‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 172 sur 319 · VIRIATHE. NUMANCE · texte numérisé non relu

VIRIATHE. NUMANCE

les Romains garderaient le reste de l'Espagne et le reconnaîtraient maître absolu du pays sur lequel il dominait. Le sénat ratifia le traité, et Viriathe acquit un royaume aux dépens de la république romaine. Il aurait pu devenir le Romulus de l'Espagne, si le consul Servilius Cépiou n'eût obtenu de Rome la permission de rompre la paix; sans raison ni prétexte, il ravagea le pays et soudoya des traîtres qui assassinèrent le valeureux Lusitanien. Le sénat refusa le triomphe à l'infâme Cépion.

La mort de ce grand capitaine détruisit l'accord des deux Espagnes, et la Lusitanie se résigna au joug; mais la résistance de JNumance devint pins acharnée. Cette ville avait reçu dans ses murs huit mille hommes, débris de l'armée de Viriathe, qui soutinrent la lutte avec un grand courage. Les terribles légionnaires eux-mêmes tremblaient au nom des Numantins, bien plus qu'au nom d'Annibal et de Philopœmen. Le consul Popilius Lénas fut contraint de signer avec eux un traité , violé bientôt par son successeur; quatre mille Numantins tuèrent trente mille hommes à Hostilius Manciuus, et le forcèrent, après l'avoir cerné, à se rendre à discrétion avec son armée. Rome usait de perfidie dans l'exécution des traités , repoussait les ambassadeurs numantins, et renouvelait les scènes sabines en faisant conduire aux portes de Numance Maucinus enchaîné, comme si elle pouvait faire tomber sur lui seul la responsabilité du traité. Les Numantins refusèrent de le recevoir, à moins qu'il ne fût livré, d'après les conventions, avec toute l'armée.

La guerre s' étant rallumée , ^Emilius Lépidus fut contraint par la famine de lever le siège de Numance ; Fulvius Flaccus et Caipurnius ne furent pas plus heureux. Alors, d'une voix unanime, les tribus de Rome déclarèrent que la petite ville ne pourrait être domptée que par le vainqueur de Carthage.

Le second Africain fut réélu consul, bien qu'une loi récente le défendit ; mais on lui refusa l'autorisation de lever de nouvelles troupes. 11 arma cinquante volontaires à cheval , qu'il appelait l'escadron de ses amis, et peut-être cinq mille hommes que lui fournirent quelques villes italiques. Animé par la confiance que lui inspiraient ses victoires précédentes, et grâce à l'excessive sévérité de la discipline, aux travaux qu'il exigea du soldat, à une tactique plus habile, il parvint avec cette petite troupe à entourer Numance d'une circonvallalion. Dans des sorties désespérées, les assiégés lui présentèrent la bataille ; il la refusa, comme il repoussa toute offre conditionnelle de reddition. Les ^'umantins, après

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