‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 138 sur 365 · CHARLES LE GROS · texte numérisé non relu

CHARLES LE GROS

citoyens de Salerne et de Capoue, qui s'adressèrent à Gui de Spolète. Ce duc ne distinguait jamais le juste de l'injuste, et, tandis qu'il combattait les infidèles, il dépouillait l'Église de ses biens (1); aspirant à la couronne d'Italie , il remplissait Rome de ses satellites, et l'on disait qu'il s'entendait avec les Sarrasins pour détruire la domination pontificale. Jean VIII, pape d'un caractère irrésolu, courut à Arles pour réclamer l'assistance de LouisleBègue; mais ce roi, avant tout, exigea qu'il bénît son mariage avec Adélaïde, dont il avait fait son épouse du vivant de sa première femme. Charles de Souabe le repoussa également, parce qu'il l'avait empêché d'envahir la Bourgogne cisjurane. Le pape alors gagna Boson, beau-frère deCharles le Chauve, en l'aidant à former le royaume de Provence, et l'emmena en Lombardie sous la promesse de la couronne impériale. L'évêque de Pavie fit hommage à Boson comme roi ; mais l'archevêque de Milan refusa de le reconnaître, et le pape lui-même l'abandonna, pour offrir la couronne impériale à Louis le Saxon , qui vint en effet la recevoir à Rome. Après sa mort, occasionnée par la douleur, son frère, Charles le Gros, hérita de la couronne impériale. Empereur, roi de Germanie, de Bavière, de Saxe, de Lorraine, d'Italie, Charles le Gros réunissait enfin tout l'héritage de Charlemagne; mais il n'avait aucune des qualités nécessaires pour suffire à cette vaste administration (2).

Jean VIII se plaignait à Charles que les barons devinssent tous les jours plus indépendants, tandis que la métropole du christianisme était menacée par les infidèles et par des fils ingrats : « Au nom de Dieu, lui écrivait-il, secourez-nous, et que les nations voisines n'aient pas à dire : OU est leur empereur ? » Charles

(t) Dans la lettre ccxxix à Anselme, archevêque de Milan, le pape Jeaii VIII, en 882, se plaint d'un grand nombre de cruautés dont son peuple a été victime, et surtout d'un certain Lombard, vassal du marquis Gui, qui, ayant arrêté quatre-vingt-trois personnes près de Narni, leur coupa les mains à toutes, ce qui avait occasionné la mort de plusieurs.

(2) Angelberge, veuve de l'empereur Louis II, avait participé à tous ces troubles; puis, s'étant retirée à Sainte-Julie de Brescia, asile d'autres épouses et y (illes de rois, elle y avait déposé son riche trésor, qui fut pillé par Bérenger, duc de Frioul { Ep. 42 Johannis VIII). Par son testament ( ap. Campi, Storia 'eccl. Placent., \i\. vu) elle laissa au monastère de Saint-S qu'elle avait construit«à Plaisance, plusieurs domaines et des maisons situés à Campo-Migliaccio dans le Modénais ; Cortenova, Pigognana, Felina, Guastalla, Luzzara, sur le territoire de Reggio ; Cabroi et Masino dans le comté de Slazona sur le lac Majeur ; Brunago et Trecate (?) dans la Burgaria du Mi lanais, et autres lieux.

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