HENRI IV
péché de pactiser avec les sehismatiques , voulut avoir l'opinion d'une assemblée d'évêques, et celui deReggio, Héribert, lui conseilla de céder, pour épargner les horreurs de la guerre , dont il fit un lugubre tableau. Mathilde, attendrie, allait consentir, lorsqu'un ermite austère, du nom de Jean , se présenta dans l'assemblée et l'accusa de peu de foi, parce qu'elle hésitait à sacrifier ses États pour la cause de l'Église ; alors elle tint ferme, et l'issue démentit la prudence humaine.
Les affaires de l'Église entraient dans une voie moins difficile j à mesure qu'un évêque schismatique venait à mourir, les peuples, fatigués de rester détachés de l'Église romaine, cherchaient à faire de meilleurs choix. Il est vrai que les sehismatiques relevaient la tête de temps à autre; à Plaisance , ils crevèrent les yeux à l'évêque Bonizon et coupèrent son corps en morceaux. En outre, au milieu de la lutte qui avait créé deux partis dans chaque cité, l'un favorable au pape, et l'autre à l'empereur, une des factions avait fini par l'emporter ; les villes dévouées au pape se liguaient entre elles, faisaient la guerre à l'empereur, et, dans l'ivresse du succès, persuadèrent à Conrad, fils de Henri, de se révolter contre son père. Si les chroniques disent vrai, Henri aurait encore souillé la couche de sa nouvelle épouse, Adélaïde; enfermée dans les prisons de Vérone, elle parvint à s'enfuir auprès de Mathilde, et lui raconta qu'il avait exposé son corps aux outrages de plusieurs , même de Conrad, son fils. Ce prince, échappé de prison, gagna l'Italie, où il possédait de grands biens en Piémont, hérir tage de la comtesse Adélaïde, son aïeule; soutenu par les Bavarois et Mathilde, il fut couronné à Milan.
Henri fut si affligé de la rébellion de son fils qu'il faillit se donner la mort , d'autant plus que ses armes étaient malheureuses en Italie; battu de nouveau, sous Nogara, par la comtesse, il dut repasser les Alpes, laissant à une femme la gloire d'unedesplus grandes victoires que les Italiens eussent remportées sur des étrangers (1). Enfin il fit la paix avec ses ennemis d'Aï- 1097.
(I) C'esll'opinion qu'en eurent les contemporains : Non cxijuslibet régis et ducis sive marchionis, sed uniiis femma;, scilicet gloriosœ et Deo dilecla; comitissa; Mathildis congressione hnperator débilitâtes est. Deisdedit Cardin, ap. Baron, ad an. 1081. — Ipsapene sola cum suis contra Henricum... jam septennio prxidentissime pugnavit. tandemqiie Henrtcum de Longobardia satis (beaucoup) virililer fugavit. (Bf-ktold. Constant, ad 1087.)
Donnizone la A\\. hilari semper facie, placida quoque mente, et fxmina pucis ; mais ailleurs :