‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 25 sur 169 · ART DS LA LAINE · texte numérisé non relu

ART DS LA LAINE

ouvrier requis pour exercer son art devait se rendre à l'invitation sans retard, bien que l'ouvrage pour lequel on rappelait fût commencé par un autre, et ne pas se retirer même alors qu'on lui donnait un compagnon : a Mais que les artisans, ajoutait le décret, n'osent pas se coaliser et former des ligues tacites ou expresses à l'occasion des prix ou du travail, et surtout qu'on su^ veille les bateliers, race perverse qui machine sans cesse pour nuire aux voyageurs. »

L'art de la laine, alors le plus important, dut sa prospérité aux Humiliés, ordre institué à Milan, auquel on attribue aussi l'invention des étoffes d'or et d'argent pour les églises. A Florence, où il fonda Sainte-Catherine de la Toussaint, il était exempt de tous les droits d'entrée, et Ton avait défendu de souiller les eaux qui servaient à leurs moulins à foulon (i). Cet art prospéra su^ tout dans cette ville, où l'on fabriquait, en 1338, quatre-vingt mille pièces de drap par an, de la valeur de 1 ,200,000 sequîns (2) ; les meilleures laines venaient d'Angleterre, d'Espagne, de France, de Portugal et de la Barbarie. L'art de Calimala tirait, avec grand profit, de Flandre, de Picardie, du Languedoc, des draps grossiers dont il doublait la valeur, après les avoir raffinés. Vingt magasins recevaient annuellement dix mille pièces d'étoffe , du prix de plus de 300,000 florins ; chacune portait un bulletin où l'on inscrivait toutes les dépenses : achat de la matière brute , denier à Dieu, transport à la fabrique, première et seconde teinture, cardage, tondage, lissage, pliage, emballage, droits de toute espèce, frais de voiture, d'hôtellerie, etc. Les deux foires de Saint-Simon et de Saint-Martin attiraient à Florence les plus riches marchands de toute l'Italie, qui achetaient pour 15 on 16,000,000 de florins.

A Sienne, le droit de quatre livres pour chaque pièce de drap exporté, dont la plus grande partie allait vers le Levant, fut affermé 600 sequins. Les fabriques de Venise et de terre ferme, de Pise, du Bolonais, du Ferrarais, favorisées par la prohibition des draps étrangers, rivalisaient avec celles de la France et de la Flandre. A Vérone, en 1300, on fabriquait tous les ans vingt

(1) Non-«euleineiit les moines s*occupaient là de manufactures « mais toutes celles d'Angleterre et d'Ecosse, pour n'en pas citer d'autres, se trouvaient dan» leurs mains. Balducci Pegolotti mentionne toutes les maisons des Prémontres» de l'ordre de Promuxion, etc., qui faisaient le commerce.

(2) Jean Villani, Slorie^ xi, 03; Deila mercatura de' Florentin!^ V, 10?- Les prix de Villani peuvent être calculés aujourd'hui au quintuple.

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