DECADENCE DE LA LANGUE LATINE. AGE DE FER
lestisshnus, fdis.simus, piissimus, prudent Lsslnw fi; dans les verbes : adtmare, annoctare, auctitare, roUatrare, columbare, confiscare, rorrotundare , crucijîgere, explantare, extimere, mofestare, nepot art, remediare, restanrare, sagittare\ dans les composés : transmutatio, coxqualis, coiwersari, imp^^ecari, concivh, conterraneus, s'il faut le lire ainsi dans Pline. Hactemts exprima le temps; adhuc, qui signifiait jusqu'alors, fut employé pour aussi, maintenant; interim, pour interduni; subInde , pour souvent. Aliquatenus , clamose, exacte , favorabîliter, obiter, recenter, specialiler, insimul , neoterice, sohimmodo; adducte , pour severe; an-an, au lieu de utrum-an, sont encore des mots nouveaux.
La signification fut changée ou étendue dans les mots : xgritudo , pour maladie ; advocatio, pour délai; fiscus; famosus, pour célèbre ; ?'ngenium, appliqué à des choses inanimées .• avus , pour atavus; gêner, pour mari de la veuve du fils ( Tacite , Ann. V, 6 , VI. 8) ; subaudire, sous-entendre ; decollare , pour décapiter; imputare, pour demander qu'on nous tienne compte de quelque chose comme d'une faveur; studere, dans le sens absolu.
Les terminaisons changèrent dans : audentia, xmulatus, consortium, corporalis , crepax , nutrkhts, occidentalis ^ orientalis, perniciabiUs, rubens, sternutatio , superflims, vaticiniuni, virer, voluptuosus, qui d'abord s'écrivaient : OMcfarm, xmulatio, consortio, corporeus, crepans, nutricatus, occidens, ariens, pernicialis, rufus, sternutamentum, superfluens, vaticinatio , virilitas, voluptuariiis.
Constructions altérées : invidere aficui rei, pour aliqvid; versari circa rem, pour inre; quod me attinet, pour guod ad me; egredi arbem, pour urbe; adipisci alicujus rei; adversari aliquid; henedicere quemquam ; jubere alicui, pœnitentiam agere, sens absolu.
Les écrivains originaires d'Italie, que la cause fût accidentelle ou le résultat des faits , cessèrent tout à coup , et la métropole reçut des provinces, surtout de l'Espagne, des éléments et des exemples de goût dépravé. Sénèque lui-même , ce grand corrupteur de la langue , se plaignait qu'on eût désappris le latin ( Ép. 39 ) : Hxc, qux nunc vulgo breviariitm dicitur, oUm cuni latine loqueretur, summarium vocabatur. Ailleurs [Ép. 58) il dit que beaucoup de mots, ce qui arrive naturellement, étaient tombés en désuétude, comme asilus, que Pline appelait déjà tabnmis ; asilum sire tabanum dici placet, Nat. Hist. Il, 28, 34 ); il se moque de ceux qui ne voulaient employer que des mots vieillis ou condamnés , tandis que d'autres ne souffraient que les plus usités. Malgré cette critique, il corrompait lui-même la langue, en suivant l'usage particulier ( Ad Utcilium, 114). A.-Gelle (XIII. 27 ) se plaint que l'abus ou l'ignorance eût détourné les mots latins de leur signification primitive pour leur en donner une autre semblable ou diverse. Quintilien [Inst. orat. 1, 9) distingue les mots en verba la-