‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 136 sur 319 · INSURRECTION DE LA GAULE CISALPINE · texte numérisé non relu

INSURRECTION DE LA GAULE CISALPINE

voir les Gaulois, lorsqu'ils auraient pu s'unir à Anuibal avec tant d'avantage, rester tranquilles, puis, après sa défaite, s'insurger à chaque instant. Pendant plusieurs années, la fortune eut des alternatives ; mais Rome enfin, résolue de mettre un terme à ces luttes continuelles, fit envahir la Ligurie et l'Insubrie ; bien plus, elle regagna les Cénomans, qui, passant aux Romains dans le plus fort de la mêlée, occasionnèrent la déroute complète des Gaulois.

Les Boies et les Insubres ne se tinrent pas pour domptés ; ce ne fut qu'après de rudes batailles que le consul Claudius Marcellus prit Côme et vingt-huit châteaux situés dans le voisinage, et rapporta à Rome d'immenses dépouilles. Les Insubres ne figurèrent plus au nombre des ennemis de Rome ; mais les Ligures ne cessèrent de faire des courses tantôt contre Plaisance, tantôt en Etrurie et surj la mer Pisane. Les années suivantes, trois armées furent envoyées dans la Gaule Cisalpine; exaltés par l'antipathie nationale, les soldats se livraient à de tels excès que de riches Gaulois venaient chercher un refuge auprès des Romains eux-mêmes, dont souvent ils recevaient d'horribles outrages. Un mignon de Lucius Quintius Flamininus, frère du vainqueur des Macédoniens, se plaignit d'avoir, pour le suivre, abandonné Rome, la veille d'un combat de gladiateurs, spectacle qu'il affectionnaitbeaucoup.Dans ce moment, comme on était aumilieu d'une orgie, on annonce à Flamininus un chef de Boies avec sa famille; il est introduit, expose ses infortunes et demande protection et hospitalité. Une affreuse pensée se présentée l'esprit de Flamininus. Se tournant vers son mignon : « Tu m'as sacrifié, dit-il, le plaisir d'un combat de gladiateurs ; eh bien, je vais te dédommager en te faisant assister à la mort de ces Gaulois. » Il dit, et, brandissant son épée, il se précipite sur le Gaulois, qui, invoquant en vain la foi divine et humaine, est égorgé avec sa famille. Ce ne fut que huit ans après, sous la censure du sévère Caton, qu'on demanda compte à Flamininus de cet horrible assassinat.

Si le consul agissait ainsi, qu'on se figure ce que devait faire la soldatesque , et qu'on ose dire auquel des deux partis convenait le nom de barbare. Le préteur Scipion Nasica tua dans un jour vingt mille Boïes et fit trois mille prisonniers. Lorsqu'il demanda le triomphe, il se vanta dons le sénat de n'avoir laissé la vie qu'aux enfants et aux vieillards ; dans la pompe triomphale, il fit marcher, mêlés avec les chevaux, les plus nobles prisonniers gaulois ; et pourtant, il avait obtenu des prix de vertu ! Il versa dans le trésor mille quatre cent soixante-dix colliers d'or, deux

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