BÉRENGER II
du jeune homme et de l'ardeur avec laquelle il embrassait la croix, le proclamèrent roi.
Bérenger mécontentait les prélats, auxquels il enlevait leurs prébendes pour accomplir les promesses faites à ses partisans , dont l'ambition néanmoins n'était jamais satisfaite ; toutefois le nombre de ses fauteurs augmentait chaque jour, et c'était lui qui dominait réellement, bien que Lothaire et Hugues conservassent le titre de roi. Hugues, désespérant de ressaisir le pouvoir, se retira dans son patrimoine d'Arles, accompagné de ses trésors 9i qu'il abandonna bientôt avec la vie.
Lothaire mourut lui-même peu de temps après , empoisonné peut-être par celui qu'il empêchait de régner, et Bérenger fut proclamé roi avec son fils Adalbert. Dans la crainte que la belle et vertueuse Adélaïde, fille de Rodolphe II de Bourgogne et veuve de Lothaire, n'apportât en dot à un nouveau mari ses droits et sa vengeance, il voulut la contraindre à épouser son fils; mais elle refusa constamment, bien que Villa, femme de Bérenger, la battît et la foulât aux pieds. Enfermée dans la forteresse de Garda, la belle infortunée trouva de la pitié. Un clerc, du nom de Martin, à force de répéter ses plaintes dans le voisinage, réussit à lui préparer des moyens de fuite et un asile auprès d' Azzo, feudataire de Canossa. Ce château, renommé dans l'histoire, est situé près de la rivière Edza, au point où commencent les montagnes de Reggio, et s'élève sur un rocher haut et isolé, de manière qu'il était facile de le défendre contre toute attaque. De cette retraite, elle invita Othon le Grand à venir la venger. Ce roi eut ainsi une belle occasion de rattacher la Péninsule à la Germanie ; quoi qu'il en soit, après avoir détruit le système militaire des Lombards et des Francs, et s'être uni avec l'Église, il réalisa quelques réformes.