ART DE LÀ LÂIRE
mille pièces de drap, outre les bas et les bonnets; la seigneurie de Venise en faisait acheter dans cette ville de qualité supérieure^ pour les offrir au Grand Seigneur (Zagàt a). AMantoue^Ies moulins à foulon étaient le privilège de la commune^ et Ton détrui* sait ceux qu'établissait tout particulier. Le statut prescrivait la qualité de la laine^ le nombre de fils, la dimension de l'étoffe^ le mode et la fonne des métiers. Les draps ne pouvûent être fabriqués que par les membres de l'art, qui prêtaient serment devant le podestat; toute pièce finie était présentée au magistrat, qui la marquait après l'avoir approuvée , ou bien, s'il ne la trouvait pas conforme aux prescriptions, il la jetait au feu et punissait le fabricant d'une amende. Des riches et des moines s'adonnaient à cette industrie; en 1500, on comptait à Mantoue quarante-quatre fabriques^ et, lorsque le roi de Danemark visita les Gonzague^ cette ville étala cinq mille pièces de drap : magnifique ornement pour une cité !
Milan et son territoire expédiaient annuellement à la seule Venise pour 300^000 ducats de drap^ et pour 100,000 de toile grossière^ sauf à lui acheter en échange pour 2,000,000 de coton écru et filé^ de laines françlûses et catalanes, de tissus d*or et de soie, de poivre^ cannelle^ gingembre^ bois du Brésil et autres matières colorantes^ savons et esclaves. Jean dlJzano^ qui compila en 1440 tout ce qu'un négociant avait besoin de savoir relativement aux pays^ aux marchandises, au change^ à l'argent^ aux droits^ et décrivit de port en port le voyage que l'on faisait le long des côtes de la Méditerranée^ puis dans la mer Ionienne et la mer Noire, écrivait: a C'est à Milan que viennent toutes les productions de la Lombardie pour être transportées à Gênes; on tire de Milan d'infinies marchandises de toute espèce , des armures à mailles, à lames et de toutes façons, des aciers, des fers travaillés, des futaines, des toiles et des draps très-fins ; de Côme, des draps en quantité et fins; de Monza, des draps grossiers et fins; tout cela se transporte à Venise pour aller dans le Levant. Vérone et Mantoue fournissent des draps; Padoue, du safran et du lin; Alexandrie, du lin, des toiles de guède en quantité, et de la guède ; le Montferrat, du safiran, de la toile grossière et du chanvre; Brescia, des aciers, du fer, du lin, du safran, du papier (1). d
(]} Dans le Tarif milanais de 1 2 16 figurent comme très^importants les draps eomaïqueB; leur transit est également indiqué dans un autre de Modène, de
DBâ ITAL. -» T. TU. 6
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Pli}9 t^r4 s'introduisit l'art da la soie, que Ids Rhi)di6Q$, 4m l^ur code^ égalaient à l^or ppur le prix ; au temps de Prooopi) celle de couleurs ordinaires valait 6 pièces d'or Tonc^, et le qiia- (|)*up)e la purpurine ; on la tirait du pays des Sères^ peuple do^I} mais grossier, dans le Tt^ibet^ ou plutôt de Tlndo-Chinei comme il parait enfin démontr^. Deux missionnaires^ entraînés dans ces régipn^ p£)r le zèle religieux^ y connurent Pinsecte industrieox et la manière dont il produit ce fil précieux ; ils en rapportèrefit quel(jues cocons en Europe, et parvinrent k élever lea vers à soiç. Le Péloponèse fut planté bientôt en mûriers, d'où il ti» son nom de koréç; mais les fabriques établies d^n^ l'empire d*Orient dépérirent, ou furent obligées de recourir aux étrangers. Les Vénitiens, après avoir soumis Pile d'Arbo, en 1018, sur les côtes de 1^ Dalmatie, lui ippb^èrent une contribution annuelle de quelques livres de soie, sinon un poids égal d'or pur. A k prise de Gonstantinople, ils étendirent les fabriques de soie, dont ils s'assurèrent le monopole au moyen d^ traités avec les princes d'AcJiaïe.
Pans le principe, on ne connaissait que le mûrier noir^ etCr^ cenzio (chap. xiv) se plaignait que les femmes en cueil lissant les feuilles élevée^ po^r nourrir certains vers, ce qui empochait les fruits de mûrir; ce fut peut-éti*e au trei;ûème siècle qu'on apporta le mûrier blanc. Les particuliers tardaient à comprendre leSt avantages de cette plante, et la loi dut intervenir pour en ordonner la culture. Le statut de Modène de 4327 oblige tout ipdividu qui possède un jardin clos d'y planter, pour l'avantage conoinun 9 trois mi^riers , trois figuiers, trois grenadiers, trois amandiers; celui de Peseta, de 1340, prescrivait la culture des mûriers^ et la Toscane, un siècle plus tard, imposait à tout citoyen d'^n planter cinq par an (1). Plus tard, on défendit d'^n
(1) TAlOioifl Toiq^nrrf» Fçyagni* L« statut de Pcsda, de 1240, oidonBe de jpiaBter des mûriers et huit pieds de figuiers pour chaque eoltr^ 4e tem. Ob ban du 3 avHl H 35 prescrit d'avoir daus tout domaine au moins cinc[ pieds de mi^riers blancs; au dessous de Teffi^e du Pesciau François nuonvicini, dapslc palais de la commune, on lui fait un mérite d'avoir, cette année, appelé
alla sua patrU questa piaou.
Dalla quale nacque pol ricctiezsa tanta Che in ogni luogo si noma il Delfino.
^ns les etaMf de l'art de Sainte*Marie à Florence , on lit r qu'en 140^ on cottuen^ à élever peur r«rt les vers à soie dans Florence, et qu'on choisit sii