‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 127 sur 319 · ANNIBAL EN ITALIE · texte numérisé non relu

ANNIBAL EN ITALIE

tendait Annibal au passage le plus facile des Alpes Maritimes , fut surpris lui-même sur sa propre ligne d'opération. Il fit volteface et l'attaqua près du Tésin; mais, inférieur en cavalerie, il essuya une défaite. Le consul Sempronius Longus , rappelé en toute hâte de la Sicile, opposa, à la Trébie, environ quarante raille hommes aux envahisseurs ; vaincu à son tour, il fut contraint d'abandonner les positions du Pô. Beaucoup de Gaulois , enrôlés dans les armées romaines , désertaient pour rejoindre Annibal depuis qu'ils voyaient la fortune lui sourire; et le Carthaginois déployait quatre-vingt-dix mille guerriers dans la vallée du Pô , dont les plaines étaient très-favorables à l'excellente cavalerie numide.

Cependant il n'avait pas trop sujet de se réjouir. Les Gaulois , après s'être débarrassés des colonies , voyaient avec déplaisir qu'on mettait leur pays à contribution, et que leur indépendance était menacée pour favoriser des étrangers. Les autres mercenaires dont se composait l'armée, tourbe indocile dans l'oisiveté, orgueilleuse dans la victoire, voulaient imposer à leur chef l'heure et le lieu de la bataille et de la marche; contenus par une main de fer, ils conspiraient contre Annibal , qui, pour leur échapper, était obUgé à chaque instant de changer de costume. 217. Aussitôt que la saison, qui avait été très-neigeuse, le lui permit, il prit la route de Rimini; par la vallée du Ronco ou du Savio, il se dirigea sur l'Apennin, et vers Arrétium par la voie moins fréquentée des maremmes de l'Arno et duClanis; dans cette marche désastreuse, il perdit sept éléphants, un grand nombre d'hommes et de chevaux (l). Entre le mont de Cortoue et le lac Trasimène, il remporta une nouvelle victoire , qui coûta la vie au consul Flaminius Népos. L'Étrurie, comme si elle avait reconquis la liberté, alluma des feux de joie sur toutes les hauteurs, fête nationale que ses descendants célèbrent encore tous les ans dans les environs de Cortone. En effet, le peuple salue toujours comme

(I) Polybe donne cinquante élépliants aux Carthaginois qni assiégeaient Agrigente ; cent à la bataille sons les murs de Cartilage contre Régulus ; quatre-vingts à celle (le Zania. Selon Diodore de Sicile , Asdrubal , fondateur de Carthagène , en avait deux cents en Espagne; il yen avait cent cinquante à la bataille de Thapse, la dernière où cet animal apparaît. On les tirait, non de l'intérieur de l'Afrique, innis du pays contigu à Cartilage , sur le versant méridional <le l'Atlas , où , depuis longtemps , on n'en trouve plus. Ainsi, dans l'Afrique méridionale, on en voyait des troupeaux considéiables"avant la colonisation du cap de Bonne-Espérance ; depuis , ils ont été diassés ou détruits par les colons.

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