CHAPITRE CXXV
VOYAGEURS ITALIENS. COLOSfB. LES DECOUVERTES.
Les Grecs savaient déjà dessiner la terre sur des globes et des mappemondes; depuis Marin de Tyr, ils y traçaient les longitudes et les latitudes , bien que très-grossièrement, c'est-à-dire qu'ils plaçaient les pays au lieu déterminé par leur élévation au-dessus
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de réquateur^ et par leur distance d'un méridien choisi comme point de départ. Ces dénominations mêmes indiquent qu'on ne croyait pas la terre ronde, mais beaucoup plus longue du levant au couchant que large du midi au nord; on la représentait encore comme une immense superficie plane entourée par ia mer et divisée en cinq zones : les deux glaciales^ aux extrémités, et la torride^ dans le milieu, étaient inhabitées et inaccessibles, de sorte que pour nous^ habitants d'une zone tempérée, il n'existait aucune communication possible avec ceux de l'autre. Notre zone même n'avait pas été entièrement explorée, et Ton ne possédait que des notions imparfaites sur les contrées d'Europe au levant de la Germanie^ la Prusse, la Pologne et la Russie. De l'Afrique, on ne connaissait que la partie baignée par la Méditerranée etlegolfe Arabique; quant à l'Asie^ les contrées au delà du Gange, dans lesquelles erraient des Sarmates et des Scythes, ainsi que la Chine, où ilorissait^ dès la plus haute antiquité^ un empire plus étonnant que celui de Rome^ restaient ignorées. Dans les espaces inaccessibles^ chacun plaçait des pays et des noms fabuleux, surtout ces régions fortunées qu'on supposait être ou le premier séjour des hommes dans l'âge d'or, ou le dernier asile des âmes vertueuses.
Les Barbares qui envahirent l'empire romain y dépourvus de marine^ et tout occupés de faire des conquêtes et de s'établir, n'ajoutèrent à la géographie d'autres connaissances que celles des pays où ils avaient d^abord fixé leur demeure. La féodalité enchaînait les hommes à la terre; si la foi poussa quelques missionnaires sur des terres inexplorées^ de la Germanie surtout ^ et les pèlerins à visiter^ puis à conquérir la Palestine, leurs descriptions avaient pour but d'alimenter la piété plutôt que de servir la science. Les Arabes, après Mahomet, voyagèrent beaucoup afin de propager leur religion ou d'établir des relations cx)nunerciales^ et visitèrent la Chine par le Caboul et le Thibet^ tandis qu'ils couvraient de leurs colonies toute^a lisière orientale de l'Afrique^ et pénétraient même dans l'intérieur de ce continent.
11 est fait mention de divers voyageurs italiens, tels que les religieux expédiés par les papes aux Mongols, Alexandre et Albert Ascellino, Jean de Piano Carpigno et Oderic de Pordenone^ qui pénétra jusqu'à Péking (ch. xciii). En 1309^ mourait à Sainle- Marie-Nouvelle le Florentin frère Nicolas de Montecroce, qui avait parcouru l'Asie en convertissant des Sarrasins, sans négliger de décrire ses mœurs et ses sectes. Un grand nombre d'au-