‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 15 sur 169 · REPRÉSENTATIONS · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS

Un grand nombre de ces spectacles (ch. xcviii) nous sont restés avec leur distribution écrite^ ou plutôt avec un canevas qui ressemble^ à beaucoup près^ à celui qui servait naguère dans les comédies à sujet. Dans l'adoration des Mages, les personnages étaient Tenfant Jésus, un ange^ les trois Rois, Hérodc, son fils^ un écuyer^ un chœur d'anges, des bergers^ des orateura ou interprètes ; des scribes, des femmes ^ des sages-femmes, le peuple et ui> chanteur avec son chœur. Dans le mystère de la Résurrection figuraient le Christ, tantôt sous la forme d'un jardinier, tantôt sous la sienne propre, deux anges, trois Marie, Pierre, Jean, les apôtres et le peuple. Au premier acte, apparaissaient trois religieuses vêtues en Marie, récitant avec lenteur et tristesse certaines strophes alternatives qui sont des imprécations contre les Juifs (1) ; puis elles se mêlaient au chœur et se dirigeaient vers la tombe. Un ange, debout devant le sépulcre, en habits dorés, la mitre sur la téte^ une plume à la main gauche, et, dans la droite, un chandelier avec son cierge, disait des vers rimes.

On reconnaît facilement dans ces essais l'origine du théâtre ; mais, bien qu'il eût disparu avec la culture romaine, on ne cessa jamais entièrement de produire des compositions sous forme dramatique. La patience érudite a même exhumé certaines œuvres de forme et de sujet antiques (2), des drames pour exciter la dévotion ou dissiper l'ennui des cloîtres, et surtout des dialogues à la manière des Bucoliques de Virgile, destinés à être lus et joués peut-être à la table des évoques. Mais, si la muse tragique des Latins n'avait rien produit de durable dans les plus beaux joui's de la littérature, que pouvait-on espérer alors? En effet, les productions de cette époque ne sont que de grossières réminiscences accouplées à des idées nouvelles , et qu'il suffit d'avoir mentionnées.

Bientôt parurent les troubadours , qui représentaient encore de petites comédies dans les salles des grands. Les statuts de Bologne défendent aux chanteurs français de s'arrêter sur les phices pour faire entendre des vers. Une chronique milanaise

(1) Heu nequam gensjadaica,

Qoam dira praesens Tesanla, Plefasexsecrandal

(2) Par exemple un Jugement de yulcain^ Clytemuestre, etc. Voir surtout llAGXnv, Origines du théâtre, 1839.

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