LA CORSE
rait, selon le droit du moyen âge, comme le souverain de toutes les îles; en effet, il en fut reconnu le seigneur, et leur envoya
1077. des marquis. La Corse, néanmoins, était bouleversée par des troubles continuels qui finirent par dégoûter Urbain II ; il l'inféoda donc aux Pisans dans un moment où il avait le plus grand besoin de leur argent et de leur amitié, en déclarant les évêques
4091. de Tile sufi'ragants de celui de Pise, qui n'en avait pas eu jusqu'alors.
Ces nouveaux avantages obtenus par les Pisans accrurent la jalousie des Génois, qui finirent par assaillir Porto Pisano avec
H26. quatre-vingts galères, quatre grosses nefs chargées de machines, et vingt-deux mille hommes de débarquement, parmi lesquels cinq mille portaient des cuirasses et de petits casques de fer : tant une seule ville avait de puissance ! Les mers furent ensanglantées, et les côtes ravagées. Enfin Innocent 11 réconcilia les deux peuples, et, pour égaliser leurs droits, il érigea Gênes en archevêché en la soustrayant au métropolitain de Milan, et lui soumit les évèques des deux Rivières avec trois autres de la Corse; l'archevêque de Pise eut pour suffragauts les évèques de la Sardaigiie. Dés ce moment Gènes se déclara papale, parce que Pise portait la devise des empereurs.