fi LEii SAMNTTES
-vallée (lu Sans;ro; Consa, non loin d'une source de l'Ofanto ; Ortona, Malévent. Ils ne formaient pas un État unique, mais plusieurs communes, avec un embratur pour chef; unis par un lien municipal trop faible, ils étaient souvent rivaux, quelquefois ennemis. Au milieu de l'été, ils menaient paître leurs troupeaux dans les gorges de l'Apennin; sobres, indomptés, défendus par des vallons etdes torrents, ils étaient la terreur de l'habitant des plaines.
Les villes étrusques et grecques s'opposaient à leurs incursions ; *^** mais, passante travers les intervalles, ils allèrent envahir la Vulturnie, à laquelle ils donnèrent le nom de Campanie, c'est-à-dire plaine (xocuttoi;), et les qualifications à' Heureuse et de Terre-de- Labour, tant elle était propre à l'agriculture. La délicieuse Capoue, tombant des Etrusques amollis au pouvoir des Saranites belliqueux, acquit la réputation de guerrière. Sa noblesse fournissait des cavaliers aussi renommés que les fantassins du Latium, qui, sous le nom de Mamertins ou soldats de Mars, se mettaient H la solde des tyrans de Sicile et des Grecs eux-mêmes Émule de Rome, elle put aspirer à la domination de toute l'Ttalie. Et cependant, tel était son goût pour les arts du luxe, que la rue Seplasia se composait tout entière de boutiques de parfums; et les vases qu'on découvre attestent à quelle perfection ils avaient porté l'art de la céramique et la plastique. C'est elle qui inventa les farces, dont les Fables atellanes, les bouffons et Polichinelle nous rappellent le souvenir.
Les Campaniens ne purent jamais sympathiser avec les montagnards leurs maîtres, et les Samnites ne connurent pas l'art romain de fondre en un seul peuple conquérants et conquis, patriciens et plébéiens. Ces deux races se regardaient donc avec une défiance pleine d'irritation; les Campaniens, réduits à la dure nécessité de servir des amis ou des ennemis, demandèrent secours à Rome, qui, à titre d'alliée, mais espérant beaucoup d'une intervention armée , sortit pour la première fois du triste Latium , et connut cette magnillque région, les délices méridionales, l'élégance et la sensualité grecques. Les soldats romains en furent si charmés, qu'ils demandèrent d'y transférer la patrie, trouvant peu Juste qu'eux, les vainqueurs, restassent à Rome, tandis que les vaincus jouissaient pacifiquement d'une contrée si fertile. Sur le refus d'accéder à leurs désirs, ils répondirent en se retournant contre Rome, (t. mutinés ils s'écrièrent : « Nous voulons qu'on abolisse l'usure; nous voulons qu'on élise un consul plébéien ! » Déjà les armes imposaient la loi à la patrie.