‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 82 sur 319 · LE LATIUM SUBJUGUÉ. LES FOURCHES CAUDINES · texte numérisé non relu

LE LATIUM SUBJUGUÉ. LES FOURCHES CAUDINES

Tout le Latiiim se ressentit de cette agitation; fatigué de vaincre au profit des Romains seuls, il secoua le joug, et fit alliance avec les Campaniens, les Sidiciens et les anciens habitants des pays réduits à l'état de colonies romaines, pourrepousser les montagnards dans le Samniura et abattre l'orgueil croissant de Home. Les Latins firent à Rome cette proposition : « Voulez-vous que nous souffrions que vous deveniez la capitale du Latium? prenez parmi nous un de vos consuls et la moitié des sénateurs, n Les Romains, qui ne cédaient jamais aux menaces, ne dédaignèrent pas l'alliance de barbares montagnards, et conduisirent les pauvres Marses et les Péligniens contre les riches Campaniens; ainsi, près du Vésuve, tous les peuples de l'Italie centrale se trouvèrent face à face. Guerre féroce comme les guerres entre nations de même race, où l'on retrouve les souvenirs de la sévérité des patriciens conservateurs, et les traces des cruelles religions pélasges. Au milieu de peuples qui avaient ime si grande ressemblance, la discipline importait avant tout. Manlius Torquatus condamne son fils à mort pour avoir osé combattre contre ses ordres; Décius se dévoue aux dieux infernaux pour les apaiser, prononce des formules terribles, et se précipite sur les armes ennemies, s'offrant en victime expiatoire pour tous les Romains. Les ennemis éprouvèrent une déroute complète.

L'insurrection des Latins et des Campaniens fut punie par la destruction de leur autonomie, l'interdiction des assemblées , le transfert des habitants, auxquels on substitua des colons, et chaque ville, dans les pactes souscrits, fut traitée selon sa conduite. Il fallut, pour soumettre les Volsques, vingt-quatre victoires. Les Romains détruisirent l'artificielle fertilité de leur pays, ou les ruines de nombreuses cités, répandues au milieu de marais insalubres, attestent encore l'état tlorissant du peuple qui a péri et la férocité du vainqueur ; férocité due aux patriciens , toujours enclins à la sévérité héroïque, quoique le peuple, au souvenir de l'origine italique, insinuât des conseils plus doux.

Rome alors, changeantde moyens, mais non de but, arme les 327. habitants de la plaine. Latins, Campaniens, Apuliens, contre les montagnards Samnites, Lucaniens, Vestins, Éques, Marses, Frentans, Péligniens, qui l'avaient aidée à vaincre la plaine. Pendant bien des années, la fortune fut indécise. KnfinPapiriusCursor fait subir un échec aux Samnites, qui demandent vainement à capituler; les Samnites alors, avec la fureur du désespoir et l'avantage des positions, enl'erment l'armée romaine dans l'étroite vallée

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