des Derviches, des Ruines d' Athènes, Beetho%-en inscrit simplement : « Ajouter ici autant d'instruments bruyants que possible, castagnettes, cymbales, etc. » Dans la Marche 'des bohémiens, de la Fausse magie, Grélry indique : a Avec cymbales, triangles et autres instruments singuliers. » Voir aussi Preciosa, de Weber. C'est ce qu'on nommait la musique turque.
a. Ce mot avait jadis le sens àe clochettes. « Bramer comme une vache sans cymbales u (Rabelais). V. aussi p. 40. C'est aussi dans cette acception que Montaigne parle, en ses Essais, d'éléphants portant des cymbales aux cuisses et à la trompe.
2i8 INSTRUMENTS A PERCUSSION
l'un deux avec une baguette'. Pendant longtemps l'usage prévalut de faire jouer les cymbales en même temps que la grosse caisse; a comme si ces deux instruments étaient de leur nature inséparables », écrit Berlioz, qui ajoute : « Dans quelques orchestres même, ils sont joués tous les deux par un seul musicien; une des cymbales étant attachée sur la grosse caisse, il peut la frapper avec l'autre de la main gauche, pendant que de la main droite il fait manœuvrer le tampon de la grosse caisse. Ce procédé économique est intolérable ; les cymbales, perdant ainsi de leur sonorité, ne produisent plus qu'un bruit comparable à celu i qui résulterait de la chuted'un sac pleinde ferrailles et de vitres cassées ^ C'est d'un caractère trivial, dépourvu de pompe et d'éclat ; c'est tout au plus bon pour faire danser les singes, et accompagner les exercices des joueurs de gobelets, des saltimbanques, des avaleurs de sabres et de serpents , sur les places publiques et aux plus sales carrefours'. »
Après avoir exhalé en ces termes pittoresques sa légitime indignation, et plaidé en faveur du divorce de la grosse caisse et des cymbales, dans
I. On trouve un intéressant exemple de cet emploi dans la symphonie en mi mineur de M. Henri Rabaud.
a. Berlioz se rencontre ici avec Rousseau, parlant de « cette ferraille de cj-mbales qui fait un très mauvais effet » (^Siir la musique militaire).