‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 186 sur 365 · SOUS-INFÉODATIONS · texte numérisé non relu

SOUS-INFÉODATIONS

vola se révoltèrent contre le baron Frédéric d'Aragon, et, dans leur fureur, ils le tuèrent avec cinq de ses partisans ; le roi leur pardonna, eu égard à la cruauté de leur maître. Ce même roi prévint une explosion semblable à Francavilla en abolissant les taxes imposées par le baron Arrigo Bosso (I).

Durant la servitude de la glèbe, les champs ne pouvaient prospérer, attendu que le cultivateur était obligé , dans les saisons où il avait le plus grand besoin de son travail pour lui-même, de fournir à son maitre un grand nombre de journées (2) ; ainsi, tandis qu'il allait couper le blé de son maître, le sien périssait. D'un autre côté, le propriétaire ne pouvait surveiller ses immenses domaines, et encore moins exiger qu'ils fussent cultivés avec soin par ceux qui n'en retiraient aucun avantage. Les terres furent donc sous-inféodées ; puis, quand tout revêtit l'aspect féodal, les petits vassaux eux-mêmes voulurent avoir des hommes sous leur dépendance ; ils donnaient alors des portions de leur tenure à des individus même de condition infime , avec obligation de service militaire et de corvées ; ces derniers, appelés masnadiers, composaient la masnada (bande).

Les propriétaires aimaient donc à céder des parcelles de fief aux cultivateurs, en se réservant une rente perpétuelle et le droit d'exiger certains services ou une capitation; parfois encore ils leur abandonnaient la terre par besoin d'argent. Dès le dixième siècle, les contrats n'avaient plus seulement pour objet le bien-fonds, mais des prestations et des corvées.

Le nombre des propriétaires augmentait donc, et les conditions stipulées par eux devenaient inaltérables. Le seigneur avait besoin de leur concours, soit pour des services personnels, soit pour ses guerres privées : c'étaient autant de pas, non-seulement pour acquérir une existence propre, mais pour passer de la classe dominée dans les rangs des dominateurs.

(1) Michel Pi\zza, Storia sicula, part, i, cli. 47 etlll; part, ii, cli. 17. Gregorio, liv. V, cil. 2, note làe à l'année 1375.

(2) Dans le catalogue des biens del'évéclié de Liicques, du liuitième ou du neuvième siècle, Philippe de Spardaco /"rtC/7 «H!7r»-/rt.s (lies uiin hebdomada ; d'miire^ s'niiili fer; lîappulo de Per&iniaino facit nugarias dies \\\ in hebdo77wda,reddit vintim medietafem, oleum med., pullos iiii, orosxx; d'autres .5?j)i(/(/pr; ïacliiprando/rtc/^ anrjarias hebdomadas xii in anno. . Oniilio de Quesa reddit vinum med. et lavore tertiam parte; Tclix de Subsilonte, reddit med. (jranum et faba, et vinum an foras antiquam i et den. xxTii.

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