FIN DE CHARLEMAGNE
pelés par lui de la Péninsule aient fondé une école, qui aurait été l'origine des loges où les francs- maçons se transmettaient certaines doctrines et des procédés particuliers sur l'art de bâtir.
En résumé, Charleraagne, comme il arrive de tous les grands hommes, resplendit dans tous les travaux de son siècle ; il fut à la fois le héros de la Germanie , empereur romain, bon et docile chrétien. La tradition en fit ensuite le patron de la chevalerie et le protagoniste des romans, accumulant sur lui les exploits de ses prédécesseurs et de ses successeurs. Il employa le fer sans pitié, non pour détruire, mais pour affermir la civilisation et la protéger contre de nouveaux envahisseurs. Il rêva l'unité de l'empire romain ; mais les temps l'empêchèrent de réussir, et c'est aux temps qu'il faut imputer beaiicoup de ses vices et la plupart de ses fautes.
Prévoyant qu'aucun de ses fils ne suffirait à soutenir le poids d'un sceptre aussi lourd , d'autant plus qu'il les voyait déjà dans une complète mésintelligence, il songea au moyen d'assurer la paix. La politique de sa race lui conseilla de partager entre ses fils les trois nations diverses, franque, lombarde , romaine d'Aquitaine. Puis , comme Louis d'Aquitaine lui restait seul, il résolut, afin d'anticiper sa succession, de le prendre pour collègue , et le fit couronner à Aix la-Chapelle. C'est dans cette ville qu'il aimait à goûter le repos après tant de fatigues ; il soutenait et réparait ses forces par les exercices et les bains. La mort vint l'y surprendre le 27 janvier 814 , àl'âge de soixante-douze ans.
Dans son testament, il ne disposa point de la couronne impériale , sachant bien que le pape seul pouvait la conférer ; car, dans le droit d'alors , c'était au protégé à choisir le protecteur. Il ne dit rien non plus de la possession de Rome, tant il considérait les papes comme ses souverains véritables. Il distribua les deux tiers de ses objets précieux au x vingt et une métropoles de son empire, au nombre desquelles se trouvaient Rome, Ravenne, Milan, Cividale du Frioul,Grado; il donna à Saint-Pierre de Rome une table d'argent, sur laquelle Constantinople était décrite, et à l'évêque de Ravenne une autre, où l'on voyait le dessin de Rome.