‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 112 sur 365 · ÉCRIVAINS · texte numérisé non relu

ÉCRIVAINS

partisan du roi Didier, mort sur le champ de bataille , puis une maison de campagne, et le fit patriarche d'Aquilée.

Erchempert, fils du Lombard Adelgaire, continua l'histoire de sa nation, « soupirant du plus profond de son cœur en racontant, « non le règne des Lombards, mais leur destruction ; non leur fé- « licite, mais leurs misères; non leur triomphe, mais leur ruine; '< non comment ils s'élevèrent, mais comment ils s'évanouirent. » En effet, son histoire est relative au duché de Bénévent. Arigise, un de ses princes, favorisait les gens de lettres et s'entourait de philosophes ; il était lui-même versé dans toutes les parties de la philosophie, logique, physique, éthique. Les meilleures sentences des philosophes et des poètes étaient familières à sa femme Adilsperge, qui connaissait encore les historiens profanes et sacrés. Leur fils, Romoald, fut très-instruit dans la grammaire et la jurisprudence (l).

Le peu de chartes qui nous restent de cette époque témoignent d'une extrême négligence de la langue et de la syntaxe. Quant aux livres, ils pèchent, au contraire, par un soin excessif; les écrivains affectent des termes bizarres,des métaphores étranges et confuses,entremêlent les expressions grecques et latines, se complaisent dans les jeux de mots, et déploient une emphase qui fait contraste avec la pauvreté des images. Exagérez ce style, puis découpez-le en mesure inexacte, et vous aurezla poésie d'alors, poésie àla fois triviale et boursouflée, qui, dans les compositions légères, se perd en vains badinages, en puérilités dignes d'une littérature dégénérée. Si elle chante des exploits, elle sépare les deux éléments nécessaires de toute épopée, le récit et l'imagination. Les poètes , néanmoins, se comparaient entre eux aux écrivains les plus renom-

(1)Pertz,A/om. German.,\n,i82, publie l'épitaphe d'Arigise, ainsi conçue :

Quod logos et physis, moderans quod elhica pangit, Omnia condiderat mentis in arce suae.

Et celle de Romoald :

Grammalica pollens, mundana lege togatus.

M. Champollion-Figeac, dans les Prolegomena ad Amalum, p. xxiv, publie une lettre de Paul Diacre à Adilsperge, dans laquelle il lui dit : Cum ad imitatïonem excellentissimi comparis... ipsa qtioqiie subtili ingenio , sagacissimo studio, prudentiiim arcaua rimeris, ita ut pfiilosopfioriim aurata eloqu'i a poetar unique gemmea tihi dicta in promptu sint, h'istoriis etiam seu cotnmentis tam divinis inhsereas qiiam mundanis. Cette lettre est la seule qui nous fasse connaître la vie de Paul ; car ce n'est qi;e plus tard que nous lui trouvons le nom de Warnefride.

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