COMMUNE DE MANTOUE
Les Brescians, en 1102, avaient promulgué une loi contre les usuriers ; deux ans après, le consul de la ville, Ardizzo Aimone, parcourait les cités lombardes afin de les amener à s'unir pour la défense commune, et désignait pour l'assemblée le monastère de Palazzuolo (t).
Nous avons dit que la commune des ahrimans était constituée à Mautoue. Le 27 juin 1090, la comtesse Mathilde publiait un ban par lequel elle annonçait que ses fidèles citoyens de Mantoue avaient eu recours à sa clémence pour être affranchis de l'oppression de quelques-uns de leurs concitoyens, et demandaient qu'on leurrenditles ahrimans, avec toutes les choses comw?^nes enlevées à cette ville par les prédécesseurs de la comtessCk Faisant droit à leurs réclamations, elle abolit toutes les exactions et les charges non légales : « Que personne, disait-elle dans le diplôme, ni moi, ni mes héritiers, ni toute autre personne soumise à mon autorité, ne puisse molester les citoyens de Mantoue dans leurs personnes, leurs serfs et serves, les hommes libres habitant cette terre et Tahrimanie; qu'on respecte toutes les choses communes à cette ville , situées sur les deux rives du Mincio , ou les choses mobilières et immobilières ; défense à qui que ce soit déloger dans une maison de la ville, ou dans celle d'un gentilhomme ( militis) du faubourg, ou dans un cabaret, contre la volonté des propriétaires. Je leur restitue les biens qu'on leur avait enlevés, afin qu'Usaient des pâturages , fauchent et chassent tant qu'il leur plaira; qu'ils puissent en toute sécurité aller et venir par eau et par terre sans payer de péage, et jouir de cette bonne et juste coutume qu'obtient toute ville importante de Lombardie (2).» Lothaire II, en 1133,
tonte servitude et leur donne la faculté de pêcher et de chasser sur le lac et aux enviions, d'y faire ce qu'ils voudront, et les considère comme libres avec tous leurs biens, vignes, oliviers, ciiamps cultivés ou non, meubles et immeubles, etc., elc. Malheureusement, Odorici ne garantit pas assez l'authenticité des documents qu'il produit.
(1) Brève recordationis de Ardicio de Aimonibus. Ce document m'inspire des doutes.
(2) Antichltà Estensi, part, i, c. 29 : — In nomine sancLv et individuse Trinitalis. Velfo, Dei gratia dux et marchlo , Mathilda, Dei gratta, etc. Si quid etjustis petitionibus adquiescere, et nostros fidèles honoribus et commodis ampliare per omnia nostram condecet potestatem : (juapropler omnitim sancta; Dei ecclesise, noftrorumque fidelium tam futurorum quain prœsentium noveril industria, qualiter nostrifidelex Mantuani cives nostram adierunt clemenliam, quorundum suoriiin concivium oppressiones relevari pelenles, et arimannos onines, et communes res suas civitatis a nostris prxdecessoribus illis ablatas, sibi restitui pos-