‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 199 sur 365 · J0 LA COMMUNE MILANAISE · texte numérisé non relu

J0 LA COMMUNE MILANAISE

parti tomber chaque jour dans l'état le plus déplorable, recueillit tout l'or qu'il put, et se rendit en Allemagne pour implorer le secours de Tempereur ; celui-ci , qui haïssait Héiibert dans la persuasion qu'il était l'auteur de la discorde , promit d'appuyer les plébéiens contre les nobles, à la condition qu'on recevrait dans la ville quatre raille de ses cavaliers. Lanzon consentit d'abord ; mais, s'apercevant du danger d'une pareille convention , il préféra réconcilier les dissidents. En effet, les nobles, que la dévastation périodique de leurs domaines réduisait à la pauvreté , rentrèrent, sous l'obligation de quitter leurs châteaux de la campagne pour habiter la ville, au moins pendant quelques mois de l'année, et d'obéir à ses magistrats. Voilà donc les citoyens et les vassaux soumis à la même juridiction , et la commune se trouva constituée.

Héribert mourut en lû45 ; il fut à fois habile politique et bon prélat : dans une disette , il faisait distribuer tous les matins 8,000 pains ethuit boisseaux de blé, et, chaque mois, il donnait lui-même des vêtements neufs et de l'argent ; il continua ainsi au moins pendant huit ans. De nos jours même, dans le Ponti- ,fical, on emploie un évangélistère sur parchemin, donné par lui, avec de riches ornements d'or et de pierres précieuses, un crucifix et la figure en or de l'archevêque : précieux monuments des arts de l'époque, comme aussi le portrait à fresque de ce prélat , qui a été placé dans les portiques de la bibliothèque ambrosienne.

Tous les citoyens , grands et petits , s'unirent au clergé pour nommer son successeur; mais, comme alors les rois de l'Allemagne se prévalaient de la corruption du clergé pour s'immiscer dans les élections, la ville présenta à Henri III quatre sujets 1043. nobles, parmi lesquels il devait choisir le nouvel archevêque. Il les écarta tous, pour donner la préférence à Gui de Velate, étranger à la noblesse féodale, et qui se trouvait à sa cour comme son secrétaire. De là, nouveaux conflits avec le haut clergé; mais la peur du roi le fit recevoir.

Pendant ces vacances, le peuple avait vu qu'il pouvait administrer ses affaires lui-même, et il s'était donné un gouvernement municipal; son indépendance croissait encore dans les dissensions de l'archevêque avec ses vassaux. Partout la petite noblesse était en lutte avec les grands seigneurs, qui cherchaient à s'assurer les hautes dignités ecclésiastiques depuis que les prélats étaient princes. Les prélats, qui devaient leur nomination à ces influences funestes, se mêlaient aux passions et aux intérêts sécu-

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