‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 46 sur 169 · LES ?OLI · texte numérisé non relu

LES ?OLI

très mirépides missioDDaires visitèrent certainement des pays inconnus ; mais, comme ils n^avaient en vue que le salut des âmes, ils ne songèrent pas à nous en rendre compte. Il suffit de citer Albert de Sarzane^ célèbre prédicateur et théologien, qu'Eugène IV envoya deux fois en Egypte, en Ethiopie , en Arménie, pour faire accepter le concile de Florence aux fidèles de ces pays.

La famille vénitienne des Polo fui déterminée par d'autres motifs. Les marchands Nicolas et 'Maffeo, vers Tannée 1250, passèrent de Constantinople à Soudanie, puis à la cour mongole de Raptchak, et rejoignirent à Khan-fou, avec un ambassadeur persan, la horde de Koubilaï-khan, successeur de Gengis-khan, qui avait étendu sa domination du cœur de l'Asie à la Chine. Konblla! accueillit les deux Italiens avec des manières courtoises; il voulut être renseigné sur les mœurs et la religion de leur pays, savoir a comment Pempereur maintenait sa seigneurie et administrait la justice dans son empire x> ; en outre, il les interrogea sur l'organisation des armées et la manière de combattre, sur l'existence habituelle du pape, la condition de TÉglise romaine, des rois et des princes de l'Italie... a Lorsque le grand kj^an connut les coutumes des Latins, il montra qu'elles lui plaisaient beaucoup, B et chargea les voyageurs, dès qu'ils seraient de retour auprès du pape, de le prier de lui envoyer des personnes instruites dans le& sept arts libéraux , afin de policer ses peuples. Il leur donna des lettres et une plaque d'or ou dorée, portant Tordre à tous ses sujets de les respecter, de leur fournir des voitures et des escortes, de les défrayer tant qu'ils seraient sur ses terres.

A travers TAsie, ils arrivèrent à Acre, de là à Venise, où Nicolas trouvait âgé de quinze ans son fils Marco, qu'il avait laissé au sein maternel. Comme le siège romain vaquait alors, et que leur séjour ne pouvait être prolongé davantage, ils furent envoyés de nouveau en Palestine, où ils présentèrent leur message àXibaldoVisconti, légat pontifical, qui reçut à cet instant même Tavis de son élévation au trône pontifical; il leur donna des lettres de recommandation et les fit accompagner par les carmes Nicolas de Vicence et Guillaume de Tripoli, hommes instruits et théologiens.

Les cinq chrétiens, au milieu des périls occasionnés par Tinvasion de Bibars dans l'Arménie, arrivèrent à Khan-fou, où ils informèrent le khan de leur ambassade. Marco, jeune homme in-

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