‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 3 sur 319 · NOM ET CONFINS · texte numérisé non relu

NOM ET CONFINS

ches , dont l'une se dirige vers l'extrémité des Abruzzes , et l'autre se prolonge dans le pays des Salentins , formant le talon d'une jambe à laquelle ressemble l'Italie.

Cette charpente alpine détermine , dans la partie continentale, vers l'Adriatique et le Pô , une déclivité que ce fleuve traverse de l'ouest à l'est, pour se jeter dans la mer après un cours de deux cent soixante milles , taudis que l'Italie péninsulaire tire sa conformation des deux versants de l'Apennin. Celui qui regarde l'Adriatique, rempli de collines et de torrents, ne se prolonge point au delà de soixante-quinze milles ; l'occidental, vers la mer Tyrrhénienne, plus escarpé, se termine par des plaines trèschaudes sillonnées de fleuves silencieux ou recouvertes de maremmes pestilentielles.

Les anciens, ignorant les limites naturelles et la conformation de la Péninsule , et n'y trouvant aucune espèce d'unité ni de politique ni d'origine, ne pouvaient lui donner une dénomination commune; celle d'Italie, quels qu'en soient le motif et la signification, fut d'abord circonscrite au pays méridional entre les golfes Lamétique et Scylacique , aujourd'hui Sainte-Euphémie et Squillace; puis elle s'étendit à mesure que se perdaient, avec le nom des peuplades qui habitaient cette contrée, les appellations de Saturnie, Tyrrhénie, Japygie, Ausonie, OEnotrie ou terre des vents, qu'elle avait reçues des étrangers, et d'Hespérie ou terre occidentale, que lui donnaient les Grecs, parce qu'en s'y rendant par mer, ils voguaient dans cette direction. Lorsque, dans la guerre sociale, huit peuples se liguèrent pour repousser la domination que Rome municipe acquérait sur les anciens habitants, ils lui opposèrent le mot national d'Italie, qu'ils étendirent jusqu'au territoire borné par les rivières la Macra, au couchant , et le Rubicon, au levant. Plus tard, à l'époque des Scipious, ce mot d'Italie désignait la Péninsule entière jusqu'aux Alpes (l); à l'orient elle était limitée par l'Arsia vers l'Illyrie, et par le Var à l'occident.

L'Italie, de nos jours, n'a pas d'autres limites. Dans la partie boréale, entre les Alpes et les Apennins , s'étendent, sur la droite du Pô , l'Emilie, et, sur la gauche , la Vénétie, l'une et l'autre en face de la péninsule de l'Istrie ; viennent ensuite la Lombardie, et, au couchant, le Piémont, qui s'élèvent graduellement vers les Alpes Cottiennes, Lépontiennes, Rhétiques, et l'Apennin septen-

(1) PoLYBE, lib. u, c. 16, dit déjà que le Pô dcyst TtXî^Ôo; ûSaxo; oùSevèi; lÀaxTov Twv xaxà tyjv 'IxaXtav TtOTajjLwv.

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