‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 281 sur 319 · LES SIBYLLES · texte numérisé non relu

LES SIBYLLES

regardent le Christ. Mai , en 1817, publia d'autres fragments , et Struve en fit le recueil le plus complet, Sibyllinorumlibrorum fragmenta ; Kônigsberg, 1818. INlais ce qui nous en reste aujourd'hui manque de tout caractère d'authenticité. Le Juif Josèphe, àdiii^V Archéologie judaïque, cite un fragment des livres sibyllins , oii la confusion des langues et la tour de Babel sont racontées presque comme dans la Genèse; cet écrivain, en les citant, prouve qu'ils étaient connus de sou temps. Peu après, Justin et Théophile d'Antioche citaient des vers des sibylles en faveur du christianisme. D'autres s'en prévalurent dans les controverses , c'est-à-dire dans une matière on il était facile de leur prouver si les vers étaient faux ou récents. Saint Clément d'Alexandrie met dans la bouche de l'apôtre Paul une citation des vers de la sibylle.

Nous n'en conclurons pas, néanmoins, que les sibylles fussent inspirées parl'Esprit-Saint, ou de véritables prophétesses. Peut-être, ayant recueilli avec plus d'attention et moins de mélanges les vérités que le paganisme avait conservées de la révélation primitive , et qu'on enseignait aux mystagognes avec un grand mystère, les avaient-elles déposées dans des livres. Il paraît que ces livres contenaient des théogonies beaucoup plus précises et plus élevées que celles qui étaient répandues dant les écoles et les temples, outre les prophéties, dont les points principaux étaient la fin des choses ,fi)iem aevi, et le Dieu roi, Deiim regem. La fin des choses, pour les hommes de sang et de gloire , ne pouvait être que la fin du système des conquêtes et de l'inimitié universelle. Sénèque puise dans cette attente une teinte de mélancolie , contre laquelle il se prémunit au moyen de son stoïcisme.

Le plus insigne interprète des enseignements des sibylles est Virgile , qui, dans le sixième livre de ï Enéide, met dans la bouche delà sibylle de Cumes une philosophie , dont l'élévation surpassait tout ce que le paganisme avait entendu jusqu'alors; il semble que le Verbe divin fût déjà descendu sur la terre, pour éclairer quelques intelligences privilégiées. Puis, dans la quatrième Églogiie, il dépeint avec des couleurs mythologiques et pastorales un âge d'or près d'éclore , une rénovation du siècle, attribuant encore la prédiction à la sibylle de Cumes. — Voir l'Appendice VII.

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