‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 65 sur 169 · LES REPUBLIQUES · texte numérisé non relu

LES REPUBLIQUES

le pontife avait détruit dans Rome toute représentation munidpale, comprimé les Golonna et les Orsini, les plus puissanu barons du territoire, et réduit lei autres à le seconder dans ses entreprises; comme haut seigneur^ il exerçait toujours beai^ coup d'influence dans le royaume deNaples, etsatradilionndle habileté diplomatique lui assurait un grand poids danslabalanw politique^ dont Rome resta encore le pivot durant toutcesiède.

Dès que la dynastie des Sforwi se fut enracinée à Milan, et celle des Aragcmais à Naples, une longue paix succéda , conservée non plus par la supériorité de quelque idée morale, mâsau moyen d'un équilibre de forces établi par les cabinets ; les réconciliatiotis de frère Simonetto et la ligue de Paul H prouvent qu'on sentait le besoin de réunir les forces pour la défense commune. Mais les ambitions et les jalousies empêchèrent tout accord durable, et, après la mort de Laurent le Magnifique, trèsattentif à maintenir l'équilibre, l'égoïsme et l'astuce se déchaînèrent.

Malgré Texotique penchant vers les principautés, le gouvernement républicain se maintenait encore dans beaucoup de villes. Bologne, la seule de l'ancienne ligue lombarde, conservait an moins le nom de liberté, bien qu'elle obéît aux BcnUvogBo; Saint-Marin se faisait oublier à cause de son exiguïté J Sienne et Lucques se gouvernaient par une oligarchie restreinte. Gènes possédait les deux Rivières depuis VentimigUa jusqu'au delà de Sarzane, et n'avait pas perdu toutes ses possessions du Levant; mais, ballottée entre les commerçants de la cité et les feudaltires de la Rivière, elle ne semblait sentir de la liberté que l'inconvénient d'avoir toujours un nouveau maître. Venise et Florence étaient parvenues à l'apogée de la grandeur politique, l'une par le gouvernement populaire, l'autre par le gouvernement aristocratique; mais Venise, le grand conseil une fois restreint, chercha son point d'appui dans roligarchie. Florence coatinua de s'agiter entre les bourgeois et les grandes faniiUes; néanmoins , si les bourgeois sous les Genci et les Ciompî furent vaincus sur la place, leur programme se réalisa par rétabitstfment de l'impôt unique et proportionnel, garanti moyennant le cadastre des Médicis, qui réussirent à consolider et à enabellir la servitude.

La vie de toute la Toscane s^était concentrée dans Florence, qui dominait sur San Miniato, Volterra, Saint-Géminiôn> Colle, Gortone, SaintrSépulcre. Elle avait Montepulciano pour allié 8e^

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vile ; Livourne^ qui s'était donnée aux Génois durant la tyrannie deBoucicaulty lui fut revendue par ceux-<îi moyennaut 100,000 flonos; elle eut pour 50,000 Àrez2o^ surpris par Enguerrand de Coucyi et acheta de Gampofregoso Sarzane^ boulevard contre les Génois. Pérouse continuait à s'épuiser au milieu des luttes entre les Oddi et les Baglionijusqu^à ce que les Toscans etlespapalins s'en disputèrent la possession.

De la noblesse campagnarde il ne restait que les Famèse dans la Maremme de Sienne^ et les Malaspina^ans la Lunigiane» Gérard d'Appiano, ayant vendu Pise à Jean-Galéas, s'était réservé 111e d'Elbe^ Piombino^ les châteaux de Populonia, Savereto et Scarlino, origine de la principauté de Piombino» qui a duré jusqu'à DOS jours, et dans laquelle était comprise Pile d'Elbe. Les villes soumises regrettaient leur indépendance passée^ et le proverbe, Il Joui tenir Pise par les forteresses^ PisUne à fmde des parUs, révèle avec quels moyens atroces une commune se croyait en droit d'en opprimer une autre»

Pise^ notamment ^ secouait parfois ses chaînes, et^ pour se soustraire à sa voisine^ elle aurait préféré servir les étrju^ers ; en effet, elle traita de se donner à la France, à la condition qu'elle y tiendrait un gouverneur, ne permettrait pas aux Florentins de l'habiter ou d'y jouir de privilèges, et recouvrerait^ pour les lui rendre, Livoume, Port-Pisan et la banlieue. Repoussée, elle s'offrit à PEspagne aux mêmes conditions, en y ajoutant qu'elle aiîrail une moitié des revenus, liii donnerait un vice-roî comme en Sicile^ et que les Pisans seraient assimilés aux sujets espa^ gnols pour tous les privilèges (1). Hélas 1 elle n'avait pas encore fait de la servitude cette expérience à laquelle seule les peuples veulent croire.

Sans renoncer aux formes démocratiques, Florence s'était ha- Utnée m patronage de la famille des Médicis, qui, depuis un siècle, t'assouplissait aune servitude brillante. Les capitaux, que tes marchands utilisaient au dehors, contraignaient la politique à des égards et à des alliances désavantageuses. Les factions ne laissaient pas de troubler le pays, soit par ambition, soit par dévouement à la liberté, et, pour les contenir^ il fallait recourir à la force ou à l'astuce, les opprimer ou les tromper. Mais Laurent le Magnitique, qui gouverna sans bruit, et voulut séduire

(1) Les traités se trouvent dims leë arcbÎTeft de» Biforma^ioni, k Florence, a n, dist« m, n" 8.

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