‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 129 sur 169 · CHAPITRE CXXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXIV

GOlDIEMCEBlEnT DE LA RÉrORME RELlGIEtSE.

Les idées ancienties, une fois qu'elles se furent insinuées dans la société, servirent à la débarrasse^ des scories de Tignorance et de la grossièreté; mais, après avoir acquis de la force, elles prétendirent en modifier les croyances et, plus encore, les actes, en ramenant vers la morale païenne.

La société moderne était éclose au souffle de Dieu et sous \ei ailes du christianisme. On croyait que Dieu , unique source de tout pouvoir, avait confié à son vicaire sur la terre l'exercice de la double autorité temporelle et spirituelle ; ce vicaire, occupé de sauver les âmes et de conserver Tintégrité du dogme, la pureté de la morale , avait remis Tune des deux épées à l'empereur (1). L^empereur, oint par le Christ sur la terre, était considéré comme le chef des rois, comme le représentant du pouvoir temporel de l'Église dans cette grande unité qui, dans Tordre religieux, s'appelait catholicisme^ et, dans l'ordre temporel, saint empire romain : conception sublime, qui arrachait le monde à l'arbitraire de la force pour le placer sous la protection des idées ; qui, pour faire des rois, ne tenait compte ni de la conquête ni de la naissance, mais de la foi et de l'opinion; qui prévenait souvent les guerres au moyen de l'arbitrage suprême, appuyé sur la menace des excommunications, et les rendait toujours moins meurtrières;

(1) Les Espagnols, quand ils allaient faire la conquête d'un pays en Amérique, faisaient une sommation dans laquelle on disait aux sauvages que tous les hommes étaient nés d'un seul, puis qu'ils s'étaient dispersés et multipliés : « Dieu en •I conflJi la conduite à Pierre , en le constituant chef et souveraiu de toute la « race humaine, afin que, dans quelque lieu qu'ils naissent , et quelle que soit M leur croyance, ils obéissent à lui. Il soumit le monde entier à sa juridiction, «( et lui ordonna d'étabUr sa résidence a Rome ; il lui donna le droit d'établir « SOQ autorité sur toutes les autres parties du monde, de gouverner et de juger « tous les chrétiens, Maures, Juifs, gentils et les autres, à quelque secte qu'il» « appartiennent. Il est appelé pape, ce qui veut dire admirùble, grand père^ tu* c teuTêéé Cet usage dure encore, et durera jusqu'à la fin des siècles. »

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