TOMBEAUX
tuie. Son toit est à double bord ; dans l'intérieui", il y a des urnes, des inscriptions , des statuettes (i). Au même endroit, deux ans après , on trouva une figure de ])ronze couchée, semblable à celle d'Adonis du musée Grégorien. Dans ce musée et dans la collection Campana à Rome sont réunis des ornements d'or tirés des tombeaux, et qui décourageraient nos plus habiles bijoutiers par la finesse et la perfection du travail.
Ces tombes révélèrent la vie et la civilisation des Étrusques, comme Herculanum et Pompéï celles des Romains; là, en effet, on voit, imitées ou symbolisées , les actions de la vie privée , quelquefois même extérieure , mais principalement des scènes intérieures; la profusion des ornements domestiques constate le luxe et les arts de cette époque. Les squelettes et les peintures prouvent que c'est avec raison que les Étrusques étaient qualifiés de obesiel jnnyues (2) ; ils ont en effet la figure pleine, de grands yeux, un gros nez, le menton proéminent, la tête volumineuse, une petite stature, les bras courts, le corps ramassé; la barbe est rasée, le front couronné souvent de guirlandes , et, au petit doigt de la main droite, ils ont un anneau (3).
Bans les inscriptions, on ne lit pas un mot qui indique la douleur et l'adieu mélancolique. Les statues découvertes jusqu'à présent sont toutes de métal, de tuf calcaire, d'albâtre, d'argile, mais aucune de marbre; quelques-unes sont accompagnées, comme accessoires, de cistes , de candélabres , de patères ; d'autres, isolées , offrent un caractère plus original; mais toutes ont les membres raides , la figure ovale et très-allongée, des yeux à fleur de tête et, comme la bouche, relevés vers les angles; la physionomie est sans caractère; les jambes sont parallèles et quelquefois adhérentes; le plus souvent, le vêtement ou les cuisses
(1) En 1852, on découvrit l'hypogée de la famille Vibia , sur lequel, l'année suivante, Gian Carlo Conestabile publia un mémoire où il relevait beaucoup d'erreurs commises par l'illustre Vermiglioli dans la lecture des inscriptions étrusques ; cet iiypogée en contient vingt autres, mais qui ne nous aident point à connaître cette langue.
(2) Aut porcus Umber, aut obesus Hetruscus.
(Catulle, xxxvii, 11.)
(3) D'après les tombeaux, George Dennis a cherché à connaître la vie étrusque ; TheCities and ccmcteries o/Etniria., Londres 1848.IIamilton Grey, Tour tosepulchrc of Etniria, 1840, dit que la nécropole de Tarquinies, d'une superficie de 4,1 i6 hectares, si l'on en juge d'après les 2,000 tombes découvertes jusqu'ici , peut contenir deux millions de sépidcres; elle aurait donc pu servir, pendant six siècles , à une population de cent mille àmcs.