‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 137 sur 319 · VJ · texte numérisé non relu

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250 INStfM£CTiON i>E LA GAULE OlSALPlNE.

dftut quarante livres d'or, deux mille trois cent quarante d'argent en barre et en tases de fabrique gauloise, et deux cent mille trente pièces de monnaie. Chargé, comme consul, d'aller terminer son œuvre, il occupa le territoire conquis à main armée; mais les enseignes romaines inspiraient une telle épouvante que les faibles débris de cent douze tribus boïes préférèrent émigrer, et s'établirent au confluent du Danube et de la Save : dès lors, le nom de Boïes, de Lingons, d'Anamans, fut effacé de l'Italie.

Rome alors fonda les colonies de Bononia, Parme, Pise, et repeupla celles de Crémone, Plaisance et Modène. Les Insubres se résignèrent au joug, les Cénomans obtinrent le prix de leur perfidie, et les Véuètes cédèrent à leur tour; les Ligures, qui résistèrent longtemps au brigandage romain, furent soumis par les armes; on distribua la Garfagnana et laLunigiana septentrionale à la colonie romaine tirée de Lucques.

De la haute Italie, que les Gaulois, depuis Bellovèse, avaient occupée quatre cents ans, on forma la province dite Gaule Cisalpine ou Togata^ et Rome proclama cet arrêt : « La nature a placé les Alpes entre l'Italie et les Gaulois; malheur à eux s^ils osent les repasser ! »

L'excès de l'oppression souleva quelquefois encore les Gaulois Cisalpins, et surtout les Salasses. Défait par ce peuple, le consul Appius Claudius Pulcher ranima le courage de ses soldats par des cérémonies sacrées, et, vainqueur enfin, demanda le triomphe, qui lui fut refusé. Il voulait pourtant jouir de cet hoor neur, lorsqu'un tribun l'empêcha de monter au Capitole; mais sa fille, qui était vestale, se plaça près de lui sur le char, et personne n'osa faire obstacle à la vierge sacrée : on la loua pour cet acte, et son père fut maudit.

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