‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 145 sur 169 · DOCTRINES DE LUTHER · texte numérisé non relu

DOCTRINES DE LUTHER

dans ce monde. Mais^ si nous n'avons pas le libre arbitre, à quelle fin Dieu nous a-t-il donné ses commandements? Luther n'hésite pas à répondre quil Ta fait pour démontrer aux hommes Tinef- • ficacité de leur volonté ; c'est par dérision s'il leur prescrit d'observer certaines choses, puisqu'elles sont au-dessus de leurs forces (i).

Cette premièi*e déviation impliquait que l'Église n^est pas infaillible , et que la parole de la sainte Écriture , interprétée par chacun de nous avec sincérité, et en invoquant TEsprit-Saint , peut être en désaccord avec elle. Dès lors, c'est à la Bible qu'il faut croire uniquement, sans avoir égard aux Pères ni aux conciles , mais au texte tel que chacun l'interprète. De cette manière, il lisait dans la sainte Écriture que Dieu est Tunique auteur du bien comme du mal ; que les sacrements disposent au salut, mais ne le procurent nullement ; que le Christ est présent dans la sainte cène, mais non transsubstantié ; que le prêtre est un homme comme les autres, et qu'il ne peut, en conséquence, absoudre ses frères, pas plus qu'il ne doit se distinguer par des vœux et des rigueurs; que la juridiction religieuse appartient entièrement aux évéques, égaux entre eux sous le Christ qui en est le chef, et choisis par les princes. En un mot, pour renverser l'autorité ecclésiastique prédominante, pour tarir la source des richesses, de l'importance du pape et des prêtres, il efface la distinction du spirituel et du temporel ; il fait un prêtre

(1) De serpo arbitrw. C'est en vaîn qu'on refuse de croire à un enseignement aussi contraire au sens moral et à la saine raison. Dans ses œuvres de Tédition de Witlemberg, 1672, tome vu, p. 18, on lit : « Une bonne œuvre, accomplie « le mieux possible, est un péché quotidien devant la miséricorde de Dieu , et « un péché mortel devant sa stricte justice, v Dans la Captivité de Babyhne : « Voyez combien uu chrétien est riche ! il ne peut perdre son salut, même en le « voulant. Qu*il commette des péchés graves autant qu'il voudra, aucun péché « ne peut le damner tant qu'il n'est pas mécréant. Tant que la foi subsiste, les « péchés sont effacés en un instant par la foi. » Dans la Liberté chrétienne : tt De là se voit que le christianisme est libre en tout et sur tout, puisque, afin « d'être justifié, il n'a besoin d'aucune espèce d'œuvres, la foi lui donnant tout « avec surabondance. Si quelqu'un était assez simple pour croire qu'il peut se « justifier et se sauver au moyen des bonnes œuvres, il perdrait aussitôt la foi « avec tous les biens qui l'accompagnent. »

Lorsqu'cn 1541, à Ralisbonne, Mélanchthon chercha à concilier les doctrines des luthériens avec celles des catholiques, en disant que, par la foi qui justifie, il fallait entendre une foi agissante par charilé, Luther déclara que c'était un misérable expédient , une pièce neuve sur un vieil habit , qui le déchire davantage.

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