ALBE LA LONGUE. ROMULUS
C'était une contrée sauvage , qui ondoyait sur plusieurs monticules, parmi lesquels le Saturnin, plus tard le Capitolin, alors hérissé de broussailles et de rochers, s'élève à peine de soixantecinq mètres au-dessus du niveau de la mer ; l'A ventin, le plus haut de tous, était ombragé de chênes verts et de lauriers ; le Cœlius (Lateranus), était dit Querquetulanus, parce qu'il était couvert de chênes. Le Viminal tirait son nom de ses oseraies; l'Esquilin ou Fagutal , de ses chênes et de ses hêtres. Le Palatin était consacré à Fauuus Silvestris, avec un bois consacré de même au dieu Pan, d'où les louves descendaient s'abreuver dans le Tibre. Après les débordements , les eaux du fleuve séjournaient au bas du Palatin. Le bois et le marais se trouvaient entre le Capitolin et leQuirinal, aujourd'hui Monte-Cavallo (1).
Sur les colhnes^ moins insalubres que la plaine, à l'endroit où confinaient les Latins, les Sabins et les Etrusques, les deux frères 73.: fondèrent une ville, et lui donnèrent le nom de Rome, c'est-à-dire de force dans le langage commun , de Flora dans le langage sacerdotal , outre un troisième nom mystérieux qui se prononçait seulement dans les cérémonies les plus secrètes (2).
Romulus, après avoir tué son frère Rémus, domine sans eom-
ville abandonnée, dite Pallantia, dont on voit encore les égouts et antres travaux publics.
(1) Tacite, iv, 65 ; Demys , 11, 6; m, 14, etc.
(2) On a dit que ce nom mystérieux était Amer, anagramme de Rome, pour exprimer l'union sainte qui devait régner parmi les citoyens. Siebel prétend que c'était Angerona, qui, selon Pline, était représentée avec un bandeau .sur la boucbe , et qu'on tenait cacbée ( Revue archéol.,\.b janvier 1846). Les pontifes seuls avaient le droit de proférer ce nom dans les sacrifices , et mallieur à eux s'ils l'avaient révélé au peuple ! Le nom de Flora était sacerdotal ; d'où les fêtes Floréales et le nom de la nouvelle cité de Florence. Le nom civil el vulgaire de Rome venait peut-être encore de Ruma, qui , dans l'ancien latin, signifie mamelle, et qui rappelle Icfigîder ruminai sous lequel furent allaités Romulus et Rémus.
L'ère de la fondation de Rome est placée, par 'N'arron, dansla treizième année de la sixième olympiade; par Valérius Flaccus , dans l'année suivante, c'est-à-dire en 754 av. J.-C; par Catou, en 752. L'opinion de Varron, pour le 21 avril 753, est suivie par DionCassius, Pline l'Ancien , Veiléius Paterculus, l'empereur Claude; Denys d'Halicarnasse et TileLivc sont pour Catou. Les années se comptaient ah îirhe condila, mais plus communément par le nom des deux consuls en charge. Les ères des autres peuples italiens, (jue V;irron avait recueillies , furent absorbées dans l'unité romaine, et tombèrent en oubli. Le 21 avril, connue nous l'avons déjà dit, on célébrait lesPalilies; c'était là un effet de la coutume antiquo d'associer les biéroglypbes agraires , astronomiques et bistoriques.