‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 29 sur 319 · TOMBEAUX ET VASES · texte numérisé non relu

TOMBEAUX ET VASES

portent des inscriptions. A Cornéto, on déterra une statue entière en terre cuite et de grandeur naturelle qui représente un homme en pleine virilité, avec une couronne d'or. Le Bacchus couché, également en terre cuite, trouvé dans la nécropole de ïarquinies et conservé à Cornéto , est une des statues les plus grandioses et les plus élégantes que nous aient laissées les Étrusques. La louve du Capitole, qui, peut-être, faisait partie du figuier ruminai, monument élevé à Rome l'an 204 avant Jésus-Christ, rivalise par l'expression et l'énergie avec tout autre chef-d'œuvre de l'art. La Minerve , quoique dépourvue d'idéal , est gracieuse et bien travaillée. Le Métellus , dit le harangueur, de la galerie de Florence, l'enfant, si plein de naïveté qui embrasse l'oie , dans le musée de Leyde , le guerrier de bronze envoyé de Todi au musée Grégorien, figurent parmi les œuvres les plus estimées; il faut y joindre la femme ornée, sans tête, qui, de Vulci, passa dans la glyptotèque de Munich.

Les pierres gravées, dont les sujets appartiennent à la mythologie grecque, sont très-remarquables. Dans les tombeaux de Pérouse fut trouvée une des plus belles , qui représente les sept héros sous les murs de Thèbes , avec leurs noms grecs en forme étrusque. Le scarabée , très-commun parmi les Égyptiens, figure aussi très-souvent sur les pierres étrusques et dans les tombes ; on en voit qui sont enfilés tout au long, ou montés en anneaux comme des bagues et pouvant se retourner. On admire encore les figures dessinées sur l'envers des miroirs de bronze et sur les cistes mystiques. A ces trésors inépuisables s'ajoutent d'autres merveilles : un bouclier ciselé de trois pieds de diamètre, un grand masque de bronze avec des yeux d'émail, de petites idoles émaillées, des coupes d'argent, des armures, des miroirs de bronze, qu'on a pris quelquefois pour des patères.

Mais la richesse spéciale et la plus vantée, c'est le vase étrusque. Les Romains savaient que l'Étrurie en fabriquait en terre, mais d'un usage commun (i). Pline, qui a traité de tous les

(1) Martial, liv. xiv, comme s'il était question d'écuelles de Biclla, dit : Aretina nimis ne spernas vasa monemus , Lautus erat luscis Porsena fictUibus.

Perse, ii, 60

Aurum, vasa Numjp, salurniaque impulit sera, Vestalcsque urnas, et tuscuin fictile mulal.

Juvénal, \i, lOS

Ponebanl igitur lusco ferrala catiiio.

l'liiie,\i,, 45, ('c\\{ ((lie l'art de la i>oterie at ela.borafa [faliv maxaM

f)2 VASES ÉTRUSQUES.

genres des beaux arts , n'a rien dit des vases à figures ; personne même n'a mentionné l'usage de les ensevelir dans les tombes. Les musées en avaient quelques-uns d'origine incertaine; mais après Lacbausse, Bergier, Dempster et Montfaucon, les Italiens Gori , Bonarroti et Passeri publièrent les dessins d'un certain nombre d'entre eux. Le premier qui, selon nous, a connu leur gisement, est Targioni -Tozzetti ; décrivant la position de Gonfolina à Ambrogiana , il rapporte « qu'à Saint-Michel de Luciano, en 1752 , on découvrit un puits comblé par lesalluvions de l'Arno, qui coulait dans le voisinage ; après l'avoir déblayé, on y trouva beaucoup de vases anciens faits au tour, et en terre cuite j dont une partie était noire, et l'autre blanchie; quelquesuns étaient recouverts d'un vernis ou noir ou rougcâtre, mais aucun n'avait de peintures. Leur forme est très-variée; généralement, ils ressemblent aux vases qu'on appelle urcei , avec une seule anse bien travaillée, à la façon des aiguières et des pots modernes, et sans la marque du potier. Il est difficile de comprendre comment tant de vases antiques ont pu être accumulés dans ce puits — Qui sait si, dans le temps du paganisme, il ne fut point consacré par la religion , et si les peuples voisins ou les nombreux voyageurs qui parcouraient la voie militaire, n'y jetaient pas ces vases remplis d'eau, de vin ou d'huile comme offrande ou sacrifice (l)? »

Comme ces vases étaient rares encore, on les jugeait d'après des idées systématiques; Massin, Lanzi, Maffei, Zannoni, Tischbein, Bottiger, Vinckelman , les attribuaient aux Grecs, et ce dernier même soutenait qu'on n'en trouverait pas en Toscane. Mais, après en avoir retiré du territoire au nord de Civita-Vecchia, où furent autrefois Tarquinies, Cœré, Clusium, Bomarsum, jusqu'au

Etrurix. Mais Sénèque raconte que les colons , établis à Capoiie par Jules- César, démolissaient les tombeaux antiques pour construire des habitations, d'autant plus que aliquantuhim vasculorum operis anliqui 7-e.periebant. Mille ans plus tard , Giovan. Villani ( Cronache , liv. i, 47 ) savait que « des ouvriers très-liabiles faisaient anciennement à Arezzodes vases rouges avec diverses gravures , qu'il paraissait impossible d'attribuer à la main de l'homme, et l'on en tiouve encore. »

(1) RelazioHl (TaJcuni viaggi nclla Toscana, tom. i, p. 47. Dans sa description de la plage de Cécina , il parle d'amphores entières , de grands amas de débris d'amphores , de tuyaux , de tuiles et d'autres objets de terre cuite, mêlés à des ossements humains. Cependant , il semble qu'il s'agit d'ustensiles des temps romains , puiscpi'il rapporte beaucoup d'inscri])tions latines dont ils étaient couverts.

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