‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 292 sur 365 · EFFETS DES COMMUNES · texte numérisé non relu

EFFETS DES COMMUNES

et par le lien du dévouements Les possesseurs d'alleux, affranchis de toute charge puhlique, indépendants entre eux, ce qui leur donne un caractère antisocial, consentent ou sont forcés h devenir vassaux, c'est-à-dire à promettre fidélité à un seigneur, dans la protection duquel ils trouvent une compensation à l'hommage et aux services qu'ils lui doivent. L'homme préfère toujours l'état social à l'isolement, et le gouvernement féodal offrait alors la meilleure combinaison de forces matérielles pour organiser la paix et diriger la guerre.

Dans les villes, il n'existait aucun moyen de se distinguer : les lettres étaient inconnues, les nobles seuls possédaient les richesi-es, et des mercenaires portaient les armes. Kn conséquence, la plèbe restait encore hors de la société, et les communes, où conquis et conquérants, hommes dépendants du roi, de l'évêque ou des seigneurs, venaient se fondre dans un même droit sous la juridiction de l'évêque, s'efforçaient de lui en ouvrir les portes ; plus tard les nouveaux municipes, par l'institution de la commune laïque, s'affranchirent de l'autorité épiscopale. Cette commune, néanmoins, ne demandait pas la liberté, mais l'égalité sous un seigneur, un frein à l'oppression, et la faculté de prendre rang dans la hiérarchie féodale. Ainsi les prolétaires deviennent un ordre ; la fortune mobilière s'élève à côté de la richesse foncière, et la féodalité, qui constituait d'abord toute la société, se restreint à la noblesse seule.

L'Italie n'avait pas de ces duos ou comtes, puissants comme de petits rois. L'autorité royale, unie au pouvoir impérial, fonctionnait loin du territoire et n'était pas reconnue de tous ; les cités trouvèrent donc moins d'obstacles pour se constituer, d'autant plus qu'elles avaient sous les yeux l'exemple des villes maritimes. Aussi, après la chute de la maison salique, les communes lombardes font la guerre aux capitaines, et leurenlèvent, avec les revenus, la juridiction de comtes pour l'exercera leur place. La protection du roi les affranchit; dès lors ces associations partielles, organisées comme un abri contre le despotisme seigneurial et le bouleversement politique, finissent par obtenir ou conquérir une juridiction particulière, le droit de guerre et celui de battre monnaie, enfin un gouvernement propre ; en un mot, elles deviennent de petites républiques. Les officiers ne sortent plus du rang des vassaux, mais sont choisis parmi les membres de la commune. Cette réforme a pour résultat d'habituer les citoyens aux affaires : en outre, elle produit des magistrats capables de

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